Le Parquet de Paris a jugé irrecevable le 26 février la plainte du Cri du conseil de la diaspora (CCD) camerounaise déposé le 2 février contre le président Paul Biya pour «recel de détournement de fonds publics». La décision de la justice française aurait été motivée par un manque flagrant d’indices des plaignants.

Accusé de «recel de détournement de fonds publics» par plusieurs ressortissants réunis autour du Cri du conseil des camerounais de la diaspora (CCD), le président Paul Biya a été blanchi par la justice française le 26 février.

Cette association lui reprochait d’avoir constitué en France un patrimoine immobilier de plusieurs centaines de milliards de francs CFA, financé par des détournements de fonds publics. Mais le parquet de Paris aurait estimé que la plainte du CCD déposée le 2 février manquait manifestement d’indices.

Selon plusieurs observateurs, le fait pour les plaignants de n’avoir pas indiqué la nature ces «biens mal acquis a pu constituer le rejet de ladite plainte». Ils indiquent en retour qu’on ne peut pas «exhorter le parquet de mener une enquête pour trouver ces biens immobiliers pour la raison qu’on est convaincu qu’ils existent tout simplement».

Le président du CCD, Célestin Djamen, précisait au moment de la saisine du parquet de Paris qu’il fondait leur action sur la conviction que «si une enquête était ouverte en France, cela permettrait de savoir enfin ce que détient monsieur Biya, qui vit dans le luxe avec sa famille alors que la pauvreté progresse sans cesse au Cameroun».

Il revenait au procureur ainsi saisi d’ouvrir une information judiciaire confiée à un juge d’instruction, de mener lui- même une enquête préliminaire ou de classer sans suite le dossier. Il a opté pour la troisième possibilité, qui ouvre selon l’association le champ à toutes sortes de conjectures, mêlant des soupçons de la main invisible de la nébuleuse Françafrique à l’inconsistance de la plainte en elle-même.

L’échec du CCD n’est pas le premier du genre. Une plainte déposée contre les présidents Denis Sassou Nguésso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée-équatoriale et Omar Bongo du Gabon par Transparency international, avait été jugée irrecevable par le même Parquet de Paris.

Le 17 février, le Congrès américain a publié un rapport sur les opérations financières douteuses de plusieurs chefs d’Etats africains et de leurs proches. Le défunt président gabonais Omar Bongo et son fils qui lui a succédé, Ali Bongo, sont mis en cause dans ce rapport, ainsi que le fils du président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, et l’épouse de l’ancien vice président du Nigéria, Atiku Abubakar.

Publié le 02-03-2010 Source : lemessager.net Auteur : Gaboneco

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