l’occasion de l’ouverture de la campagne, en vue des législatives partielles du 6 juin prochain, le président du Rassemblement pour le Gabon (RPG), par ailleurs candidat à cette élection au 1er siège du deuxième arrondissement de Libreville, a estimé que sa formation va remporter ce scrutin dans ces deux circonscriptions. « Il n’y a pas match à Medouneu et Nkembo dixit Mba Abessole. Lecture de l’entretien accordé à Gabon Matin, le quotidien de l’AGP.

Gabon Matin : Monsieur le président, le Rassemblement pour le Gabon (RPG) jusqu’à présent reste la deuxième force politique du Gabon. Etait-il opportun pour vous de présenter à cette élection ?

Paul Mba Abessole : Le RPG reste la deuxième force politique du pays, et il était tout normal que nous nous présentions à ce scrutin. Je suis leader d’un parti. Je pense pour un parti qui est sur le terrain comme le nôtre, son chef doit toujours avoir un mandat électif pour une crédibilité efficiente. Il faut également retenir que toute élection comporte toujours des enjeux dans la mesure où un parti politique doit avoir une forte implantation sur le terrain.

nous savons que le RPG a des jeunes cadres dynamiques pourquoi n’avez-vous pas présentez un jeune surtout lorsqu’on sait vous avez toujours eu maille à partir avec votre adversaire ?

Pourquoi mettre un jeune en face d’un caïman ? Moi même je vais à cette élection pour plusieurs raisons, nous avons déjà été battu à ce siège là, mais pas du point de vu arithmétique, mais politiquement car la population de cet arrondissement est essentiellement du RPG. Sinon comment vous pouvez expliquez que lors de la dernière élection législative notre adversaire ait fait venir de Port-Gentil 1200 électeurs par un bateau de la compagnie Antarès. Pourquoi ? Simplement parce qu’il y avait quelqu’un que je connaissais bien qui disait ‘’ laisse celui la passer.

Je lui ai dit c’est bien d’avoir quelqu’un derrière soit. Maintenant que cette personne est partie nous allons nous battre à égalité. Ainsi, je vais à ce scrutin pour reprendre ma victoire et pour éviter qu’on ne dise qu’il a eu peur et c’est pourquoi il a présenté un jeune. Vous voyez donc que ce n’est pas un jeune qu’il fallait présenter à cette consultation électorale. J’ai constaté qu’on critique toujours tout ce que Mba Abessole fait. Je porte les lunettes on dit que je ne dois pas porter les lunettes. Je dis que j’ai 70 ans, on dit oh 70 ans c’est trop vieux.

Il n y a que Mba Abessole qui a 70 ans en politique. Vous voyez comme on le dit en fang ‘’ dzam da’a gnebe Mba Abessole’’, traduction, « tout ce que font les autres c’est normal, et ces mêmes faits deviennent néfastes quand il s’agit de Mba Abessole ». Je n’avais pas de maison, ils ont dit oh comment Mba Abessole peut faire la politique sans avoir une maison ? Mba Abessole a une maison, ils disent oh ! Comment Mba Abessole peut avoir une maison ?

Au regard des tendances politiques dans le siège que vous convoitez. Il y a des fortes présomptions que cette circonscription appartiendrait à l’UN dont votre adversaire est membre. Cela ne vous cause pas des soucis ?

J e n’ai aucun souci à affronter un quelconque adversaire dans cette circonscription électorale. Et l’attitude que j’ai adopté pendant la dernière élection présidentiel,e c’est-à-dire soutenir le candidat indépendant André Mba Obame c’était simplement parce que à l’appel du peuple qui réclamait une candidature unique pour l’opposition. D’Ailleurs je tiens à préciser que je n’avais pas eu un entretien au préalable avec Mba Obame, je me suis retrouvé dans une salle avec des anciens ‘’pédegistes’’ que j’ai combattu pendant 20 ans, vous comprenez dans cet optique je n’avais pas de chance c’est pourquoi je leur ai dit je ne suis pas candidat vous-même choisissez un postulant, mais j’étais du moins convaincu que certains avaient été soudoyés.

En acceptant ce compromis je savais que je partais droit à l’abattoir, mais c’était un sacrifice utile pour sauver la République. Aussi en prenant cette décision j’ai dit Dieu voici les 40 ans de vie de lutte que je vais consacré à la nation si cela n’était pas nécessaire tu me jugeras. Vous savez j’ai toujours condamné le clanisme, le tribalisme et l’exclusionisme c’est pour quoi à mon avis il n’est pas juste de désigner certains gabonais sur la base de deux fleuves le woleu et le Ntem pour parler gabonais ressortissants du Nord. De ce point vu, je n’ai aucune crainte d’aller me présenter au vote parmi les gabonais comme moi.

A la lecture de la situation politique dans les deux sièges que vous convoitez ne peut-on pas dire le RPG a été sacrifié sur l’autel de la majorité sachant que vous avez fort avec deux gros calibres de la politique nationale ?

Je ne suis pas une victime quand je pose une action je sais où je vais. Je vais à cette élection en tant que Rpgiste. Et je ne pas suis obligé de dire les intensions que j’ai en politique en tant que président d’un Parti. Quant à Medouneu, cette circonscription est au ¾ au RPG. Quant à notre adversaire on sait ce qui s’est souvent passé pour ses victoires entre les urnes et l’argent et le fichier électoral. Il était ministre de l’intérieur à cette époque. Et cette fois-ci, nous allons à une victoire assurée bien qu’il y ait quelques petites difficultés.

C’est comme lorsqu’on va défricher une plantation, il y a des arbres durs, moins durs, des marécages. Ce sont des difficultés qui ne peuvent pas constituer des obstacles majeurs pour penser aller en victime expiatoire et parler de sacrifice. Je ne suis pas une victime et je ne serai jamais une. Je suis libre. Et avec des élections objectives en tenant compte de l’arithmétique, je n’ai rien à craindre car on doit tenir compte du nombre d’électeurs qui mettront les bulletins dans l’urne. De ce point de vue, je dis à Medouneu et en Nkembo, il n’y a pas match.

Avez-vous déjà appris que Mba Abessole a transporté des électeurs, non, parce que j’ai condamné et continu de condamner le phénomène des bœufs votants parce que ça fausse totalement les réalités du terrain. Pour cette même raison qu’on se retrouve avec des imposteurs comme élus. Ce qui explique le manque de complicité entre les électeurs et les prétendus élus. Si bien que les actions sollicitées par les élus auprès de leurs élus ne sont pas respectées. Quand j’ai été élu maire de Libreville, je pouvais demandé aux populations de se lever et nettoyer autour de chez eux, elles le faisaient spontanément car elles reconnaissaient en moi leur élu

Pouvez-vous nous expliquer le bien fondé de votre nouvelle ancrage dans la majorité républicaine ?

Quant je suis arrivé au Gabon le 14 mai 1989, j’ai eu un entretien de 4 heures avec le président Omar Bongo relative aux problèmes du Gabon. Je lui ai dit que les compétences du pays sont dispersées et ne sont pas utilisées de façon rationnelle. Que tous les fils du pays doivent mettre leur intelligence à profit pour la construction du pays sans tenir compte des clivages ethniques, politiques et sociologiques.

Le président Bongo m’a répondu que c’était une situation compliquée et que pour l’instant il préférait travailler avec ceux qui étaient avec lui et que je devais prendre des responsabilités pour organiser la circulation et la mise en valeur de toutes les intelligences du pays. Pour être en phase avec cette proposition du président, nous avons créé un parti politique, une idée qui était contraire à mes convictions, car pour moi le multipartisme était vecteur de la division. Chemin faisant, nous arrivons à la conférence nationale en 1990 qui abouti à l’éclosion du multipartisme.

C’est pour dire que l’idée de la majorité présidentielle ne date pas de 2005. C’est une charte qui faisait allégeance à un individu et nous avons travaillé autour du chef de l’Etat, tout en soutenant sa politique. En revanche, la majorité républicaine qui était ma principale préoccupation dès le départ, est un système politique qui prend en compte toutes les intelligences du pays, sans distinction de clivages politico-ethniques. Seule la compétence joue un rôle primordial. C’est bien pour cette raison que j’ai signé la Charte dite de la majorité républicaine que j’estime refléter les aspirations de la République.

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