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Politique / Vers un « réel » transfert de compétences aux communes gabonaises

Le maire de Libreville, Jean-François Ntoutoume Emane, par ailleurs président de l’association des communes gabonaises, réunie en séminaire depuis lundi, a appelé à la faveur d’un exposé ce mardi , à un réel transfert de compétences aux communes, qui font face aux enjeux posés par le développement, a constaté GABONEWS. C’est après un retard de quelques heures, introduit par une coupure d’électricité dans la zone de l’hôtel de ville – laquelle a conduit à une délocalisation des assises – que Jean-François Ntoutoume Emane, se penchant sur la thématique des « villes africaines et management urbain local », a éclairé les participants sur les « nouvelles problématiques de la gestion urbaine », notamment à Libreville, capitale gabonaise.

« URBANISATION SANS DEVELOPPEMENT »

« Si l’Afrique reste le continent où l’urbanisation est la plus faible (39%) », a remarqué l’édile de Libreville à l’entame de son propos, force est de constater que son taux d’urbanisation figure parmi les plus forts (+7% par an). Au sud du Sahara, cette propension urbaine contribuera, à terme, à une hausse de la population locale, vouée à dépasser le milliard d’habitants, en 2050.

Or, selon le conférencier, « cette urbanisation se fait sans développement», et est à l’origine des « bidonvilles tentaculaires » ; de la construction d’«habitations informelles », avec pour corollaires « l’insalubrité » et la multiplication des risques industriels.

Pour M. Ntoutoume Emane, cet état de fait contraste avec le potentiel des villes urbaines africaines, dont les activités alimentent pourtant une portion congrue du Produit National Brut (PNB).

Et, « Le Gabon avec une population urbaine de 71, 13 % intègre ce processus », a-t-il observé avant de poursuivre que, fort de ces 800 000 habitants, « Libreville est l’exemple indiqué pour illustrer le flou qui entourent les limites urbaines ».

« Le management d’une agglomération comme Libreville nécessite de nombreux partenariats (…) et le souci d’encadrer l’urbanisation accélérée nécessite des moyens importants », a-t-il confié à l’assistance.

Cependant, pour l’édile de Libreville, faute de « coordination », de « moyens financiers » ou de « volonté politique forte », il est à déplorer que les objectifs que poursuivaient les projets de rénovation des zones urbaines – réalisés dans sa commune au cours de la décennie 1980 – n’aient pas abouti, dans leur entièreté.

Un constat, qui s’observe encore de nos jours avec le « non respect des procédures d’exécution des projets », et « la mise à l’écart des municipalités ».

« POLITIQUE URBAINE PLUS SIMPLE, ET PLUS ADAPTEE »

Toutefois, « les évolutions politique et sociale » qui ont entouré l’arrivée à la magistrature suprême de Ali Bongo Ondimba, « convaincu que la décentralisation à une corrélation avec la démocratie de proximité, augure des hospices meilleures », à en croire M. Ntoutoume Emane. En effet, a-t-il rappelé, au Gabon « depuis 1996, aucun décret d’application de la loi sur la décentralisation n’a été pris ».

Par ailleurs, si en Afrique, « la décentralisation est considérée comme une préoccupation secondaire », et que les Etats du continent en entretiennent une « vision extériorisée », il n’en reste pas moins que son exercice suppose la mobilisation de ressources financières et de moyens humains suffisants.

« L’une des conditions de réussite de la décentralisation est la manière dont sera traité le transfert de compétences (…) En l’absence de transfert réel de compétences, et de moyens financiers, cet accroissement de responsabilités sera (…) contre-productif », a-t-il mis en garde.

Enfin, reconnaissant que la ville « constitue un enjeu essentiel de notre temps », le maire de Libreville a plaidé pour la mise en place d’une « politique urbaine plus simple et plus adaptée ».

Selon lui, « Il ne suffit plus d’apporter des solutions au coup pour coup, mais de s’attaquer à la racine aux maux qui minent les communes» avant d’inviter le Gouvernement à mobiliser des « financements mieux adaptées » à ces mêmes communes.

Ouvert lundi dernier, à Libreville, le séminaire sur le développement des communes gabonaises, lèvera ses assises, jeudi prochain, après l’adoption de recommandations.

L’Association des communes gabonaises ne s’était pas réunie depuis 2008

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