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GABON : vers un bras de fer Opposition Politique contre Ali BONGO ONDIMBA pour le contrôle du Pouvoir… !?

La dernière trouvaille du Pouvoir illégitime d’Ali BONGO ONDIMBAAprès avoir décidé unilatéralement de réviser la Constitution de la République, dans l’unique optique de renforcer un pouvoir que les gabonais lui ont clairement refusé dans les urnes, Ali BONGO ONDIMBA vient de franchir un pallier supplémentaire sur l’échelle de la négativité politique, en ordonnant à la Cour constitutionnelle de fabriquer de vrais- faux procès verbaux de l’élection présidentielle du 30 août 2009, afin d’en inverser les résultats.
Tripatouiller la loi fondamentale du pays, au mépris des engagements internationaux dûment ratifiés par le Gabon et du bon sens politique le plus élémentaire, n’a apparemment pas suffit à Ali BONGO ONDIMBA pour se sentir en conformité avec l’idée qu’il se fait de lui-même et de la fonction présidentielle. Il lui faut maintenant instrumentaliser à nouveau « la plus haute juridiction de l’Etat », gardienne ultime de la légalité en république gabonaise, en la rendant complice d’une gigantesque opération de faux en écriture publique.
En acceptant, sans sourciller, d’accomplir cette basse besogne, celle-ci ne fait que confirmer tout le « bien » que les gabonais pensent d’elle, tout en justifiant le peu de respect que suscitent les institutions africaines auprès de la communauté internationale, comme le montre la crise post électorale ivoirienne, qui se déroule aujourd’hui sous les yeux du monde entier.
En effet, selon des informations dignes de foi, des équipes commanditées par la « haute juridiction » sont actuellement à l’œuvre à Libreville et à l’intérieur du pays. Leurs missions : retrouver tous les présidents des bureaux de vote de la dernière élection présidentielle et leur faire valider, en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes, de vrais-faux procès verbaux faisant apparaître Ali BONGO ONDIMBA comme le vainqueur de ladite élection.
Au-delà de son caractère crapuleux du point de vue de l’éthique, l’entreprise de fabrication de vrais- faux procès verbaux, engagée avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle, pour confirmer la victoire d’Ali BONGO ONDIMBA, est un acte stupide et suicidaire dans le contexte politique d’aujourd’hui. Dans la mesure où l’opposition avait pris la précaution de transmettre tous les documents électoraux en sa possession à toutes les chancelleries présentes au Gabon, au Président de la république française en personne, au Président des Etats- Unis qui ne s’est pas empressé de féliciter Ali BONGO ONDIMBA et qui, à notre connaissance, ne l’a jamais reconnu, au Secrétaire général des Nations-Unies en personne, au Président de l’Union Africaine, et à de nombreuses instances judiciaires internationales, la fabrication a posteriori par le Pouvoir de procès verbaux inédits des résultats de l’élection présidentielle du 30 août 2009, ne pourra qu’accentuer le discrédit d’Ali BONGO ONDIMBA et de son régime aux yeux du monde.
Cette trouvaille extravagante n’est-elle pas en réalité le dernier symptôme en date du profond malaise qui règne aujourd’hui au sein d’un pouvoir aux abois, en proie à sa propre illégitimité et à ses propres démons ? Ne cèle t’elle pas en même temps de la manière la plus lamentable, aux yeux des gabonais et de la communauté internationale, la déchéance morale d’une Cour constitutionnelle qui s’est transformée en un instrument de domination du Pouvoir ?
Depuis qu’il s’est emparé du pouvoir dans notre pays, Ali BONGO ONDIMBA et ses complices de la « haute juridiction » n’ont eu de cesse de violer les lois gabonaises. Ni le principe de la hiérarchie des normes juridiques ni celui du parallélisme des formes en matière de rédaction des actes juridiques, ne sont respectés par le gouvernement de l’Emergence. C’est ainsi la loi n° 016/01 du 31 décembre 2001portant Code Forestier en République gabonaise a été abrogée par une décision gouvernementale. La même désinvolture a été observée lorsque le gouvernement d’amateurs à institué la journée contenue de travail, en ignorant les conventions collectives des entreprises et en ne consultant ni le patronat ni les syndicats.
Et que dire de la dernière révision constitutionnelle ? La constitution du 26 mars 1991 était, tout le monde s’en souvient, le résultat d’un consensus de la classe politique gabonaise. Pour illustrer ce caractère consensuel, le projet en avait été soumis au peuple gabonais qui l’adopta par voie référendaire. Ali BONGO ONDIMBA n’a pas seulement brisé un consensus politique patiemment construit par feu le président Omar BONGO ONDIMBA pour qui le mot dialogue avait un sens, il a violé en plus le principe du parallélisme des formes, en recourant à la voie parlementaire pour entériner sa modification arbitraire de la loi fondamentale.
Ne disposant ni de la majorité sociologique ni d’une majorité électorale propre dans le pays, Ali BONGO ONDIMBA n’a pas osé soumettre son projet à l’ensemble des gabonais qui se seraient empressés de le rejeter massivement, ce qui aurait eu pour conséquence d’accentuer un peu plus son illégitimité. Il s’est tourné vers le Parlement où son Parti dispose d’une majorité mécanique héritée du président Omar BONGO ONDIMBA.
Un tel rejet était d’autant plus prévisible que la révision proposée n’apporte aucune amélioration à notre dispositif constitutionnel. Les dispositions qui posaient problème dans l’ancienne constitution comme la non limitation du nombre des mandats présidentiels ou le principe des élections uninominales à un tour, ont été maintenues, en dépit des objections de l’opposition. En revanche, Ali BONGO ONDIMBA se trouve investi de tant de pouvoirs que c’est la forme républicaine même de l’Etat gabonais qui se trouve aujourd’hui remise en cause, nous éloignant un peu plus de cet Etat de droit que Montesquieu reconnaissait à trois choses : la hiérarchie des normes juridiques, la séparation et l’équilibre des pouvoirs.
Comment expliquer une telle gesticulation politicienne et un tel mépris des principes autrement que par la panique ?
Ali BONGO ONDIMBA sait désormais que la pièce n’est pas terminée. Il sait maintenant qu’il est assis sur un siège éjectable. En effet, informé des démarches entreprises par l’Union Nationale et par d’autres partis de l’opposition auprès des juridictions judiciaires internationales compétentes, pour que la vérité des urnes soient reconnue et que le vrai vainqueur de l’élection du 30 août 2009 soit installé dans ses droits, Ali BONGO n’a d’autre choix que de tout verrouiller pour rester coûte que coûte maître du Gabon.
Verrouillage de la constitution pour s’arroger des pouvoirs pour ainsi dire d’exception, fabrication et validation a postériori de vrais- faux procès verbaux des résultats de la dernière élection présidentielle, recentrage du gouvernement avec la promotion d’amis plus sûrs à des postes clés, intimidation de députés à l’Assemblée nationale pour voix discordantes, censure de l’opposition dans les médias d’Etat, caporalisation de l’administration publique, gestion patrimoniale des finances publiques etc…
Il s’agit en un mot, pour lui, de prévenir et d’étouffer, par tous les moyens, la revendication constante et légitime du peuple gabonais à être gouvernés par des dirigeants qu’il a librement choisis.
Or, avec la planétarisation de l’information due à l’expansion des moyens modernes de communication, des évènements qui, hier encore, pouvaient passer inaperçus, sont aujourd’hui amplifiés à la vitesse de la lumière par les satellites et internet. La crainte d’Ali BONGO ONDIMBA est que le bras de fer qui va s’engager dans les jours qui viennent dans notre pays, et que les gabonais appellent de tous leurs vœux ne fasse pas grand bruit et ne conduise la communauté internationale à braquer ses projecteurs sur le Gabon comme c’est déjà le cas en Côte d’Ivoire, à Haïti ou, plus récemment, en Tunisie.
Malheureusement pour lui, ces différents exemples montrent que la communauté internationale est en train d’instaurer une sorte de « droit d’ingérence démocratique » qui rend désormais caduc le sacro saint principe de « la souveraineté nationale », derrière lequel s’abriaient tous les despotes du monde.
En effet, depuis la diffusion du documentaire de France 2 sur la FrançAfrique et la confirmation, à cette occasion par des voix françaises autorisées, de la victoire de monsieur André MBA OBAME avec 42% des suffrages exprimés, contre 37% seulement au candidat déclaré vainqueur, Ali BONGO ONDIMBA découvre tout d’un coup l’tendue de son illégitimité politique. Il sait désormais que son pouvoir a été mis à nu aux yeux du monde entier, déshabillé par ceux-là mêmes qui ont soutenu son père pendant son long règne et qui l’ont imposé aux gabonais, en le présentant avant le scrutin comme « le meilleur garant des intérêts français au Gabon ».
Dépourvue de toute légitimité interne, abandonné par ses parrains de la FrançAfrique, Ali BONGO ONDIMBA sait qu’il est désormais un homme seul, et que sa situation à la tête du Gabon devient de plus en plus précaire.
Contrairement à ce que veut faire croire le Pouvoir aux gabonais, les révélations de France2 ne sont ni anodines ni hasardeuses.
Elles ne sont pas anodines parce que, ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir d’anciens ambassadeurs de France au Gabon et d’anciens chefs des services de renseignement français, réputés pour leur discrétion légendaire et tenus par l’obligation de réserve, déclarer dans une chaine publique française, qu’un président en exercice n’a pas été élu. Croire le contraire c’est se cacher derrière son petit doigt.
Elles ne sont pas hasardeuses parce que le documentaire a été diffusé en pleine crise post électorale ivoirienne, où deux anciens candidats se disputent la victoire, l’un soutenu par les institutions locales, à la tête desquelles se trouvent des amis et des parents, l’autre par la communauté internationale conduite, par l’organisation des Nations-Unies. Le président sortant Laurent GBAGBO n’a d’ailleurs pas hésité à établir un parallèle avec la situation du Gabon, en s’étonnant de l’acharnement de la communauté internationale contre lui, pendant qu’elle ne dit mot sur le Gabon où il est avéré que ce n’est pas Ali BONGO ONDIMBA qui a l’élection présidentielle du 30 août 2009 mais André MBA OBAME.
Y’aurait-il deux poids, deux mesures ?
Le hasard, disait EINSTEIN, « c’est le nom qu’emprunte Dieu quand il veut rester anonyme »
Pour se donner bonne conscience et ne pouvant apporter un démenti crédible aux révélations du documentaire de France 2, les tenants du pouvoir préfèrent accuser l’opposition, plus particulièrement l’Union Nationale, de connivence avec des médias internationaux et des hommes politiques étrangers pour « nuire aux intérêts du Gabon et des gabonais », dans le cadre d’une gigantesque « entreprise de déstabilisation du régime gabonais ».
En conférant autant de pouvoir à un Parti politique par ailleurs qualifié de « marginal », Ali BONGO ONDIMBA et ses thuriféraires ne reconnaissent-ils pas explicitement la crédibilité internationale de l’Union Nationale et sa vocation à être une alternative sérieuse à l’actuel Pouvoir ? Quand on sait que la FrançAfrique n’a jamais soutenu l’opposition nulle part en Afrique, on peut que mesurer le trouble dans lequel se trouve le pouvoir de l’Emergence aujourd’hui.
Depuis la divulgation par la chaine publique française France 2 de la victoire, dans les urnes, de monsieur André MBA OBAME à l’élection présidentielle du 30 août 2009, Ali BONGO ONDIMBA ne sait plus où donner de la tête. Connaissant bien André MBA OBAME, il sait que ce dernier n’est pas homme à renoncer à ses droits, surtout s’ils sont avérés. Aussi essaye t’il par tous les moyens en sa possession d’étouffer dans l’œuf toute velléité revendicatrice. Après avoir vainement tenté de se rendre acceptable des gabonais à travers un discours démagogique servi par un tapage médiatique sans précédent assorties de promesses aussi extravagantes les unes que les autres, il essaye maintenant de diviser l’opposition gabonaise, en distinguant entre une « opposition responsable » et « une opposition irresponsable »
Certes, l’opposition a toujours contesté les résultats entérinés par la Cour constitutionnelle, allant même jusqu’à parler de « coup d’Etat électoral ».
Certes, les gabonaises et les gabonais qui se sont massivement rendus aux urnes à l’occasion de cette consultation électorale n’ont pas attendu les révélations du documentaire français, pour savoir que leur volonté de changement a été grossièrement violée par les tenants d’un pouvoir anachronique, tribaliste, davantage préoccupé par la pérennisation de ses privilèges, que du développement du Gabon et du bien être de ses populations.
Mais aussi longtemps que cette revendication demeurait purement interne, entre seuls gabonais, elle n’avait pas beaucoup de chance de prospérer ni d’inquiéter outre mesure. Sachant qu’il ne tirait ni son existence ni sa légitimité du peuple gabonais, mais de forces occultes et extérieures, Ali BONGO ONDIMBA espérait pouvoir s’imposer et pensait qu’avec le temps, les gabonais finiraient par oublier et tourneraient définitivement la page du 30 août 2009.
Disposant de la force publique, contrôlant la totalité des médias d’Etat et à force de démagogie et de marketing politique, il avait fini par penser pouvoir expier le péché originel en essayant de bâillonner l’opposition.
Après tout, le président OMAR BONGO ONDIMBA, son géniteur et prédécesseur, n’a-t-il pas dirigé le Gabon pendant 42 ans sans jamais avoir été élu ?
Ce qui gène Ali BONGO ONDIMBA aujourd’hui, c’est moins la révélation de sa défaite le 30 août 2009, que l’origine de la révélation. C’est le fait que le coup soit venu de ceux-là mêmes qui l’ont installé au pouvoir un an plus tôt, dans les conditions dont tous les gabonais se souviennent, qui donne des insomnies à Ali BONGO ONDIMBA. Il sait maintenant que les gabonais peuvent à tout moment lui demander de rendre un tablier qui n’a pas été confectionné pour lui. A cet égard, on peut dire sans risque de se tromper que la diffusion du documentaire de France 2 et la crise post électorale ivoirienne ont créé un contexte politique nouveau au Gabon, avec toutes les conséquences qu’implique une telle situation.
Commission Communication de l’Union Nationale

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