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Politique / Situation au Gabon: « J’en appelle à un vrai dialogue, large, sans complexe et sans idées préconçues », Casmir Oyé Mba, ancien PM

Dans une tribune libre publiée ce mardi dans L’Union, l’un des deux quotidiens gabonais, l’ancien premier ministre Casimir Oyé Mba a estimé utile de lancer un appel à « un vrai dialogue, large, sans complexe et sans idées préconçues (…) un dialogue adulte, responsable » devant la situation qui prévaut actuellement dans le pays et « c’est au pouvoir qu’il revient de prendre cette initiative, de tendre la paix », devait -t-il préconiser.
Sous le titre « On fait quoi maintenant ? » en s’adressant à « Monsieur le président Ali », Casimir Oyé Mba –candidat qui avait jeté l’éponge quelques heures avant la présidentielle de 30 aout 2009 – a jugé dans cet article qu’ « il n’y a pas de faiblesse à tendre la main, ni de honte à l’accepter. Le principal est de rechercher ce qui est utile au pays ».
« SITUATION GRAVE ET INQUIÉTANTE MAIS PAS ENCORE IRRÉMÉDIABLE »
L’ex-premier ministre, par ailleurs l’un des vice-présidents de l’Union nationale (UN, opposition) dissoute depuis mardi dernier immédiatement après la prestation d’André Mba Obame comme président, a constaté que « la situation est grave et inquiétante, mais pas encore irrémédiable ».
Parmi les facteurs retenus par M. Oyé Mba pour illustrer le climat du moment, figure le « terrain politique » où « deux camps apparaissent, chacun étant d’ailleurs teinté en son sein de nuances variées: le pouvoir et l’opposition » qu’il a caractérisé par « les adeptes de l’’’Emergence’’ et ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’’’Emergence’’ ».
Pour les tenants du pouvoir, a-t-il observé, « la présidentielle est derrière nous. Même si elle a été ‘’laborieuse’’, elle a été validée par les organes compétents de notre pays et reconnue par les pays étrangers et les institutions internationales. Monsieur Ali Bongo Ondimba est président; faisons lui confiance, laissons –le travailler et nous montrer ce qu’il peut faire ».
Pour les autres, a-t-il poursuivi, « outre ‘’le péché originel’’ de l’élection controversée, le nouveau pouvoir ne peut changer qualitativement le Gabon (…) parce qu’il repose sur les mêmes fondements et s’appuie sur les mêmes forces à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ».
Casimir Oyé MBa en a conclu: « il est peu de dire que ces deux camps se regardent en chien de faïence (…).
Cette ignorance « ostensiblement » de l’un et l’autre bord aurait été exacerbée, si l’on en croit l’ancien premier ministre, par les évènements survenus le mardi 25 janvier 2011 quand André Mba Obame organise une « cérémonie au cours de laquelle il ‘’prête serment’’ comme président et nomme un ‘’gouvernement ‘’ de 18 membres (…) avant que le député du Haut-Komo (Medoneu) ne trouve refuge, accompagné de plusieurs de ses proches, au bureau du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
« Le pouvoir réagit », a-t-il indiqué, en citant « la dissolution de l’Union Nationale, l’annonce de la levée de l’immunité parlementaire d’André Mba Obame(…) et la radiation des fonctionnaires figurant dans le gouvernement parallèle ».
« MESURES TRÈS SÉVÈRES »
Devant ce qui précède, l’auteur de la Tribune libre parue dans le journal L’Union s’est interrogé: « Ces mesures très sévères règleront-t-elles les problèmes ? Pouvons-nous organiser les choses au Gabon pour qu’une vraie démocratie s’y épanouisse ?».
Selon lui, « rien n’est moins sûr. Et le Gabon dans tout cela ? », s’est-il demandé.
« Il nous revient à tous, et d’abord à la classe dirigeante, d’apporter des réponses concrètes à ces questionnements », par un « dialogue adulte, responsable » et que « la culture africaine et l’histoire politique gabonaise sont à cet égard riches d’enseignements », s’est-il souvenu.
Toutefois, l’homme qui vient de prendre l’engagement de lancer, à son tour, l’idée d’une « paix des braves » prévient : « j’écarte les arrangements d’arrière-boutique, qui ne débouchent que sur des bricolages douteux, donc sans lendemain ».
Allusion ici faite aux accords de Paris signés par la majorité et l’opposition au lendemain de l’élection présidentielle de 1993 remportée par le président Omar Bongo Ondimba (51%) alors plusieurs candidats de l’opposition contestèrent le résultat.
La situation ‘’délétère’’ qui y prévalait poussa le défunt Pierre Louis Agondjo Okawe, alors considéré comme l’animateur de la frange la plus radicale de l’opposition, a déclaré la « paix des braves ».
GESTION DES CONTRADICTIONS
Les deux bords finirent par gérer leurs contradictions dans la capitale française et donnèrent ainsi naissance aux Accords de Paris en novembre 1994, présentés à Libreville avant la formation d’un gouvernement d’ « union nationale ».
Une expérience qui ne semble pas emballée Alain Claude Bilie Bi Nze, député, secrétaire général du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP, majorité républicaine pour l’Emergence) qui, récemment dans la presse, lâchait : « Il faut tuer l’esprit des accords de Paris », face aux résultats peu reluisants obtenus après le paraphe de ce document, in fine adopté par le peuple au terme d’un référendum.
Le Parti Démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir), en ce qui le concerne, indiquait dimanche écoulé dans une déclaration qu’il n’y a pas du tout de dégradation rapide du climat politique au Gabon « contrairement aux assertions du communiqué de Monsieur Jean Christophe CAMBADELIS, Secrétaire National du Parti Socialiste français » et qui avait « pour objet essentiel de faire écho à l’agitation espérée par Monsieur André MBA OBAME au Gabon », a-t-on noté dans les rangs du parti majoritaire.

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