La situation militaire semblait s’enliser samedi à Abidjan, où les partisans de Laurent Gbagbo faisaient plus que résister. Des hélicoptères français ont par ailleurs été la cible de tirs lors d’une mission d’évacuation. Selon le commandant Frédéric Daguillon, porte-parole de la force française Licorne, aucun soldat n’a été blessé et les équipages des hélicoptères ont riposté dans la nuit de vendredi à samedi, détruisant au moins un véhicule blindé.

Cette mission d’évacuation de diplomates a été annulée, a ajouté le commandant Daguillon. Vendredi soir, c’est la résidence de l’ambassadeur de France à Abidjan qui a été frappée par deux obus de mortier et une roquette RPG-7 tirés depuis des positions tenues par les forces pro-Gbagbo. Il s’agissait de la seconde attaque en deux jours. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, a déclaré à l’Associated Press qu’il n’y avait pas de victime.

L’ambassade de France a souligné dans un communiqué que la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies l’autoriserait à détruire les armes utilisées contre elle. Le conseiller de Laurent Gbagbo à Paris, Toussaint Alain, a démenti toute implication de forces liées au président sortant, dans un entretien téléphonique à l’AP.

Les riverains du quartier de Cocody ont signalé des explosions et des tirs d’armes lourdes pendant deux heures samedi avant l’aube. A l’Hôtel du Golf, les soldats loyaux à M. Ouattara ont été vus en train de se mobiliser en toute hâte. “Les forces pro-Gbagbo “ont essayé d’attaquer le Golf”, a assuré Félicien Sekongo, porte-parole des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). “Ils ont progressé dans les quartiers de Cocody et du Plateau, mais ils ont été arrêtés et repoussés”.

Le président-élu de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a mis en place vendredi un blocus autour de la résidence de son rival, Laurent Gbagbo, toujours réfugié dans son bunker, l’objectif étant que le camp Gbagbo arrive à court d’eau et de nourriture. M. Ouattara a également annoncé faire du retour à la normale à Abidjan, capitale économique jonchée de cadavres, une priorité.

Alors que la situation militaire semble s’enliser à Abidjan, où les habitants manquaient d’eau et de nourriture, les Nations unies s’inquiètent désormais des actes de violences signalés dans l’ouest du pays. Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a annoncé vendredi soir que plus de 100 corps avaient été découverts au cours des dernières 24 heures, beaucoup ayant été tués par balles et certains brûlés vifs.

“Les informations qu’envoie l’équipe des droits de l’Homme de l’ONU en Côte d’Ivoire sont profondément horribles”, a déclaré la chef du HCR Navi Pillay dans un communiqué. “Ils découvrent de nouveaux corps chaque jour”. Les violences depuis l’élection présidentielle de novembre ont fait plusieurs centaines de morts et contraint jusqu’à un million d’Ivoiriens à fuir. AP

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