Le taux de participation des législatives du 17 décembre boycottées par une partie de l’opposition est de 34,28% et le Parti démocratique gabonais (PDG) du président Ali Bongo obtient une majorité écrasante de 114 députés sur 120, selon les chiffres officiels publiés mercredi.

Selon les chiffres de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap) lus pendant près de 4 heures par le ministre de l’Intérieur Jean-François Ndongou, il y a eu 255.570 votants pour 745.645 inscrits soit un taux de participation de 34,28% (65,72% d’abstention). Le PDG obtient 114 (113 en nom propre et un député PDG-Parti Gabonais du Centre Indépendant).

“Le taux de participation est relativement le même depuis 1996. On ne dépasse pas les 40% lors des élections législatives et locales (…) La seule élection où l’on atteint plus de 50% sont les présidentielles (…) mais en 2009 (lors de l’élection d’Ali Bongo) le taux était de 44%. Cette élection est tout à fait normale, avec plus de 23 partis politiques qui ont participé”, a estimé M. Ndongou.

Le ministre a écarté l’hypothèse que le fort taux d’absention soit dû au boycott d’une partie de l’opposition qui avait remercié mercredi “le peuple gabonais” pour son soutien: “Combien de partis n’ont pas participé? A peine 5 ou 6. Ils étaient combien (de députés) lors de la précédente législature? Ceux qui n’ont pas voulu participer savaient à quoi s’en tenir”.

Il a aussi balayé les accusations de fraude de l’opposant Jules Aristide Bourdes Ogouliguende, ancien président de l’Assemblée nationale: “Est-ce que quand il a été élu en 2006, il y a eu fraude? En 2006, la population de sa circonscription a voté pour qu’il aille à l’Assemblée. Là, il n’était pas candidat et celui qui s’est présenté sur son siège a été élu comme lui l’avait été en 2006”.

Quant au déséquilibre de représentation à l’Assemblée, le ministre a estimé: “C’est la dictature de la démocratie. Les urnes ont choisi les représentants du peuple. C’est la démocratie: ce sont des députés élus par le peuple. Le président n’a pas pris un décret pour nommer les députés, Les députés ont été élus”, a-t-il conclu.

Mardi, les partis de l’opposition qui ont boycotté les législatives gabonaises avaient affirmé dans une déclaration commune ne pas “reconnaît(re) la validité du scrutin du 17 décembre 2011” car “l’Assemblée nationale qui en est issue représente moins de 10% de la population”.

Le PDG et ses alliés disposaient de 98 des 120 sièges de député pendant la précédente législature (5 ans). Le président Bongo pourra donc s’appuyer jusqu’à la fin de son mandat (7 ans) en 2016 sur une chambre qui lui sera complètement acquise.

L’opposition avait déjà critiqué le scrutin avant l’annonce des résultats. “On ne cautionne pas la mascarade électorale. Les gens du PDG vont bourrer les urnes. La participation sera très faible. Ils vont gagner mais quel intérêt? Quelle honte!”, avait déclaré vendredi l’opposant André Mba Obame, dont la formation l’Union nationale a été dissoute en janvier 2011 et qui ne participait donc pas.

Après une concertation entre le président Ali Bongo et l’opposition et la société civile en avril, le gouvernement avait saisi la Cour constitutionnelle pour demander un report à 2012 des élections pour “cas de force majeure” afin de permettre l’introduction de la biométrie.

La Cour constitutionnelle a refusé ce report, amenant une partie de l’opposition à suspendre sa participation à la commission électorale. L’opposition s’est ensuite divisée sur la participation, certains partis comme l’Union du Peuple Gabonais (UPG), dont le leader historique Pierre Mamboundou est décédé en octobre, décidant finalement d’aller au scrutin après l’avoir décrié. Le parti n’obtient aucun siège (contre 7 lors de la précédente législature).

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