Le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) créé en 1979 à l’initiative d’Omar Bongo, unité de recherches unique en Afrique par les qualités de ses plateformes techniques (biologie moléculaire, laboratoire de haute sécurité, centre de primatologie), puis centre de référence pour l’OMS et laboratoire d’accueil pour les écoles doctorales du Nord, traite de façon sélective ses agents, une partie du personnel gabonais serait objet d’une maltraitance insidieuse.

Début mars courant, une nouvelle grève du personnel du Centre international de recherches médicales de Franceville, implanté comme on le devine dans la capitale de la province du Haut-Ogooué (sud-est) a fortement perturbé l’activité sur l’ensemble des 49 hectares et les 2500 m2 des laboratoires sur lesquels s’étale ledit centre.

Un énième débrayage sous le timbre de motifs qui avaient déjà, deux ans auparavant, amené les employés à planter le piquet de grève. A savoir : le paiement intégral de la prime d’équipement de 150 000 Fcfa.

Mais, au-delà de cette revendication qui, au final, apparait ici comme sorte de marronnier, tant elle revient à intervalle régulier au menu de discussions entre la direction et le plénipotentiaire des commis, la corde du dialogue entre ces deux pôles est parasitée par un virus d’un type nouveau.

Les agents coalisés reprochent ouvertement à Jean Paul Gonzalez, directeur général, de nationalité française, sa «désinvolture, le mépris des institutions de la République, les intimidations et les menaces à l’endroit de tous les agents en sympathie avec le directeur général délégué, Thierry Ayouma D’Othakemé », représentant la partie gabonaise dans le directoire du CIRMF.

•Management à géométrie variable ?

L’atmosphère délétère au CIRMF est d’autant surprenante que la composition de son conseil d’administration aurait pu être depuis informée.

En effet, les représentants de l’Etat gabonais, du ministère des Affaires étrangères et européennes français et la société Total-Gabon siègent aux conseils. Difficile, dans ce cas de ne pas être informé de ce qui se passe sur le plan du managérial.

Avec un budget annuel de plus consistant, au moins de 5,6 millions d’euros, alimenté à hauteur de 17% par une subvention du Gabon, puis 71% par la provision pour les investissements diversifiés de Total-Gabon et 12% venant de la coopération française, essentiellement sous forme de postes d’encadrement scientifique, les retards de paiement de primes et autres broutilles concernant les disparités salariales étonnent plus d’un observateur.

De façon générale, il n’est jamais bon pour un gabonais d’être promu « directeur général délégué au cirmf ». Le refus, même sibyllin que rencontre aujourd’hui Thierry Ayouma D’Othakemé, tous ses devanciers l’ont essuyé.

Le Professeur Noel Gassita ne trouve pas des mots assez durs pour dénoncer ses blessures narcissiques lors de son passage au poste de directeur général délégué.

•De l’hypo fécondité vers les hémorragies virales.

Structure de recherche médicale de droit gabonais, le CIRMF avait à ses débuts trois objectifs : recherche (infectiologie, maladies génétiques, écologie de la santé),formation (académique, recherche par la recherche, technique),soutient au systèmes de santé au Gabon(épidémiologie d’intervention ,diagnostic…).

Ces objectifs initiaux ont évolué pour englober maintenant un panel plus diversifié.

Passant donc de l’hormonologie et la fécondité humaine (une opinion tenace veut que le cirmf ait été créé pour étudier l’hypo fécondité supposée des femmes originaires de la province du Haut-Ogooué), pour toucher finalement des thématiques telles le sida, paludisme, fièvres hémorragiques virales, arboviroses, drépanocytose …

L’institution emploie plus de 150 agents comprenant des techniciens, administratifs, chercheurs gabonais et chercheurs invités et se déploie sur 49 hectares et 52 immeubles consacrés à la recherche, des logements d’accueil.

En 2010, par exemple, une note interne a évoqué une production scientifique de l’ordre de 548 articles, 37 ouvrages, 23 nouvelles espèces décrites et 250.000 échantillons biologiques empaquetés.

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