Charles Taylor, un des condamnés de la CPI

Pour l’avoir reconnu coupable des crimes contre l’humanité et crimes de guerre, commis entre 1996 et 2002 en Sierra Leone, le tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) a condamné, le 30 mai, l’ancien président du Libéria Charles Taylor, âgé de 64 ans, à 50 ans de prison.

Le premier ex-chef d’État condamné par la justice internationale depuis le tribunal militaire de Nuremberg qui jugea les dignitaires nazis a, selon les juges, «aidé et encouragé» une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, dans le but d’exploiter ses diamants, pendant une guerre civile marquée par des nombreux actes de cannibalisme et mutilations et ayant fait 120.000 morts entre 1991 et 2001.

«L’accusé est responsable d’avoir aidé et encouragé, ainsi que d’avoir planifié, certains des crimes les plus haineux de l’histoire de l’humanité», a déclaré le juge samoan Richard Lussick lors d’une audience publique devant le tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye.

«En échange de diamants, l’ancien président a fourni armes et munitions aux rebelles sierra-léonais du RUF, jouant donc un rôle « crucial » dans les crimes commis par ces derniers», poursuit le juge.

La défense estimait la peine recommandée «disproportionnée et excessive». «Il fera appel», a déclaré sa défense.

«J’espère qu’il sera hanté par ses actes pendant qu’il croupira en prison», a déclaré à la fin du jugement retransmis en direct, Alhadji Jusu Jarka, ancien président de l’association des amputés une des victimes qui avaient eu les deux bras mutilés par les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF).

Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor avait été reconnu coupable le 26 avril des onze chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et crimes de guerre dont il devait répondre, viol, meurtre et pillage notamment, commis entre 1996 et 2002 en Sierra Leone. Il plaidait non coupable. Si elles souhaitent interjeter appel du jugement et/ou de la peine infligée, la défense et l’accusation peuvent le faire au plus tard 14 jours après avoir reçu le texte complet de la décision sur la peine. Un processus qui selon un porte-parole du TSSL pourrait prendre plusieurs semaines.

Charles Taylor, 64 ans, purgera sa peine en Grande-Bretagne en vertu d’un accord avec le TSSL qui ne prononce pas de peine de prison à vie mais fixe un certain nombre d’années de prison.

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