Mesdames et Messieurs de la Presse,
Distingués invités,

Les Accords d’Arambo de 2006 ont réaffirmé l’existence de deux camps politique et, après arbitrage du Chef de l’Etat, le principe de la biométrisation du processus électoral dans notre pays a été admis.

Déjà à cette époque, il recommandait une expérimentation pour les élections locales de 2008 par Libreville.

Le tenants du pouvoir, comme à leur habitude, ont tout fait pour annihiler le consensus politique issu des Accords d’Arambo qui auraient permis d’améliorer le processus électoral et assurer les lendemains post-électoraux apaisés.

En avril et mai 2011, réunissant au palais de la Présidence de la République, les forces vives de la Nation, le Chef de l’Etat affirmait avec crainte que « sans la biométrie, bonjour les dégâts ». Là encore bis repetita pour les tenants du pouvoir, pour qui le Président de la République parlait pour lui-même. Le constat montre à ce jour que le pouvoir a choisi les dégâts.

Dans son courrier non daté, le Chef de l’Etat, en remerciant la classe politique pour avoir répondu à ses appels, félicitait cette classe politique et écrivait notamment ce qui suit : « (…) La solidité de nos institutions étant établie et le respect de la légalité ont garantie à ce jour, la paix, la stabilité et l’espoir pour les générations futures de continuer à vivre dans l’harmonie. Aussi, je vous réaffirme mon attachement à la concertation, comme forme d’expression sur des questions majeures, tant que le besoin le nécessitera ».

La cour constitutionnelle, dans son discours de rentrée solennelle rappelait au Gouvernement la nécessité de voir les élections locales se dérouler avec la biométrie.

Faisant fi des avancées démocratiques issues des différentes concertations de la classe politique, le ministre de l’Intérieur a cru bon de lancer, sans ambages, le processus de la biométrisation dans un secteur aussi sensible que celui des élections, en violation flagrante de la loi N° 1/2011 du 25 septembre 2011, notamment en ses articles 15, 16, 17, 18 portant création et composition de la commission nationale pour la protection des données à caractère personnel (CNPDCP) et l’alinéa 2 de l’article 33 qui stipule qu’elle < >.

Réagissant à ses invitations tant au ministère de l’intérieur le 31 mai 2012 qu’à l’immeuble Arambo le 1er juin 2012, l’opposition a rappelé au Gouvernement l’impérieuse nécessité d’introduire dans le cahier des charges l’authentification des électeurs dans les bureaux de votes, afin de garantir la sincérité, la fiabilité et la crédibilité des opérations électorales.

Dans notre correspondance adressée le 09 juin 2012, nous dénoncions les manœuvres dilatoires qu’il utilise pour mettre en mal la démocratie, la paix, la stabilité dans notre pays.

Malheureusement, nous constatons dans sa réponse du 19 juin 2012 la fermeté de sa position quant au refus de l’introduction de l’authentification des électeurs dans les bureaux de vote et partant l’implication, en amont et en aval, de l’opposition dans le processus.

Mesdames et Messieurs de la Presse,
Distingués invités,

Constatez avec nous, que nous nous targuons d’être un pays de droit, mais ici la loi 1/2011 du 25 septembre 2011 relative à la protection des données à caractère personnel, pourtant votée par la Majorité PDG au Parlement tout comme les fondements d’une Etat démocratique ne sont pas respectés par le pouvoir en place. Nous déclinons notre responsabilité sur les conséquences à venir, si le pouvoir persiste dans son refus de prévoir l’authentification des électeurs dans les bureaux de vote.

Mesdames et Messieurs,

Il serait surprenant que l’opposition gabonaise se réunisse et n’aborde que les questions relatives à la seule biométrie.

Nous voulons d’abord ici souligner également les problèmes liés à l’augmentation exponentielle du coût de la vie au Gabon. Le panier de la ménagère est devenu tellement cher, que bientôt la gabonaise n’aura plus de panier du tout.

L’autre jour aussi, nous avons été nombreux, ébahis devant nos petits écrans, lorsque le Chef de l’Etat, ouvrant le Forum du monde des affaires, qui s’est tenu à Libreville, s’est adressé à ses invités en anglais, la langue officielle du Gabon c’est le français. On a vu des chefs d’états arabes, diplômés des universités françaises, mais lorsqu’ils parlent au nom du pays, ils parlent en arabe.

L’autre question qui nous intrigue, c’est la militarisation excessive de la vie de la cité. Quand vous sortez à Libreville, jusqu’au pont de IAI, vous avez 5 contrôles effectués par des militaires. Notre armée qui sait très bien quelle est sa mission, ne peut pas se substituer à la Police et à la Gendarmerie s’il n’y a pas une situation exceptionnelle. Même si le Chef de l’Etat est le Chef suprême des armées, nos chefs de corps, doivent pouvoir lui indiquer l’usage des forces de défense ; Et dans ces contrôles, on vous demande d’ouvrir le coffre, on fouille l’intérieur de votre voiture, sans trop savoir pourquoi.

Et nous arrivons au problème de l’insécurité. Nous sommes tentés de dire, de l’insécurité galopante dans notre pays ! Et chose surprenante, il y a une session criminelle qui a été convoquée et à notre grande surprise, un seul dossier concernant la criminalité a été présenté à nos juges, c’est celui où un de nos compatriotes sénateur et présumé commanditaire. Tous les autres dossiers sont des vols de poulets, les vols à l’étalage. Maintenant si le Gabon a criminalisé le vol de poulet et autres rixes, il faut nous le dire !

En parlant du coût de la vie, un des facteurs qui rend la vie chère, c’est le logement. Or malgré les annonces, malgré les programmes, aucun logement supplémentaire n’a été construit au Gabon.

Je ne suis pas xénophobe, j’ai connu moi et admiré, des chefs d’Etats tels que Félix Houphouët Boigny qui avait un Directeur de Cabinet étranger, le Gouverneur Néré. J’ai connu le Président Senghor qui avait comme Ministre de l’Intérieur, Jean Colin, mais à ma connaissance, on n’a jamais vu, ni le Gouverneur Néré, ni Jean Colin avec l’avion du Chef de l’Etat bourré de milliards en France.
Nous attendons que les parlementaires interpellent le Ministre des Affaires Etrangères, pour qu’il nous explique ce que faisait l’avion du Chef de l’Etat au Bénin ! Et si la nouvelle est fausse, alors il faut poursuivre ceux qui ont propagé cette information et qu’ils soient punis, car c’est l’honneur du Gabon qui a été bafoué !

Maintenant, il faudrait nous interroger sur le statut du Comité Technique Gabon Emergeant, qui semble se substituer au Conseil d’Etat. Tous les textes qui sont soumis aux autorités, doivent passer par le Comité Technique Gabon Emergeant, ce qui est une aberration. Et ce Comité est dirigé par un Sénégalais. Les juristes, les Agrégés des facultés de droit dans ce pays, il y en a.

Il faut aussi s’interroger, comment se fait-il que Monsieur Clément Sossa, Président de la FEGABOXE, arrêté pour des indélicatesses n’ait pas encore démissionné de ses fonctions? Je ne reviens pas sur la nationalité réelle de ce Monsieur ! Je le répète, je ne suis pas contre les étrangers, mais il faut savoir le rôle qu’on leur fait jouer.

Le domaine des médias aussi et le monde de la presse ne sont pas épargnés par cette dérive autoritariste du pouvoir.

En démocratie on peut sanctionner, en démocratie on peut sévir, mais il est interdit d’interdire, comme nous le disions en mai 1968.

Nous ne sommes pas des fanatiques de l’émission pluriel, nous ne disons pas que les animateurs étaient des saints, mais cette émission avait parfois le don de mettre le doigt là où ça fait mal. On aurait pu sanctionner les animateurs sans supprimer l’émission.

Là encore, nous aimerons savoir ce qu’en pense le CNC.

Donc Mesdames et Messieurs, l’opposition Gabonaise ne pouvait pas restreindre cette rencontre aux seules questions de biométrie, parce que si nous sommes dans l’opposition, c’est parce que le pays ne va pas bien et il ne va pas bien dans tous les domaines.

Je vous remercie.

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