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Où sont nos homosexuels ?

Sous ce titre, «La Nouvelle République», le mensuel gabonais, a consacré, le 3 mai dernier, sa une et son éditorial à l’homosexualité, posant son regard sur une particularité : les adeptes de cette pratique, bien que discrets, sont de plus en plus nombreux au Gabon. Non sans une pointe d’ironie, le mensuel s’est donc penché sur leur probable reconnaissance juridique et sociale au Gabon.

Trois semaines après l’adoption par l’Assemblée nationale française du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels, de nombreux organes de presse africains sont revenus sur la pratique de l’homosexualité sur le continent et sur les différentes sanctions prononcées, dans certains pays, à l’encontre de certains gays ayant porté au grand jour leur sexualité. En effet, si la presse des pays comme le Cameroun voisin a publié quelques noms des présumés homos, le mensuel gabonais, La Nouvelle République, s’est quant à lui interrogé sur la reconnaissance officielle de ces hommes et femmes considérés par le gros de l’opinion publique comme des «malades», des déviants qui font le déshonneur de leur famille et la honte de leur pays.

Si pour La Nouvelle République il est nécessaire d’être fixé sur le statut à accorder aux gays dans ce pays, c’est que le Gabonais doit se résoudre à ôter ses œillères afin de sortir du secret de polichinelle dans lequel il se complaît depuis de longues décennies lorsqu’il est question d’homosexualité. Il serait peut-être temps, conçoit ironiquement l’éditorialiste du mensuel, que la République accorde enfin aux homos «leur reconnaissance juridique», étant donné qu’ «en matière de lois, le Gabon recycle tout ce qui gaysse fait en France en bien comme en mal». Mais pour cela, «les homosexuels doivent se faire recenser comme toute minorité victime de stigmatisation et d’exclusion».

La Nouvelle République qui dit se battre pour «la défense des minorités» s’insurge contre l’hypocrisie de la société traditionnelle et la société bien pensante d’aujourd’hui qui pourtant, bénéficieraient des faveurs du «lobby gay» dont les tentacules s’étendraient très loin et, toujours selon le titre, à des niveaux élevés dans le pays. «Commençons par paxer nos homosexuels», lance le mensuel qui pense que les gays sont partout : «au Gouvernement, dans nos institutions, dans l’administration publique et privée, dans les médias et même dans les milieux où l’on prêche la foi».

Mais si tant est que les gays gabonais doivent bénéficier d’une reconnaissance sociale et juridique, qui donc véritablement devrait avoir le statut d’homo officiel ? En effet, derrière la question «Où sont nos homosexuels ?» se cache celle de savoir «Qui sont nos homosexuels ?». Souvent mal perçus par la société, les homos au Gabon se cachent derrière une hétérosexualité «bidon» qui masque leur véritable nature ; ceux-là, «homosexuels nés» n’attendent qu’une hypothétique loi en leur faveur. Mais certains gays gabonais, les plus nombreux en l’occurrence, toujours selon le journal, le seraient devenus par calcul opportuniste : «pour l’argent». Il est donc question de gays naturels, de gays alimentaires et de gays par mimétisme. Un problème de classification qui vient s’ajouter leur difficile condition et qui n’est pas pour les placer parmi les individus les plus appréciés de la société.

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