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Présidentielle 2016 : Ping, Biyoghé Mba, Nzouba Ndama, Oye Mba vont-ils y aller ?

A 39 mois du prochain scrutin présidentiel, les candidatures semblent se dessiner. Du côté de la majorité, Ali Bongo va certainement user de toute sa diplomatie pour arrêter certains candidats potentiels de son camp forts dans la surenchère, tandis que du côté de l’opposition, Casimir Oyé Mba semble prendre de l’avance sur André Mba Obame qui observe le silence depuis le meeting raté du 15 août 2012.

Sauf imprévu, la prochaine élection présidentielle aura lieu en août 2016 au Gabon, soit dans trente-neuf mois. Les choses commencent à se dessiner dans un camp comme dans l’autre. Dans l’opinion, dans certains médias, le sentiment qui prévaut est que, frustré de ne pas avoir été reconduit à la Primature en février 2012, Paul Biyoghé Mba se préparerait à se présenter à ce scrutin. Mais d’autres personnes -observateurs, politologues, journalistes- estiment que, plombé par son poste de président du Conseil économique et social jusqu’en juin 2017, l’ancien Premier ministre ne franchira pas le Rubicon. «Il donne l’impression de faire de la surenchère, car il connaît le système politique gabonais», estime un journaliste généralement bien informé. «Peut-être veut-il revenir à la Primature ou obtenir le poste de vice-président de la République, mais jamais il n’ira jusqu’à présenter sa candidature», souligne un ancien ministre qui lui est pourtant proche.

Pas assez courageux

Guy Nzouba Ndama qui fait les choux gras de la presse proche du Palais du bord de mer a lancé un pavé dans la mare en invitant, la semaine dernière, dans sa réponse au billet satirique Makaya du quotidien L’Union, à méditer sur «l’histoire du coq et du régime de banane». Une réponse qui a été interprétée comme un appel au calme adressé au chef de l’Etat, car le coq ne peut être mangé sans la banane. En clair, si le chef de l’Etat pense que seul Nzouba Ndama peut être écrabouillé, il se trompe. Cette réponse de Guy Nzouba Ndama est aussi considérée, dans certains cercles, comme une affirmation réelle de faire face à toutes formes d’adversités, y compris à la présidentielle. «Mais l’élu du canton Lolo-Wagna ne pourra y aller, en raison de sa terrible impopularité dans le pays, et surtout dans sa province d’origine, lui qui est considéré comme l’un de ceux qui ont imposé Ali Bongo», affirme un politologue. Il reste cependant vrai que l’homme a des relais et une bonne capacité de nuisance. Sa stricte neutralité, en 2016, pourrait faire basculer le scrutin.

Quant à Jean Ping qui a boudé le récent congrès du Parti démocratique gabonais (PDG), il est de ceux qui pourront, en août 2016, inquiéter l’actuel chef de l’Etat. Son seul carnet d’adresses plaide pour lui. Ses amitiés dans l’hexagone et dans diverses capitales africaines et occidentales, sa grande expérience internationale depuis l’Unesco, l’ONU et la Commission de l’Union Africaine, les appels du pied qu’il reçoit de la part de nombreux compatriotes, ses relations avec d’anciens et actuels chefs d’Etat de la sous-région feraient de lui un candidat sérieux pour la conquête du Palais du Bord de mer. «Mais Jean Ping n’ira certainement pas à la bataille. Il lui manque le grain de folie qui permet à tout ancien apparatchik de s’affranchir du système», estime un sociologue gabonais bien connu qui pense que Jean Ping n’est pas Jules Bourdès Ogouliguendé qui avait tout plaqué (la présidence de l’Assemblée nationale et le PDG) en mai 1993 pour se présenter face à Omar Bongo en décembre de la même année. Néanmoins, Jean Ping subirait la pression de certains milieux d’affaires hexagonaux installés au Gabon, et surtout de certains proches du président Omar Bongo, à qui il pourrait céder.

Oyé Mba peut-il rebondir ?

Depuis le silence d’André Mba Obame (AMO) en raison de ses problèmes de santé, Casimir Oyé Mba multiplie les sorties médiatiques. Notamment à Jeune Afrique, dans le quotidien L’Union et dans divers autres médias internationaux. L’ancien Premier ministre multiplie également les déplacements en France et en Afrique. Une stratégie qui semble augurer d’une éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle. «Mais malgré tout son talent, son carnet d’adresses bien fourni, ses relations à l’étranger, notamment dans la sous-région, Casimir Oyé Mba aura du mal à revenir dans l’estime des Gabonais qui n’ont pas oublié sa volte-face du 30 août 2009», indique un connaisseur des arcanes politiques gabonaises. Va-t-il vraiment tenter ce come back ? Est-ce la raison pour laquelle il s’y prend plus tôt ? Sauf s’il décide de se présenter en candidat indépendant, l’ancien Premier ministre aura à affronter, dans son parti, l’Union nationale, des personnalités comme Zacharie Myboto et Eyéghé Ndong qui sont aussi d’éventuels candidats de poids.

Mais au-delà de toutes ces personnalités, il y en a une autre qui pourrait bien être sollicitée par des compatriotes qui souhaitent avoir un «homme neuf». Il s’agit du Général Flavien Nzengui Nzoundou, actuel Sénateur, ancien ministre, ancien directeur des aides de camp du président Omar Bongo, qui bénéficie aussi d’un certain nombre d’appuis à l’intérieur comme à l’extérieur. Apprécié pour sa rigueur et sa probité, Flavien Nzengui Nzoundou pourrait bien surprendre plus d’un. Reste à savoir si ce Nzébi originaire de Lébamba dans la Ngounié se déterminerait franchement s’il était soutenu par divers lobbies. Car, au Gabon, les hommes politiques sont plus connus pour la couardise que pour le courage. Mais il apparaît comme un recours. Les mois à venir nous enseigneront sur les positions définitives des uns et des autres.

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