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Vers un duel fratricide CLR/PDG

assele1-ca86547dLe Parti démocratique gabonais (PDG) est plutôt, ces derniers temps, dans une passe difficile. De vives tensions y sont perceptibles et l’on dit que le parti du Président de la République pourrait imploser si rien n’est fait à temps : une situation sur laquelle le CLR de Jean Boniface Assélé a décidé de sauter en le défiant sur tous les plans à travers le pays. Duel fratricide à l’horizon.

Le Parti démocratique gabonais (PDG), c’est connu, est traversé par de nombreuses tensions ces derniers temps. Entre conflits de personnes à l’affût d’attention et de reconnaissance de la part du Chef de l’Etat, pour les uns, et quête désespérée de leadership à l’approche des élections locales, pour les autres, la situation de la formation politique au pouvoir apparaît comme du pain béni pour ses adversaires de l’Opposition qui, à moins de deux mois des locales, lui promettent la déculottée.

Ce sera une première, estiment déjà certains candidats déclarés. Mais si le PDG qui détient le plus d’élus locaux à travers le pays, semble peu à peu montrer des signes de crainte et d’incertitude quant à la désignation de ses candidats officiels, c’est sans nul doute parce que devant lui, de nombreux adversaires apparaissent comme de véritables poids-lourds, difficiles à manœuvrer et bénéficiant de fait d’une forte estime des populations, du moins d’une sympathie des potentiels électeurs, plus grande que celle dont bénéficient certaines personnalités élus ou non du PDG. Ce qui, on en convient, rend le travail du Comité permanent bien plus compliqué qu’il n’y paraît.

Mais ce qui risque de compliquer davantage le travail des hiérarques du PDG, c’est de se mettre à dos ses propres «amis» et alliés. En effet, de nombreux partis de la Majorité républicaine qui entendent s’imposer lors des prochaines joutes électorales, multiplient les actions concrètes sur terrain et semblent jouer parfaitement leur rôle de trouble-fête. A cet effet, le Centre des libéraux réformateurs (CLR) de Boniface Assélé qui, le week-end dernier encore présentait ses deux têtes de liste au 6è arrondissement de Libreville, n’entend pas être spectateur à ces élections.

Il semble même, en effet, que de jour en jour, ce parti de la Majorité républicaine engrange de plus en plus de sympathisants. Pour de nombreux observateurs, la raison de cet attrait est consécutive aux récentes sorties du président du CLR et sa forte implication dans le bien-être des populations. L’on se souvient encore de la descente d’Assélé, il y a quelques semaines, sur les différents chantiers qu’il entreprend à travers la capitale, affublé d’un casque de chantier, de bottes et d’un gilet fluorescent comme tout chef de chantier. Une chose que nombre de ses alliés du PDG n’ont plus le temps de faire, car trop occupés à se jeter des peaux de bananes sous les pieds et à faire dans le m’as-tu-vu quand ce n’est dans la calomnie, aussi bien à l’encontre de leurs adversaires de l’Opposition qu’à l’encontre de leurs «adversaires» au sein du parti.

Surfant sur cette vague en passe de faire basculer puis de couler le bateau PDG, le leader du CLR a récemment décidé de présenter des listes de son parti dans les neuf provinces du pays. Le but : montrer que le parti au pouvoir n’est plus dans la plupart des localités gabonaises en terrain conquis. Ainsi, de l’Estuaire où Jean-Boniface Assélé a placé ses pions ici et là, en passant par Bikélé chez Paul Biyoghé Mba, le Woleu-Ntem, notamment à Mitzic avec deux élus locaux, l’Ogooué-Ivindo avec un maire-adjoint à Mekambo, jusqu’au Haut-Ogooué, sa province d’origine dans laquelle sa formation politique, le CLR, compte de nombreux élus, le parti de Jean Boniface Assélé a vraiment essaimé. A cette allure, tout porte désormais à croire que le PDG risque de déchanter lors des prochaines locales. Même si, on en convient, le parti de Faustin Boukoubi détient presque toujours une longueur d’avance par rapport aux autres. Reste donc à voir.

Pour mémoire, le CLR du général Jean-Boniface Assélé, oncle du président Ali Bongo, aura fait office de parti d’opposition durant la campagne électorale et l’élection législative du 17 décembre 2011. Le PDG aura en effet usé de stratagèmes perfides, de coups bas et d’invectives pour barrer la route à cette formation politique. Dans le fief familial d’Akiéni, Patience Dabany, mère du président Ali, se serait montrée alors intraitable envers le parti de son frère Assélé. Pourtant signataire de la charte de la majorité républicaine pour l’émergence, le CLR est d’ailleurs le seul parti, autre que le PDG, à avoir investi Ali Bongo comme candidat à la présidentielle anticipée de 2009. Il faut dire que le CLR qui projetait se doter de son propre groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, n’avait alors pas lésiné sur les moyens. Que reproche en réalité le PDG à Assélé ? Est-ce seulement son franc-parler qui parfois dérange ? Le PDG voudrait-il encore faire du 100% comme lors des législatives de 2011 où le CLR n’avait obtenu qu’un seul élu ? Ce parti a en tous cas des raisons de rechercher une revanche.

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