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Gabon : Première épreuve de force de l’ONEP de Paul Aimé Bagafou

Au-siège-de-lONEP-354x190Paul Aimé Bagafou le tout nouveau secrétaire général de l‘Organisation Nationale des Employés du Pétrole (ONEP) a promis réagir à l‘issue de la réunion de crise prévue ce vendredi pour statuer sur le cas de deux délégués du personnel de la société Perenco oil & amp qui ont reçu le 23 septembre 2013 des notifications de leur licenciement avec solde de tout compte de la part de leur direction générale.

Il serait reproché à Edouard Mayabi et Azaria Pono, les deux délégués du personnel, le fait qu’ils aient utilisé le matériel informatique de la société Perenco pour diffuser des messages aux employés, alors qu’ils étaient en grève. Ce fait aura donc été diversement apprécié par la direction générale de Perenco qui allègue comme autre griefs, celui d’avoir « empêcher l’export de la production du site Rembo Kotto par consignation de la pompe export au moyen d’un cadenas ». Des agissements qui auraient « exposé les installations à un risque de pollution et occasionné des pertes de production significatives pour l’entreprise ».

Il se trouve que depuis le déclenchement de la procédure de licenciement, l’ONEP n’avait eu cesse de dénoncer le caractère illégal de ces deux licenciements, aux motifs d’entrave aux libertés syndicales, s’agissant en plus de délégués du personnel.

Autre déconvenue du syndicat, le recours en annulation de l’autorisation de licenciement signé de l’inspecteur spécial chargé du secteur pétrolier, initié auprès du directeur général du travail aura également été vain puis que le directeur général du travail confirmera la décision de l’inspecteur, le 29 août 2013.

Les motifs allégués par ces instances du travail seront que « ces deux salariés ont, non seulement outrepassé les missions qui leurs sont dévolues par les textes légaux et réglementaires et leur qualité de délégué du personnel, mais aussi transgressé les dispositions du règlement intérieur et la chartre d’éthique de leur entreprise. »

Position qui amènera l’ONEP à évoquer la collusion entre l’administration du travail et la direction de Perenco. Et d’assener : « lors de l’entretien préalable, Perenco n’a pas pu apporter la preuve des allégations à l’encontre de nos adhérents ».

En effet, il reste à prouver devant les tribunaux que ce sont les deux délégués du personnel et pas quelques autres employés qui ont personnellement diffusé des messages aux autres employés via le matériel informatique de la société. Et que ce serait encore les deux qui auraient personnellement posé le cadenas qui a consigné la pompe à export. Sur ce plan, des simples suppositions ou raisonnements, n’y suffiraient pas contre des témoignages contraires.

Pars ailleurs, il resterait à Perenco de prouver l’ampleur des pertes de production et leur imputabilité aux seuls délégués du personnel qu’à la grève.

Ce d’autant plus que la sévérité de la direction générale de Perenco contraste avec la clémence qui aura caractérisé les autres sociétés que sont Schlumberger et la SGEPP (Société Gabonaise d’Entreposage de Produits Pétroliers) qui ont respectivement réintégré leurs 19 et 9 employés.

Mais en outre l’ONEP de relever fort pertinemment les conclusions du procès verbal d’étape sanctionnant les négociations avec le gouvernement qui avait conduit à de la suspension de la grève du 4 mars 2013 et dont une disposition stipule qu’ « aucun salarié ne peut être sanctionné du fait de sa participation à la grève ou du rôle qu’il a joué ». Bref, une sorte de clause d’amnistie pour les actes de participation aux grèves.

Cette disposition combinée à l’insuffisance de preuve, devrait pouvoir fort bien peser devant les tribunaux si entretemps Perenco persiste à faire payer aux deux délégués du personnel, les contrecoups d’une grève.

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