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Paludisme : le vaccin de Lambaréné bientôt commercialisé

Paludisme-SchweitzerPremier succès public et international des scientifiques du Centre de recherche de l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné, notamment le Dr Ayôla Akim Adegnika et le Dr Bertrand Lell : leur projet de vaccin contre le paludisme alimente ces jours-ci la chronique à la conférence internationale sur la malaria à Durban (Afrique du Sud). Le fruit de leurs travaux pourrait être mis sur le marché en 2015. Un motif de fierté pour le Gabon.

Le souhait ardent des chercheurs de la Fondation internationale de l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné, en collaboration avec le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) et l’ONG américaine PATH, de mettre sur le marché africain d’ici à 2013, un vaccin anti paludique pour le bien du continent semble avoir été reporté à 2015 et là encore avec beaucoup de prudence des experts.

En effet, un vaccin contre le paludisme pourrait bientôt être mis sur le marché. C’est en tout cas le souhait du groupe pharmaceutique britannique GSK qui a d’ores et déjà annoncé le 8 octobre 2013 à l’occasion de la conférence panafricaine «Multilateral Initiative on Malaria» (Initiative multilatérale sur le paludisme), qui se tient à Durban (Afrique du Sud) jusqu’au 11 octobre prochain, qu’il solliciterait en 2014 un avis scientifique auprès de l’Agence européenne du médicament (EMA).

Développé pour des enfants d’Afrique sub-saharienne et particulièrement pour ceux du Gabon où le paludisme est responsable de 70% des hospitalisations et reste l’une des principales causes de mortalité, l’efficacité de ce vaccin dénommée RTS,S tourne autour de 50%, ce qui n’est pas très grand comparé aux autres vaccins contre la polio par exemple. «Mais vu le taux de prévalence du paludisme en Afrique, vous pouvez imaginer l’impact que ça va avoir sur les populations si le taux de mortalité baisse de 50%», note le professeur Bertrand Lell, co-directeur du Centre de recherches médicales de Lambaréné interrogé par l’AFP. «Ce qui est très bien avec ce vaccin», assure-t-il «c’est qu’il est efficace partout. On a comparé tous les pays qui ont participé à l’étude, et il marche aussi bien dans la forêt équatoriale gabonaise, où il y a du palu toute l’année, que dans le nord du Burkina Faso, où c’est seulement trois mois par an».

Selon l’un des responsables de l’étude, Lucas Otieno du Kenya Medical Research Institute/Walter Reed Project, qui juge «encourageants» les résultats obtenus jusqu’à présent dans cet essai dit de phase 3, «dix-huit mois après les trois injections du RTS,S, l’efficacité vaccinale du produit a été de 46% pour les jeunes enfants (âgés de 5 à 17 mois lors de la première injection) et 27% pour les nourrissons (âgés de 6-12 semaines à la première vaccination, sur une période de 18 mois)».

Ces chiffres qui portent sur plus de 15 000 enfants vaccinés sur 11 sites d’essais répartis dans 7 pays avec différentes intensités de transmission du paludisme, sont du même ordre que ceux annoncés en 2012, après quatorze mois de suivi : respectivement 56 % de réduction des crises de paludisme pour le premier groupe et de 30 % pour le second. «L’essai se poursuit et nous espérons avoir plus d’informations sur la protection à long terme dans le courant de 2014. […] Nous allons évaluer l’incidence d’une dose de rappel administrée 18 mois après la vaccination» a-t-il ajouté.

«C’est le premier vaccin contre la malaria. On a mis 27 ans pour le développer (…) et nous sommes les seuls à avoir ses données-là pour le moment», a indiqué une responsable du projet chez GSK, Sophie Biernaux, relayé par l’AFP.

«Tout progrès dans la lutte contre le paludisme est le bienvenu, et ce vaccin peut devenir une nouvelle arme importante pour nous. Mais il ne va pas remplacer d’autres méthodes déjà en usage» s’est félicité pour sa part, la spécialiste du paludisme chez Médecin Sans Frontières (MSF), Martin de Smet.

«En cas d’avis positif, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait le recommander dès 2015, ce qui ouvrirait la voie à une diffusion en Afrique (principalement à travers l’Unicef et le programme humanitaire Gavi Alliance) à prix réduit, avec une marge de seulement 5%», assure GlaxoSmithKline.

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