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Les quatre ans d’Ali Bongo, vus par Financial Afrik

ali-bongo2Mercredi 16 octobre, le Président de la République gabonaise, Ali Bongo célébrait le 4e anniversaire de son accession au pouvoir. A l’exemple de plusieurs médias nationaux et internationaux dont certains avaient anticipé sur l’évènement, le magazine panafricain spécialisé dans l’information économique et financière Financial Afrik, a livré dans sa dernière parution «une esquisse des ambitions de ce président dont le programme se résume en un seul mot : émergence».

Dans le but de commémorer les quatre années marquant l’accession d’Ali Bongo à la tête de l’Etat gabonais, Afrique Magazine avait publié en août dernier, «une tentative de premier bilan». Depuis lors, de nombreux médias nationaux et internationaux avaient rapporté, commenté et analysé les différentes informations contenues dans le document qui revenait sur les activités, les objectifs et les nombreuses entreprises du gouvernement sous l’impulsion d’Ali Bongo.

En effet, de l’organisation conjointe de la CAN en 2012 à la construction de nombreuses infrastructures (routes, hôpitaux, etc.), les quatre années de pouvoir d’Ali Bongo ont donné lieu à plusieurs analyses et jugements de la part, aussi bien de journalistes, d’experts que de simples observateurs ou même d’autres Chefs d’Etat à l’instar de Barack Obama avec lequel les relations sont difficilement compréhensibles, si l’on se rappelle des réprimandes par le Département d’Etat des Etats-Unis littéralement adressées au Président gabonais et à son gouvernement, à travers un rapport peu enchanteur publié le 24 avril 2013, au sujet de leur irrespect des normes internationales en termes de protection et de promotion des droits de l’homme. Mais depuis lors, les tensions se sont apaisées. Et quatre ans après sa prestation de serment, Ali Bongo a fait son bonhomme de chemin.

A 54 ans, à mi-mandat, le Chef de l’Etat assume son pouvoir avec les différents succès et échecs que son activité implique. Pour le magazine Financial Afrik et sous la plume Serge Olivier Nzikoue, «entre lui et son père, qu’il a succédé au pouvoir […], la comparaison est impossible. Omar Bongo administrait le Gabon en bon père de famille avec un dosage tribalo-ethnique dont le mérite fut d’avoir préservé l’unité du pays. Tout au contraire d’Ali Bongo qui a allègrement rompu la règle non écrite qui voulait qu’un premier ministre soit la chasse gardée d’un groupe. [De plus], alors que le stratège Omar Bongo inscrivait le positionnement stratégique de son pays dans le pré-carré français avec un tropisme déclaré pour le monde arabe, sous Ali Bongo les lignes sont floues. Jamais l’offensive des multinationales des puissances émergentes n’a été aussi forte que sous le magistère de ce président dont le style respire une certaine audace et, surtout, un certain pragmatisme.» Preuve que l’actuel occupant du Palais de marbre du bord de mer, s’est imposé une nouvelle conduite au sommet de l’Etat, dans le but de donner une autre image au pays d’ici à 2025, une année que l’homme s’est fixé comme point d’aboutissement de l’«émergence» du Gabon.

La rupture avec Omar Bongo et les piliers Accrombessi et Manfoumbi

Après quatre au pouvoir, Ali Bongo est de ce fait perçu par Financial Afrik comme un leader ayant «une vision du monde plus affranchie de Paris et de Bruxelles que ne l’était celle de son père. Différence d’époque sans doute.» Même que, relève le magazine en ligne : «Si le père comme le fils, ont usé du levier politique qu’est le Parti démocratique gabonais (PDG), le fils est beaucoup plus à l’écart de cette structure centrale, donnant l’impression de fuir l’influence des grands barons. En fait, Ali Bongo passe plus de temps avec son cabinet et tous ces experts recrutés aux quatre coins de l’Afrique qui ont transformé son idée maîtresse, «le Gabon émergent», en un concept chiffré et documenté, étalé dans le temps et dans l’espace.»

Si nombre de réalisations positives sont à mettre au compte du Chef de l’Etat qui, dans les colonnes de Financial Afrik bénéficie vraisemblablement de quelques faveurs, au regard de l’ensemble de compliments parsemant gracieusement le document, il est à noter que le magazine a survolé le climat politique et social du Gabon. Serait-ce par choix éditorial ? Soit ! Qu’à cela ne tienne, il n’a pas échappé à Financial Afrik que le mérite du Président gabonais est également dû au choix de ses collaborateurs. A cet effet, rappelle-t-il : «Souvent pris à parti par une certaine presse pour ses origines étrangères, Maixent Nkani Accrombessi, directeur de cabinet du président, fait depuis quatre ans un suivi méthodique des dossiers avec une précision qui rappelle le doigté d’un amiral de vaisseau pointant sa position sur une carte marine au milieu des récifs. Autre personnalité forte de l’équipe, Yves Fernand Manfoumbi, directeur général du Budget qui préside le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). L’homme incarne la ligne dure de la rigueur budgétaire et de la rationalisation des moyens. Sa déclaration de guerre récente aux «frais de mission» ne renforce pas sa cote de popularité au sein d’une administration où les voyages et les missions bien payés à l’étranger relèvent de la coutume. Chaque année, le Gabon dépense 2 milliards de FCFA en frais de mission et en voyages en vu de forums et séminaires.» Une retranscription pure et simple du discours officiel et des œillères sur les errements de ces deux personnalités, amplement relayés par la presse locale, jamais consultée par ces confrères dithyrambiques.

Le Plan stratégique Gabon émergent

En marge du mérite et des félicitations accordés à ces deux personnalités pleines d’entrain pour le bien du Gabon, Financial Afrik est revenu sur ce qui, depuis déjà quatre années, fait la particularité d’Ali Bongo : sa détermination, consignée dans le PSGE. «Ce plan keynésien vise à «transformer» le Gabon à l’horizon 2022 d’un pays de rente en une nation prospère en accord avec son environnement (Gabon vert) et son temps (infrastructures et services)», note le magazine, un tantinet flatteur.

De façon ramassée, déclarent les rédacteurs du magazine économique et financier panafricain, «nous retenons l’interdiction d’exportation des grumes, la mise en place d’une zone franche, l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations. Du point de vue des réformes, l’assainissement du climat des affaires et la facilitation des procédures de délivrance d’un titre foncier et de création des entreprises. Ce sont tous ces projets qui font que le président Ali Bongo se comporte plus en un PDG d’une Start up qu’en chef d’Etat. En quête permanente de modèles émergents (sa visite récente à Maurice s’inscrit dans ce cadre), et d’ouverture vers l’Asie du Sud-Est (l’arrivée d’Olam au Gabon), le Président gabonais trouve le temps de la transformation un peu long. En privé, il dénonce l’inertie et la baronnie. Il n’hésite pas à taper sur la table en conseil des ministres.» Un homme pressé, dirait-on.

Pour ne pas conclure, Financial Afrik relève : «L’assainissement du climat politique et de l’environnement des affaires valent au Gabon des progressions significatives dans les classements internationaux. Dans l’échelle Mo Ibrahim qui vient d’être rendu public, le pays est 24ème à l’échelle africaine, premier au niveau de la CEMAC en termes de gouvernance. Elu en 2012 au conseil des droits de l’homme de l’ONU, le pays de feu Omar Bongo a grandement poli son image de petite autocratie africaine. L’un des mérites de l’actuel président est certainement d’avoir permis la pluralité d’opinions dans une région où résident de célèbres recordmen de longévité au pouvoir.»

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