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Élections locales 2013 : du plomb dans les ailes

GemaltoInitialement prévues pour le 23 novembre 2013, il se peut que les élections locales pour lesquelles le gouvernement et les hommes politiques de tous bords ont exhorté les Gabonais à se faire enrôler, soient reportées au début de l’année 2014. Raison : les difficultés rencontrées par Gemalto dans la conception d’une liste électorale fiable.

Leader mondial de la sécurité numérique, la société Gemalto avait été approchée par le gouvernement gabonais afin de mener à bien son projet de conception d’un fichier électoral sur la base des données personnelles à caractère dit biométrique. Ayant accepté le projet, la société qui, depuis sa création s’est illustrée de manière positive dans de nombreux pays, aussi bien au Japon, au Brésil qu’en Afrique du Sud, s’était accordée avec le gouvernement gabonais pour livrer le fruit de son travail à l’échéance du 31 décembre 2012.

S’en est alors suivi l’échec que plusieurs personnalités politiques et de la société civile avaient perçu comme un « fiasco ». Mais confiant et au regard de son expertise internationale, le gouvernement lui avait renouvelé sa confiance. Le dernier défi de Gemalto était donc de livrer le fameux fichier biométrique avant le lancement de la campagne comptant pour les élections locales du 23 novembre 2013. Toute chose qui, selon une indiscrétion du journaliste Jonas Moulenda, bien introduit dans le milieu judiciaire, semble désormais impossible pour la société néerlandaise qui, malgré les 20 milliards de francs CFA inscrits dans le budget de l’Etat pour le financement de ce projet, serait bien loin de la livraison du fichier.

L’on évoque « le délai jugé très court, accordé Gemalto ». Pourtant, de l’Union des forces de l’alternance (UFA) à l’Union du peuple gabonais (UPG), des voix s’étaient déjà fait entendre au sujet de la véritable capacité de la société adjudicataire du marché à remplir sa mission, mais surtout de la précipitation de Jean François Ndongou, ministre gabonais de l’Intérieur, à organiser à tout prix les élections locales le 23 novembre 2013. Réagissant à l’annonce d’un probable report de ces élections, le secrétaire politique en charge de la communication à l’UPG, Bruno Ben Moubamba, lance : « Le pouvoir gabonais n’a pas tenu compte de notre avertissement prémonitoire : l’excès de puissance nuit à la puissance elle-même. Il n’aura qu’à s’en prendre à lui-même. »

Ainsi, indique-t-on : « A moins d’un mois des élections locales, [Gemalto] n’aurait pas encore élaboré une liste fiable à mettre à disposition de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap), chargée des opérations électorales au Gabon. D’où l’inquiétude à peine voilée des acteurs politiques nationaux, toutes obédiences confondues. La solution, estiment d’aucuns, est de repousser les élections locales au début de l’année 2014 afin de donner une marge de temps à Gemalto pour confectionner une liste électorale acceptable par tous. »

En effet, entre doublons et dysfonctionnement des machines, ainsi que cela avait été constaté par les journalistes, acteurs politique et Jean François Ndongou lui-même lors de sa tournée des centres d’enrôlement, des choses doivent être revues, à commencer par le report des élections. Il reste donc à Mme Mborantsuo et la Cour constitutionnelle de donner son avis. Ce, conformément à l’article 37 de la loi n°07/96 du 12 mars 1996 modifiée portant dispositions communes à toutes les élections politiques. Affaire à suivre.

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