Manifestation interdite de l'opposition à Libreville le 20 décembre 2014, qui a donné lieu à des heurts avec les forces de l'ordre. - Celia Lebur - AFP
Manifestation interdite de l’opposition à Libreville le 20 décembre 2014, qui a donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre. – Celia Lebur – AFP
Après la visite de la famille par le Premier ministre et quelques membres du Gouvernement le 30 décembre 2014, la famille du jeune gabonais tombé dans les émeutes du 20 décembre a décidé d’atténuer son discours, en s’attaquant non plus à l’Etat, mais à un individu inconnu qui aurait été « sous l’emprise de la drogue » au moment de poser cet acte.

Difficile de cerner aujourd’hui la posture de la famille du défunt Mboulou Beka qui au cours de son point de presse animé au domicile familial le 28 décembre 2014 à Libreville avait pointé le Gouvernement du doigt dans la responsabilité de ce qui était arrivé à leur frère, leur fils. En effet, dans leur point de presse les membres de la famille du défunt, par la voix de Christophe Ovono Allogo affirmaient que « Mboulou Beka est tombé sous les balles des Forces de l’ordre, c’était sous les yeux des membres de sa famille qui étaient avec lui, et des milliers d’autres personnes ». Dans le même temps, le porte-parole avait dénoncé le « harcèlement multiforme » et « la publicité mensongère et macabre faite autour de cet événement malheureux et le comportement choquant de la Gendarmerie, du Parquet de la République et des hommes politiques du pouvoir en place dans la gestion de la communication y relative ».

Deux jours plus tard, dans un reportage diffusé sur Gabon télévision au journal de 20H, la famille change de discours, en justifiant sa sortie médiatique par le laxisme judiciaire. Selon, Célestin Ndong Ngoua, porte-parole de la famille à la visite du Premier ministre Daniel Ona Ondo, « la famille estime que la déclaration que nous avons eue à faire n’est que la résultante du laxisme judiciaire. C’est pourquoi la famille a attendu, mais malheureusement les autorités n’ont pas pu prendre les choses en main. La famille a porté plainte contre X parce que la famille veut avoir la manifestation de la vérité. La plainte a été déposée le 29 décembre. La vérité doit être faite à travers une autopsie ».

Toutefois, sur les accusations portées contre l’Etat, le porte-parole a signifié que « si dans la déclaration nous avons parlé de l’Etat en tant que responsable, c’est parce que nous estimons que l’Etat est là pour protéger les citoyens. On n’a pas accusé l’Etat pour notre bon vouloir, mais parce qu’il est d’abord la première autorité qui protège ses citoyens. La famille ne veut pas de la récupération politique. Nous ne voulons pas que certaines personnes en profitent dans les médias, dans les réseaux sociaux pour en faire leur affaire. La famille veut faire le deuil dans la dignité et la tranquillité ».
Le porte-parole n’a pas manqué de mettre en garde les médias qui voudraient faire de la récupération « pour en faire leur buzz ».

Dorian Ondo

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