Paul-Marie Gondjout, le 3 décembre 32014 à Libreville. © Gabonreview
Paul-Marie Gondjout, le 3 décembre 32014 à Libreville. © Gabonreview
Réagissant à un article du journal Le Douk Douk mettant en doute la filiation d’Onaïda Maïsha Bongo Ondimba, son beau-père s’est insurgé, se faisant au passage l’augure du départ d’Ali Bongo du pouvoir.

C’est un couple Gondjout visiblement outragé et en colère qui est apparu, le 27 mars dernier à Libreville, après la parution, quatre jours plus tôt, d’un article de l’hebdomadaire Le Douk-Douk intitulé «Qui est le père de la fille de Chantal Myboto ?» Un papier que l’époux de Chantal Myboto qualifie d’«inepties ramassées dans le marigot pollué des arcanes du palais du bord de mer et de ceux qui l’occupent». Le journal met, en effet, en doute la filiation de la fille de l’épouse de Paul-Marie Gondjout, Onaïda Maïsha Bongo Ondimba. Un acharnement motivé par le fait qu’«en découvrant de nombreuses incohérences dans la gestion du dossier de la succession d’Omar Bongo et les dissimulations d’informations à certains héritiers, (son) épouse alors tutrice de sa fille mineure jusqu’en 2011 a décidé de la sortir de l’indivision par la voie amiable qui est une procédure tout à fait légale pour un héritier qui ne souhaite pas y rester en recevant de la succession ce à quoi il a droit».

Face au refus des aînés de la fratrie de s’accorder sur une solution à l’amiable, Chantal Myboto Gondjout s’est ainsi vue dans l’obligation de recourir à des avocats pour défendre les droits de sa fille. «N’était-ce pas normal pour une mère de protéger sa fille que de le faire ? Qui ne l’aurait pas fait pour son enfant et pourquoi refuser qu’elle accédât aux informations les plus élémentaires sur ses droits ? Que cela cachait-t-il ?», a interrogé Paul-Marie Gondjout, révélant : «Les avocats se sont ainsi rendus compte en compilant les dossiers de la succession qu’un héritier, Ali Bongo revendiquant à lui seul 25% de la succession, n’avait jusqu’à lors fourni aucun document officiel de naissance en l’occurrence un acte de naissance qui le lierait naturellement à Omar Bongo». D’où la demande faite au procureur de la République de Nantes d’obtenir du service central de l’état-civil, qui archive tous les actes de naissance des africains francophones nés avant 1960, l’acte de naissance d’Ali Bongo. «C’est ainsi qu’est apparu dans ce dossier le problème de l’acte de naissance d’Ali Bongo pour comprendre pourquoi il n’avait, six ans après, toujours pas fourni, contrairement aux autres, ses papiers de naissance après avoir promis de le faire devant notaire. Rien que ça !», a lancé le beau-père d’Onaïda Maïsha Bongo Ondimba.

Paul-Marie Gondjout s’offusque de ce que ce «journal et les mains noires derrière lui en vinssent à violer l’intimité de la mort de (son) fils et sa mémoire en se risquant à raconter d’aussi grossiers mensonges sur les circonstances de son décès».

Dans sa dernière parution en effet, Le Douk Douk affirme que Paul-Marie Gondjout ne serait pas le père biologique du fils du couple, décédé il y a 12 ans. Or, rebondit le père du disparu, «Ali Bongo, son épouse Sylvia, sa mère Joséphine, et certains de ses frères et sœurs ne sont-ils pas venus à notre domicile nous manifester leur compassion en cette circonstance ? Dois-je croire que c’était une mise en scène ? Leur père Omar Bongo en voyage en Espagne ne nous avait-il pas fait parvenir un message de condoléances pour exprimer sa solidarité avec notre deuil. Que signifie alors cette abomination macabre ?». Et Paul-Marie Gondjout de souligner que si cette polémique autour de l’héritage d’Omar Bongo perdure, «c’est parce qu’Ali Bongo Ondimba refuse de faire la lumière sur ses vrais documents de naissance. Cela empoisonne le climat politique national, il empoisonne maintenant sa vie privée dans le cadre de la succession de son père tellement sa vie publique pour ne parler que de celle-là est truffée de mensonges, contre-vérités et dissimulations».

Se refusant à intenter un procès au journal Le Douk Douk et ses responsables, l’époux de Chantal Myboto-Gondjout estime que «la mémoire de (son) fils et ce qu’il représente pour (eux) ne mérite pas qu’il soit l’objet du folklore d’une justice à qui on fait jouer le mauvais rôle». «Je ne veux pas être le juge de ce journal et de ses soutiens tapis au bord de mer. Une autre justice, une justice intemporelle et sans limite, la vraie, s’appliquera à eux», a-t-il laissé tomber, non sans déclarer que la fin du régime actuel est inéluctable : «Elle est écrite et elle se presse d’arriver», a-t-il asséné.

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