MoubambaBruno Ben Moubamba a été élu sans surprise président de l’Union du peuple gabonais (UPG) avec 94 % des suffrages au terme du 1er congrès ordinaire de cette formation politique de l’opposition, organisé du 10 au 11 avril 2015 sans son ancien secrétaire exécutif, Mathieu Mboumba Nziengui destitué de ses fonctions le 28 mars dernier par des militants remontés pour dérive autoritaire.

« La maturité des militantes et militants de notre famille politique leur a permis de garder ferme la vision de nos prédécesseurs et de garder intacte la base de nos militants malgré les 4 années d’hibernation que notre parti a connues entre 2011 et 2015 faute d’un vrai éclaireur pour nous guider vers la réalisation de notre rêve commun : la conquête pacifique du pouvoir », a déclaré M. Moubamba après son sacre. Il était réconforté à ses côtés par la présence de sa femme virginie Moubamba qui a fait spécialement le déplacement de Paris (France) pour la circonstance.

Comme première mesure, Bruno Ben Moubamba a promis l’annulation des sanctions qui frappent tous les militants. Une manière pour lui de ramener la sérénité à l’UPG. Deux représentants des Etats Unis et de la France ont été présents tout au long dudit congrès qui a fini à 21h45mn.

Bruno Ben Moubamba avait en face de lui deux autres candidats dont l’influence est moins importante dans le parti. Tels des figurants, les candidats malheureux (Jules Boussougou et Jean de Dieu Moughiama) ont obtenu respectivement chacun 3% et 1%. Le collège électoral était de 250 délégués venus des 8 fédérations du parti.

L’élection de Bruno Ben Moubamba a été supervisée par le Cabinet d’huissier de justice Mba Menié. Elle semble mettre fin à la crise de leadership née au lendemain de la mort du président fondateur de l’UPG, l’opposant Pierre Mamboundou le 15 octobre 2011.

Le secrétaire exécutif Mathieu Mboumba Nziengui en sa qualité de 2ème personnalité du parti sur le plan protocolaire s’était arrogé la première place. Toute chose qui avait suscité l’ire des autres cadres. C’était le début la dissidence qui a morcelé le parti. Il y a d’un côté ‘’L’UPG-Légalistes’’ dirigée par M. Mboumba Nziengui et celle dite ‘’UPG-Loyalistes’’ conduite par Jean de Dieu Moukagni Iwangou, ancien conseiller juridique de Pierre Mamboundou. Selon les dissidents, les statuts et règlement intérieur ayant été muets sur la succession du président du parti le « consens » devrait prévaloir.

Le congrès de l’UPG-Légalistes complique davantage la situation car Mboumba Nziengui n’admet pas sa destitution. Il a porté plainte au tribunal contre les actions de Bruno Ben Moubamba qu’il accuse d’avoir perpétré un putsch pour le chasser du parti.

Au Gymnase d’Oloumi de Libreville où le congrès a été organisé, environ un millier de militants étaient présents. Une seule fausse note, l’absence de la veuve Augustine Mamboundou, conseillère municipale de Ndendé comme M. Moubamba. Mme Mamboundou soutiendrait Mathieu Mboumba Nziengui, ex bras droit de son défunt époux.

Sydney IVEMBI

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