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Baltimore, M. Obama invite les Etats-Unis à « un examen de conscience »

Barack Obama
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Barack Obama a apporté son soutien aussi bien à la famille de Freddie Gray qu’aux policiers blessés lors des affrontements que rien ne justifie à ses yeux, mardi 28 avril, à l’occasion d’une conférence de presse avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe, en visite aux Etats-Unis.

Les émeutes qui ont enflammé une partie de la ville de Baltimore (Maryland), lundi 27 avril au soir, après la mort dans ces circonstances encore non élucidées d’un jeune Afro-Américain de 25 ans, Freddie Gray, alors qu’il était aux mains de la police, ont poussé le président des Etats-Unis, Barack Obama, à s’exprimer pour la première fois sur le sujet mardi à l’occasion d’une conférence de presse avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe, en visite aux Etats-Unis. Arrêté le 12 avril, Freddie Gray est mort de ses blessures une semaine plus tard ; ce qui a entraîné une série de manifestations pacifiques pour demander la vérité sur les circonstances de sa disparition puis des émeutes, lundi.

Premier président afro-américain du pays, M. Obama s’est souvent gardé de mettre en avant son histoire personnelle dans ses prises de positions sur des affaires de violences policières visant des Noirs. Mardi, il s’en est tenu à cette ligne en apportant son soutien aussi bien à la famille de la victime qu’aux policiers blessés lors des affrontements que rien ne justifie à ses yeux, précisant que les émeutiers devaient être traités « comme des criminels ». Le président des Etats-Unis a également insisté sur le fait que, selon lui, la multiplication de cas similaires depuis les événements de Ferguson, en août 2014, s’inscrivait dans le cadre d’une « longue crise larvée ». « Il n’y a rien de nouveau et personne ne doit prétendre que ça l’est », a-t-il assuré.

Mais le président, qui a demandé aux forces de police de faire le ménage dans leurs rangs sur la question « troublante » de leurs relations avec la communauté afro-américaine, est allé plus loin, en décrivant longuement les véritables bombes à retardement sociales que constituent les quartiers laissés à l’abandon où surviennent généralement les violences policières et les émeutes. Au terme de la description particulièrement sombre de ce tableau, M. Obama en a appelé à « un examen de conscience » du pays tout entier.

Le hasard a voulu que la nouvelle procureuse générale des Etats-Unis, Loretta Lynch, prenne ses fonctions le jour même des funérailles de Freddie Gray. En tant que procureuse de l’East District de New York, la magistrate s’était illustrée à la fin des années 1990 dans l’affaire Ebdner Louima, un émigré haïtien victime de violences policières dont les responsables avaient été sanctionnés par la justice. Afro-Américaine, comme son prédécesseur Eric Holder, Mme Lynch est désormais en première ligne pour les affaires de ce type, même si elle doit également compter avec les institutions des Etats et avec un système judiciaire très protecteur vis-à-vis des forces de police.

Par Gilles Paris (Washington, correspondant)
Le Monde.fr Le 28.04.2015 à 22h55 • Mis à jour le 29.04.2015 à 00h07

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