Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba a reçu jeudi, à Libreville, le document des mains du président du comité de gestion de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS), Etienne Massard Kabinda, qui a fait un état des lieux de la gouvernance environnementale au Gabon lors de la 4ème réunion du Conseil national sur les changements climatiques.

« Cette 4ème réunion du conseil national (climat), marquée par la remise du document relatif à la situation de l’affectation des terres dans notre pays, est l’occasion pour moi de dresser le bilan de notre contribution à la lutte contre les changements climatiques et surtout intégrer les nouvelles orientations qui doivent nous guider pour les prochaines années », a déclaré Ali Bongo Ondimba lors de cette réunion qui intervient à 11 jours de la Conférence de Paris sur les changements climatiques prévue du 30 novembre au 11 décembre prochain dans la capitale française.

« Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, nous disposons d’une base de données qui rassemble les informations les plus utiles sur la répartition territoriale », a-t-il vanté saluant « ce travail collectif réalisé par nos administrations publiques et privées », précisant que ce plan constitue un outil d’aide à la décision.

Le chef de l’Etat a appelé la construction d’un mécanisme intersectoriel de prise de décision, avant d’instruire le Premier ministre, Pr. Daniel Ona Ondo de mettre en œuvre le cadre juridique.

A moins de deux semaines de l’ouverture de la COP 21, le président a réaffirmé le soutient du Gabon à « toutes les initiatives en direction de la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre », indiquant que les pays industrialisés doivent soutenir les efforts en la matière à travers les transferts de technologies en Afrique et promouvoir la production des énergies propres.

« Nous allons affirmer notre décision de faire partie de la solution », a martelé le président gabonais, signifiant à la représentation diplomatique présente à cette réunion que « la mutualisation des moyens est gage de succès ».

Le Plan national d’affectation du territoire (PNAT), contenu dans un document de 240 pages, a d’abord consisté à collecter les données existantes sur les activités dans neuf secteurs principaux d’exploitation de l’espace (le pétrole, les mines, les forêts, l’agriculture et l’élevage, l’eau et l’énergie, la préservation et la conservation, les infrastructures des transports, l’habitat urbain et le domaine rural, la défense) avant de faire des projections qui prennent en compte les objectifs du plan stratégique Gabon émergent (PSGE), secteur par secteur.

L’objectif étant de « rationaliser l’utilisation de l’espace terrestre et maritime gabonais, afin de mettre en valeur les potentiels et les possibilités que l’espace concerné » sur 517 997 km², indique le document.

Pour sa part, Etienne Massard Kabinda a fait un état des lieux de la gouvernance environnementale depuis 1960. Il a souligné un engagement précoce du Gabon à préserver l’environnement avec la création, dès 1960 d’un fonds forestier et en 1972 d’un ministère de la Protection de l’environnement.

Dans cette perspective, en 2002 ont été créés 11 parcs nationaux, représentant près de 11% du territoire national et la mise en œuvre d’un plan climat instigué par l’actuel chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba au sortir de la conférence de Copenhague (Danemark).

Malgré, un faible impact de carbone et un taux de déforestation très bas, M. Massard a fait la démonstration, tableau à l’appui que le Gabon est un des plus grands pollueurs au monde par tête d’habitant.

Par ailleurs, Marc Ona, activiste très connu et coordonnateur de l’ONG environnementale BrainForest, a estimé que la problématique des changements climatiques est tellement complexe, qu’il fallait associer à la confection de ce plan un plus grand nombre d’experts.

Il a, en outre, émis quelques réserves sur les émissions qui font du Gabon un des plus grands pollueurs, critiquant aussi l’idée de préserver les savanes pour une agriculture en zone forestières, avancée par M. Massard.

Selon les chiffres réactualisés par ce plan, le couvert forestier représente désormais 88% du territoire, soit 23,7 millions d’hectares de forêt, au lieu des 22 millions d’hectares comme l’indiquent de nombreux documents.

Les savanes représentent désormais 8% du territoire, soit 2 millions d’hectares, selon le document actualisé.

Créé en 2010, le Conseil national climat a pour objectif l’élaboration et l’orientation stratégique de la politique nationale en matière de changements climatiques.

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