Les câblodistributeurs de la chaîne Sikka TV émettant depuis le Bénin ont été sommés d’interdiction de diffusion sur le bouquet Satcon. Ironie du sort, à la demande express du Conseil national de la communication du Gabon (CNC). Pour avoir affirmé ce qui se susurre dans tous les recoins de Libreville, la mainmise et le contrôle du pouvoir présidentiel par le querellé directeur de cabinet d’Ali Bongo, Maixent Accrombesi, béninois naturalisé récemment gabonais.

Réuni en séance plénière le 26 janvier 2016, l’organe de régulation a décidé de sanctionner la chaîne de télévision béninoise, propriété de l’homme d’affaires béninois Sébastien Adjavon, pour avoir véhiculé des propos jugés injurieux contre le président gabonais Ali Bongo.

« Face à cette situation, le Cnc demande à Canalsat, Satcon et TNT le retrait de cette chaîne de leurs bouquets »,indique le communiqué publié par le régulateur. Tout est parti de l’émission-débat « Angle de vue » diffusée sur Sikka Tv le 20 janvier dernier. Au cours du programme, 2 journalistes béninois ont affirmé qu’au Gabon, le président de la République, Ali Bongo, qui est au service de son directeur de cabinet, le Béninois Maixent Accrombessi. Les 2 panélistes faisaient allusion à l’influence supposée de leur compatriote sur le président gabonais.

Pour le Cnc, il s’agit de « propos discourtois et injurieux ». Le régulateur a interdit la chaîne béninoise Sikka Tv sans indiquer la durée de la sanction. C’est tout le contraire de la peine infligée à l’hebdomadaire satirique « La Griffe » paraissant à Libreville. Le journal satirique à la solde du pouvoir est suspendu pour un mois, après avoir traité l’opposant Léon Paul Ngoulakia de « bâtard » et « mythomane », dans son édition du 15 janvier.

Dans cette publication sus-mentionnée, nous comparions déjà le DC d’Ali Bongo à Grigori Efimovitch Raspoutine, ce personnage débauché, mystique, influent auprès du tsar Nicolas II et de son épouse, et qui aurait précipité la chute de la dernière famille impériale russe avec l’arrivée au pouvoir des bolchéviques et le parcours de Maixent Nkani Accrombesi.

La polémique sur l’action du DC du palais du Bord de mer est sujet à discussion et à moult débats dans l’opinion gabonaise. D’ailleurs, l’article de la rédaction indiqué plus haut s’interrogeait déjà à juste titre de la puissance réelle de Maixent Nkani Accrombessi sur le pouvoir politique de Libreville.

Celui que le personnel du Palais présidentiel appelle allègrement « DC », le tout puissant directeur de cabinet de la Présidence gabonaise, joue un rôle prépondérant dans l’action politique d’Ali Bongo. Même si, toujours est-t-il que le mystère qui entoure son arrivée au Gabon, son ascension et les présumés pouvoir mystiques dans l’initiation au Vaudou sont jalonnés de zones d’ombres.

En somme, laisse à croire que la liberté de la presse et d’expression demeurent une épine dorsale pour Ali Bongo et tous les tenanciers du pouvoir politique gabonais. Ces interdictions abusives, peines de parutions et de diffusion confirment le classement de Reporter sans frontière (RSF). Qui évaluait le Gabon parmi les pays où la liberté de la presse et d’expression sont en chutes vertigineuses. En 2015, RSF qui milite pour la liberté de l’information classait déjà le Gabon au 95ème rang de son classement mondial de la liberté de la presse, sur 180 pays évalués.

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