A l’occasion de la célébration, le 9 février courant, de la première édition de la Journée internationale de l’épilepsie, quelques pistes pour comprendre une «maladie de la honte», soumise aux préjugés.

Jusque-là célébrée en Europe tous les deuxièmes lundi du mois de février, avant son internationalisation en 2015, la journée dédiée à l’épilepsie a été initiée en vue de sensibiliser et éduquer le public. Cette maladie qui touche 50 millions de personnes à travers le monde, selon la Ligue française contre l’épilepsie (LFCE), est, avec le Sida et la lèpre, l’une des «maladies de la honte», dont les véritables réalités échappent encore aux populations.

En Afrique subsaharienne, où une étude de l’Université de Limoges (2015) révèle que la prévalence de l’épilepsie de l’enfant varie de 2 à 297‰, avec une incidence de 17 à 930 / 100 000 personnes-années, cette maladie fait face à des préjugés. Au Gabon, elle est souvent perçue comme le fait de la sorcellerie. La fréquence des crises chez un individu est le plus souvent l’occasion pour ses proches de s’en éloigner. Les épileptiques sont bien souvent rejetés, mis au ban de la société, sans soin ni suivi. Or, selon les spécialistes, les symptômes observés lors des crises ne sauraient être le fait de la sorcellerie, tout comme ils ne disent pas tout de la maladie. Loin s’en faut.

L’épilepsie traduit avant tout un dysfonctionnement neurologique. Alors qu’elle est devenue synonyme d’angoisse, l’épilepsie est une affection chronique du cerveau dont les causes sont multiples, allant de l’hérédité, la prédisposition due aux maladies auto-immunes à l’exposition prénatale à l’alcool. L’épilepsie se caractérise notamment par des crises récurrentes se manifestant par de brefs épisodes de tremblements involontaires touchant tout ou partie du corps. Ces crises résultent de décharges électriques excessives dans un groupe de cellules cérébrales. Si en France l’on assure que la thérapie par stimulation du nerf vague (SNV) peut apporter une réponse efficace pour des cas précis, en Afrique et au Gabon en particulier, le succès contre cette maladie passe nécessairement par une victoire contre les préjugés et idées reçues.

Parmi les indications permettant de faire face à la maladie, les médecins recommandent l’exercice physique, contrairement aux croyances et a priori. L’activité physique déclenche dans le cerveau des processus qui réduisent le risque de survenue des crises d’épilepsie. «On sait que, par exemple, on augmente dans le cerveau les hormones qui font qu’on a cette espèce de bien-être de temps en temps au cours de la pratique d’un sport et cela a probablement des effets anti-crise d’épilepsie. Il y a moins de crises, souvent elles sont moins sévères. Et chez certains patients, cela va améliorer des troubles qui vont accompagner l’épilepsie : des troubles anxieux, dépressifs, du sommeil», a expliqué au site de Francetvinfo le Dr Gilles Huberfeld, neurologue à l’Hôpital La Pitié-Salpêtrière à Paris. Comme quoi, le premier remède est véritablement la lutte contre les croyances.

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