L’Alliance pour la Renaissance Nationale (ARENA) parti politique de l’opposition présidé par l’économiste statisticien Richard Moulomba Mombo, ancien technocrate secrétaire général de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), fidèle dissident du défunt opposant historique Pierre Mamboundou, a adoubé la candidature de Jean Ping pour la présidentielle de 2016, à l’occasion d’une conférence de presse organisée mercredi à la chambre de commerce de Libreville.

Devant un parterre d’invités, membres de la société civile, de l’opposition et en présence des cadres de son parti, Richard Moulomba Mombo président de l’Alliance pour la Renaissance Nationale (ARENA) a « donc décidé de faire le choix de la raison, au détriment de celui du cœur qui aurait voulu nous voir nous-mêmes candidat. Notre soutien définitif sera apporté pour cette présidentielle 2016 à Monsieur Jean Ping, » a-t-il déclaré.

Tout en expliquant sa démarche et le fondement de ce choix politique : « Desmond Tutu disait que se taire devant une situation d’injustice, c’est prendre le parti de l’oppresseur. L’ARENA ne saurait donc être absent à cette confrontation électorale majeure pour notre pays, bien que n’étant pas candidat. Comme nous l’avons dit plus haut, nous avons scruté parmi toutes les candidatures, connues et potentielles, analysé toutes les hypothèses y relatives pendant plusieurs mois. Nous y voilà. L’ARENA vous a librement choisi, parmi tant d’autres pour être son porte étendard lors de la prochaine présidentielle. Nous prenons rendez- vous avec l’histoire, ici et maintenant, en scellant avec vous un ferme engagement de dévouement au service exclusif du peuple gabonais. Je ne viens pas soutenir un homme, pour un remplacement numérique à la tête de l’Etat. Mais plutôt pour un véritable changement dont a besoin notre peuple. »

Pour le président de l’ARENA, « Je ne viens pas soutenir un homme, nostalgique de son passé Bongoïste, prêt à ressusciter ce système dès que l’occasion de la gestion du pouvoir au sommet lui est donnée, en réaménageant les murs d’une maison gaspillée par un enfant incorrect appelé Ali Bongo, ainsi qu’en construisant quelques chambres supplémentaires pour les nouveaux arrivants comme Moulomba Mombo. Je viens soutenir un homme qui tient à l’ensemble de ses engagements ! Je vais m’atteler à vous soutenir tout au long de cette campagne, et à y mettre mon entière énergie, ainsi que celle de toutes les entités positives, visibles et invisibles, qui m’accompagnent au quotidien. Toutefois, si vous changez, notamment comme président de la République élu, parce que le pouvoir enivre quand on en fait mauvais usage, alors vous me compterez parmi vos plus farouches opposants.. »

L’économiste gabonais, formateur et pédagogue hors pair en sciences de gestion a expliqué ce qui l’a conduit à faire ce choix en ces termes : Votre poignant mea-culpa m’a particulièrement marqué tout au long de nos négociations communément menées, je vous cite : « Chers compatriotes, est-il besoin de rappeler qu’en dehors de quelques figures, l’opposition gabonaise est majoritairement composé de personnes qui, pour la plupart, et quel que soit leur âge, sont responsables, par leurs actes, par leurs paroles ou par leurs silences du chaos actuel de notre pays. En le disant, j’y prends toute ma part. C’est pour cela que je comprends notre engagement comme une voie de rédemption ; oui, une voie de rédemption pour chaque homme et chaque femme qui a contribué volontairement ou involontairement, par action ou omission, à créer le monstre que nous décrions et combattons aujourd’hui. Oui, mes frères et sœurs, ce monstrueux système est aussi bien malheureusement notre bébé. Nous devons, pour nous faire pardonner des générations actuelles et futures, pour être en paix avec Dieu et avec les mânes de nos ancêtres, réparer notre faute. Réparer notre faute passe obligatoirement par un engagement fort et sincère à casser ce que nous avons tous contribué à construire ».

Selon le président de l’ARENA : « De tels propos, remplis d’humilité et de courage, que je considère comme des engagements et des promesses, constituent incontestablement une force pour vous-même. J’y entrevois la détermination d’un homme conscient de sa responsabilité devant l’histoire. Un homme qui ne nie pas son passé ; bien au contraire, un homme qui l’assume en même temps qu’il regrette quelques uns de ses aspects. Vous êtes sur le chemin de l’humilité, celui emprunté par tous les grands hommes, avant vous. À l’image de Saül, qui, sur le chemin de Damas, répondit à l’appel de Dieu, en se repentant publiquement de ses fautes. Il devint par la suite l’un des plus grands serviteurs du Christ. Saül est mondialement connu sous l’appellation de l’apôtre Paul. La repentance apparait ici comme un impératif catégorique, comme un rituel et un préalable nécessaire pour davantage entraîner les compatriotes encore sceptiques. »

Avant d’ajouter optimiste, « qu’il nous appartient, désormais, de poursuivre ensemble le travail entamé depuis plusieurs mois en direction de toutes les couches de la population, afin de nous conduire, comme Moise avec les siens, à Canaan, la terre promise. Vous devez nous conduire vers un autre Gabon ! Un Gabon plus juste envers tous ; un Gabon où la réussite sociale ne sera plus tributaire de nos origines sociales, ethniques ou provinciales ; un Gabon où l’appartenance à une faction ne déterminera plus notre sort ; un Gabon où l’ascenseur social ne sera plus bloqué au rez- de- chaussée pour les uns, pendant qu’une minorité, bon an mal an, va et vient en toute insouciance dans les étages supérieurs ; un Gabon où la véritable égalité des chances sera inscrite en lettres d’or dans le marbre de notre corpus social. »

L’opposant a dit tout son bien sur l’espérance qu’il porte au peuple gabonais, « J’ai foi en Dieu, j’ai confiance en mon pays et en ses enfants. J’ai l’intime conviction que des jours meilleurs attendent le peuple gabonais. Le Gabon est un pays qui a vocation à la prospérité. Pour y arriver, nous devons avoir le courage de nous attaquer à notre modèle social et politique, parasité de toutes parts. Il nous faut purger notre tissu social de ses nombreuses impuretés, pour aboutir à sa refondation. Nous avons à trouver l’équilibre nécessaire entre progressisme et conservatisme. La renaissance du Gabon est aussi à ce prix. La jeunesse crie sa colère de devoir passer les meilleures années de sa vie dans un carcan de pauvreté, quand tout le prédispose au bonheur. Etre prisonnier n’est déjà pas facile, mais l’être au paradis est une curiosité. »

Riachard Moulomba dans son adresse a procédé à un diagnostic amer de la gouvernance d’Ali Bongo, pour lui, « Notre pays s’est enlisé sous l’effet conjugué d’une équipe dirigeante à l’appétit financier et politique gargantuesque et d’un « bourbier » sociopolitique et économique créé par elle. Cette situation inédite commande la mobilisation de tout le peuple de l’opposition, élargie à tous ceux qui, quoi qu’au PDG, dans la majorité présidentielle ou dans la société civile, ne supportent plus les errements du pouvoir incompétent à la tête de notre pays. Dans ce contexte, il n’ya point de places pour les « collabos », les pleutres et les neutres. Il n’y a point de places pour le boycott qui, ni par l’histoire de luttes des peuples ni par la science, n’a démontré une quelconque efficacité ; sauf à ouvrir une grande porte à son adversaire. »

C’est pourquoi a-t-il décrié, « Assister sans mot dire au désastre programmé du Gabon, est un acte de capitulation intolérable, voire de complicité passive. Les cris stridents du peuple gabonais ne peuvent nous laisser indifférents. Notre sort n’est pas irréversible. Il faut y croire et se donner les moyens. Car, comme le disait feu Thomas Sankara, « l’esclave qui ne veut pas se libérer de ses chaines, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». C’est pourquoi, à ce stade de mon allocution, j’invoque du haut de cette tribune, les mânes de nos ancêtres, ainsi que les âmes agissantes et éternelles de dignes fils du Gabon afin qu’elles s’unissent à nous, pour libérer la mère patrie du joug du despote. »

M. Moulomba par devoir de mémoire, a tenu à rendre hommage aux fils qu’il a qualifié de dignitaires de la nation gabonaise, dont il demande d’apporter leur aide et assistance contre le totem du mal personnifié (parlant d’Ali Bongo). Entre autre, les feux Léon Mba Minko, Jean-Hilaire Aubame, Jean-Jacques Boucavel, René-Paul Souzate, Paul-Marie Yembit, Paul Indjendje Gondjout, Jean Stanislas Migolet, Alexandre Biangue, Eugène Amogo, Germain Mba, Ndouna Depeneaud, Simon Oyono Aba’a, Joseph Rendjambe, Pierre-Louis Agondjo Okawe, Capitaine Mandza, Martine Oulabou, Doukakas Nziengui, Pierre-Claver Zeng Ebome, Pierre Mamboundou Mamboudou, Grégory Ngwa Mintsa, Mboulou Beka. Et les vaillants guerriers, Wongo, Mavouroulou, Mbombe, Emane Ntole, Oyone Mintsa

Le président de l’ARENA dans une tonalité religieuse a finalisé sa déclaration en invoquant l’aide d’une force céleste divine : « Je demande également à toutes les âmes innocentes, qui sont là pour certaines, sacrifiées à diverses fins, souvent fétichistes ou magiques, et qui crient vengeance, de se mettre en route. Je voudrais à présent demander au plus haut d’entre tous, arbitre internationale de classe exceptionnelle, de faire retentir les cloches célestes afin que s’accomplisse les desseins de Dieu pour le Gabon. « …oui, que le temps heureux, rêvé par nos ancêtres, arrive enfin chez nous, réjouisse les êtres… »

« J’implore enfin, Dieu, le créateur de toute âme, de tout corps et de toute chose, d’activer, d’une part, le levier de vérité afin de réinsérer le Gabon dans son plan originel et, d’autre part le levier de justice afin de délivrer le Gabon et ses enfants des affres d’un système et d’un pouvoir à bout de souffle et prêts à tout pour se maintenir. Qu’il lui plaise de bénir notre beau pays, le Gabon. » a-t-il conclu.

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