Le Dr. Daniel Mengara à la Chambre de Commerce de Commerce de Libreville le 14 août 2015

Mes chers compatriotes.

Attention : Aucune révolution au monde ne s’est jamais faite en restant au Nkama.

Dans l’idée DTE, rester au Nkama fait forcément partie de la stratégie. C’est une tactique. Mais tactique… dans le cadre d’une « guerre totale ».

Oui, le Gabonais restera au Nkama quand ses leaders lui diront de rester au Nkama.

Notamment :

1) Quand, en effet, ses leaders des Mapanes, Pivots et Bangandos, comme Zibi Abeghe Bertand, comme le Général des Mapanes, lui diront de ne plus aller aux meetings des Bongo-PDG ; c’est bien.

2) Quand, en effet aussi, ses leaders, par la bouche de gens comme Marcel Libama et autres syndicalistes, Luc Bengono Nsi, Albert Ondo Ossa, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, et tous les autres, lui diront de ne plus aller travailler en vue de l’asphyxie économique du dictateur et de tout ce qui nourrit financièrement son système.

Mais il faut surtout se garder des euphories. Il faut surtout se garder de faire croire aux Gabonais, comme en 2009 :

1) que c’est en restant uniquement au Nkama qu’on abattra le crapaud ;

2) que c’est en abandonnant la rue aux Bongo que l’on réussira cette révolution.

Il n’y a aucune stratégie gagnante dans le simple fait de rester, comme en 2009, au Nkama. Il n’y a aucune stratégie gagnante dans le simple fait de croire qu’une dictature s’écroulerait d’elle-même uniquement parce qu’un Peuple sera resté au Nkama.

Non.

Tous les chemins de la fin du règne des Bongo passent par… la RUE, la confrontation, la BAGARRE, mano a mano s’il le faut.

Et parce que la RUE est un passage obligé, obligatoire et mathématique, il ne faut surtout pas attendre au soir du 27 août pour l’ORGANISER. Il ne faut plus, après les leçons de 1991, 1993, 1998, 2005, 2009, IMPROVISER la RUE.

Le 27 août au soir, il sera trop tard, le dictateur aura déjà proclamé sa victoire.

Le 27 août au soir, il sera trop tard parce que, en restant au Nkama, en cédant la rue aux Bongo, les Gabonais auront :

1) permis au dictateur d’être candidat ;

2) permis à l’élection de se tenir ;

3) permis à la prostituée de la République de valider un autre forfait électoral, un autre acte de haute trahison, là où les actes de naissance contradictoires, pourtant, font foi de la fraude, de l’inacceptable ;

4) permis à la France de venir dire que l’élection qui se sera tenue le 27 août 2016 aura, certes, eu des manquements, mais était, somme toute acceptable et TRANSPARENTE parce que, comme quoi, les Gabonais eux-mêmes auront abandonné la RUE aux Bongo en restant au Nkama ; que certes, il y a eu 95% d’abstention, mais parmi les 5% qui sont VRAIMENT allés voter, quand-même, tout s’est passé dans la transparence parce qu’Ali Bongo, qui n’a même plus eu besoin de bourrer les urnes, a gagné 90% de ces 5% qui ont voté, les Gabonais ayant choisi de rester au Nkama.

Et comme ce n’est pas l’abstention qui fait rougir les Bongo, eh bien, on va encore faire comment ?

– Non. Il ne faut pas céder la RUE à Ali Bongo.

– Non. Il ne faut pas permettre à Ali Bongo d’être candidat.

– Non. Il ne faut pas laisser l’élection se tenir avec Ali Bongo toujours au pouvoir.

– Non. Il ne faut pas une seule seconde penser que la solution réside dans le rester au Nkama en laissant l’élection se tenir avec Ali Bongo toujours au pouvoir, avec Ali Bongo comme candidat, avec le système Bongo/PDG organisant unilatéralement l’élection dans le cadre d’un système à un tour, avec la Constitution actuelle, avec la CENAP actuelle, avec la Cour Constitutionnelle actuelle, avec l’Assemblée nationale manioc actuelle, comme guides.

Non.

Non. Il ne faut plus se contenter d’avoir des présidents élus du PNUD qui ne changent jamais rien. Qui ne prennent jamais le pouvoir.

Non. Il ne faut pas rester au Nkama, comme en 2009. Le pouvoir ne se prend pas du Nkama.

Non.

Attention.

Non.

La solution ne se trouve pas au Nkama. Elle ne s’y est jamais trouvée. Le Nkama est une étape. Il n’est pas le moyen. Le nkama, c’est bien. La RUE, c’est mieux. Quand on veut prendre le pouvoir.

La solution se trouve dans la RUE, quand on veut prendre le pouvoir. Par la force démocratique de la RUE. Comme en Tunisie. Comme au Sénégal. Comme au Burkina. Comme aux Amériques des Martins Luther King et aux Indes des Gandhi.

Comme aux Afriques du Sud des Nelson Mandela.

Attention. 1991 : On vous a demandé de rester au Nkama. 1993 : On vous a demandé de rester au Nkama. 1998 : On vous a demandé de rester au Nkama. 2005 : On vous a demandé de rester au Nkama. 2009 : on a même financé votre enfermement au Nkama, 400 millions de F CFA à l’appui, soit disant parce qu’on ne voulait pas verser le sang des Gabonais.

On connaît le résultat.

Je veux bien y croire, au nkama. A une stratégie du nkama qui se ferait hors de la rue, qui ne s’intégrerait pas dans une stratégie de la RUE.

Mais je dis : allons-nous encore nous permettre la naïveté ? Même en 2016 ?

On connaît le résultat. Il est connu d’avance. Il a toujours été connu d’avance.

Non.

Attention.

J’ai dit. Comme d’habitude. On me dira que je parle trop. Que je suis loin du Gabon. Que je n’ai aucune valeur dans la politique nationale parce que je parle de loin avec mon coca dans la main droite et mon hamburger dans la main gauche. Que je suis un opposant du clavier. Que je ne vaux rien. Que ma seule valeur ne s’affirmerait que si je descends sur le terrain au Gabon respirer les lacrymogènes avec les autres, pour montrer que, moi aussi, je suis courageux. Qu’on est fatigué des discours.

Soit. J’accepte. Mais je dis tout de même, et je persiste et signe, en disant, comme je le dis maintenant depuis 18 ans d’opposition :

Eéééééé a mane Gabonais. A mane Gabonaise. L’adversaire est sophistiqué. Malin. Extrêmement malin. Extrêmement sophistiqué. Il connaît bien son Peuple. Ce Peuple désespéré. Ce Peuple traumatisé. Ce Peuple que nous sommes.

Engongol.

Attention.

Dr. Daniel Mengara
Président, Bongo Doit Partir-Modwoam

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey 07052, USA
Tél. : 973-447-9763
https://www.noussommesla.org

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