Au Gabon, les tractations en vue d’un dialogue national voulu par Ali Bongo ont commencé depuis lundi 14 novembre, mais l’opposant Jean Ping refuse de négocier avec le chef de l’Etat qui prépare son propre dialogue. Certains membres de l’opposition ne respectent pas totalement le mot d’ordre comme Casimir Oye Mba, ancien Premier ministre.

L’ancien candidat à la présidentielle, finalement rallié derrière Jean Ping, Casimir Oye Mba propose une autre option : un troisième dialogue qui ferait la synthèse de ceux de l’opposition et du pouvoir. Pour lui, l’opposition n’a pas le choix si elle veut voir ses propositions se concrétiser. Pour l’ancien Premier ministre, son alliance avec Jean Ping ne veut pas dire toujours partager la même approche.

Une prise de position totalement assumée, mais qui fait grincer quelques dents. Pour Paul-Marie Gondjout, ces propos sont « gênants ». Le secrétaire exécutif adjoint de l’Union nationale estime que l’ancien candidat à la présidentielle « prend une position contraire au mot d’ordre officiel. Ce que les Gabonais ne comprennent pas ».

Selon lui, on ne peut pas parler avec Ali Bongo, qui a commis des fraudes et des crimes. Paul-Marie Gondjout estime que Casimir Oye Mba « doit donc en tirer les conséquences ». « Je ne demande pas d’exclusion, mais qu’au moins il soit recadré », dit-il.

« Sa proposition a déjà été débattue »

« Je ne suis pas surpris », ajoute Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. Le membre de l’Union nationale explique que Casimir Oye Mba a toujours eu une parole libre sauf que, « sa proposition a déjà été débattue au sein du parti, et rejetée ».

Alexandre Barro Chambrier aimerait que Casimir Oye Mba précise sa pensée. Car pour le chef du mouvement Héritage et Modernité, on ne peut parler à Ali Bongo que s’il reconnaît la victoire de Jean Ping. D’après lui, la priorité est que l’opposition reste unie. La période est en effet sensible. Les législatives sont prévues en décembre et les appels du pouvoir pourraient déstabiliser une coalition d’opposition formée il y a seulement trois mois.

De son côté, Jean Ping doit bientôt rentrer de l’étranger. En attendant, son directeur de cabinet conclut : « On s’en tient à la décision de ne pas dialoguer. Le reste ne nous importe pas. »

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