Dr. Daniel Mengara, Président du mouvement "Bongo Doit Partir-Modwoam"

Chers compatriotes, le scandale est lourd. Insupportable. Les Bongo sont une vraie malédiction pour le Gabon, et il faut en finir.

Que les cœurs faibles s’abstiennent de lire ce qui suit.

J’ai déjà, à plusieurs reprises, dit mon amour pour les raisonnements mathématiques. Etant avant tout littéraire, ce paradoxe du cerveau littéraire amouraché du raisonnement mathématique ne devrait pourtant étonner personne : La mathématique a cette inégalable faculté de simplifier les choses les plus complexes pour en faire un tout cohérent qui soit simple et, donc, intellectuellement absorbable par le cerveau du commun des mortels.

Lier les points entre eux, c’est aussi être capable de décrypter les non-dits dissimulés dans les révélations généralement fracassantes du fameux documentaire de France 2 (Complément d’enquête : « Le clan Bongo : une histoire française ») diffusé ce 6 juillet 2017 pour en faire des données compréhensibles par la majorité des Gabonais.

Outre la question de la fabrication du diplôme de baccalauréat d’Ali Bongo obtenu comme une faveur faite à papa Bongo par les plus hautes autorités de la République française, parmi les révélations de France 2 se trouve le fait que la famille Bongo se réservait jusqu’à 18% des recettes pétrolières du Gabon à l’époque d’Elf-Gabon (mais rien ne nous permet de penser que cette habitude ait cessé vu que le Gabon, pays où ceux qu’on appelle « présidents » sont rois, ne fut jamais Etat de droit à l’époque d’Elf, et il ne l’est toujours pas aujourd’hui).

Il faut, pour bien comprendre, et surtout absorber sans risque d’infarctus, l’ampleur de cette ponction et mainmise familiale sur le patrimoine pétrolier national, mettre les choses dans leur propre perspective. Et pour bien quadriller l’ampleur de cette ponction, procédons par étapes logiques en identifiant les faits saillants qui en ressortent, ce qui nous permettra de mieux illuminer le scandale.

FAIT 1 : Le documentaire de France 2 a révélé que la famille Bongo recevait d’Elf-Gabon 18% des recettes pétrolières gabonaises produites par cette compagnie. De ces recettes, la compagnie française gardait 57%, laissant à l’Etat gabonais les 25% restant. Bien.

FAIT 2 : Attention. Maintenant, souvenez-vous : Ceux qui ont mon âge et, donc, sont nés dans les années 1960 ont grandi avec la notion très répandue au Gabon, sans pouvoir jamais le prouver, que la France exploitait indûment les Gabonais en prenant 75% de nos recettes pétrolières pour ne laisser aux Gabonais que 25% . Voilà que, soudain, grâce à ce documentaire, cette rumeur, que dis-je, ce mythe massivement colporté par les Bongo pendant 50 ans—pour dissimuler leur forfait contre la nation—vient de voler en éclats : La France n’a jamais pris 75% de nos richesses pétrolières. C’est, en réalité, dans la poche personnelle des Bongo que se perdait la richesse nationale des Gabonais. Si, en effet, la mathématique pétrolière du Gabon sous le régime Elf-Bongo dans ce documentaire fait bel et bien état d’une ponction de 75% (57%+18%=75%), ces 75% ne sont cependant pas du ressort exclusif de la France. 18% de ces 75% allaient, dans le secret le plus total, aux Bongo, complétant ainsi l’équation qui faisait encore défaut aux Gabonais quand ils se posaient la question de savoir ce qui était réellement fait des richesses du Gabon dont tout le monde parlait, mais qu’on ne voyait jamais nulle part dans les rues et les maisons du Gabon !

Je trouve, en réalité, qu’Elf-Gabon, en prenant juste 57% des recettes pétrolières produites par ses soins, du moins officiellement, était dans ses bons droits, voire même généreux envers le Gabon (Je ne suis cependant pas naïf car on pourrait longuement disserter sur le pourquoi de cette générosité). Quand on comprend bien le capitalisme et ses mécanismes, il serait inacceptable qu’une compagnie qui finance un projet pétrolier dans son entièreté (depuis la recherche des gisements jusqu’au forage et à la commercialisation) se retrouve à récupérer des profits minoritaires face à un Etat ou partenaire n’ayant investi aucun centime dans le projet !! Même sans être un Français françafricain, si j’avais, moi, une compagnie pétrolière qui soit gabonaise, je ne pourrais jamais accepter de l’Etat qu’il récupère la majorité des profits dans un investissement où il n’a contribué aucun centime ! Même des paysans savent que si deux villageois cultivent ensemble un champ, mais que l’un n’a passé que 5% du temps à cultiver, celui qui a cultivé 95% du champ serait bien en droit de refuser de partager équitablement la production sur une base de 50/50 avec l’autre!!! Imaginez, dans ce cas, que le partenaire qui n’a contribué que 5% du travail demande 57% de la production. Je crois que c’est à la machette que ce conflit de paysans se règlerait !

C’est dire qu’un tel comportement de la part de l’Etat tuerait rapidement l’investissement privé dans le pays et causerait le retrait de compagnies voulant s’y investir. Et ce serait là une politique économique totalement incohérente qui tuerait tout autant l’initiative privée nationale qu’internationale voulant s’établir au Gabon. Le fait, donc, qu’Elf-Gabon se soit retrouvé avec 57% des recettes pétrolières tirées du Gabon me semble, à moi, tout à fait raisonnable face à un Etat paresseux qui n’a jamais pensé, comme en Libye, non pas à tout nationaliser, mais à créer sa propre compagnie pétrolière qui, dans ce contexte, garderait 100% des richesses trouvées et forées par elle-même, ou alors, garderait 57% des recettes là où, comme avec Elf-Gabon, elle serait en partenariat avec d’autres, d’une manière qui soit proportionnelle à son investissement de départ. L’économie, ce n’est pas une chose arbitraire qui fonctionne par formules incantatoires. En économie capitaliste, vous récoltez ce que vous semez. Cela ne vous tombe pas du ciel des Martiens.

Ne nous perdons donc plus dans des supputations sans sens contre cette pauvre France qui, bizarrement, devient presque une autre victime des Bongo : ce sont les Bongo qui ont imposé à Elf-Gabon cette ponction familiale en échange de leur quasi monopole sur le patrimoine pétrolier national. Ici, nous ne sommes plus dans le domaine de la France-à-fric, mais bel et bien dans le domaine pur et simple de la Bongo-à-fric mafiafricaine.

A un moment, il faut aussi apprendre à voir les malheurs des Africains à la lueur des errances des Africains eux-mêmes. Sans cela, nous ne verrons jamais notre propre part des responsabilités dans ce qui nous arrive, surtout dans le Gabon scandaleux des Bongo. Voilà pourquoi moi j’ai toujours dit que les premiers ennemis du Gabon, ce sont les Bongo.

FAIT 3 : Mais il faut aux cœurs faibles risquant la crise cardiaque s’abstenir de lire la suite : Si, donc, l’Etat gabonais recevait 25% des recettes pétrolières, quelle différence voyez-vous, réellement, entre les 25% que l’Etat gabonais recevait et les 18% que les Bongo recevaient ? Nous parlons bien là d’une piteuse différence de 7% entre la fortune des Bongo découlant de leurs ponctions « elfiennes » et la fortune totale du Gabon en tant que pays. Ceci veut dire, en termes mathématiques, que ce que les Bongo recevaient à titre privé faisait de leur famille une famille presque aussi riche que tout l’Etat gabonais, leurs fortunes respectives n’étant séparées que de sept petits pour cents !!!!

Maintenant, mettez tout cela dans une perspective plus large et vous aurez sans doute, comme moi, envie d’aller simplement vous pendre tout de suite tant l’énormité du crime des Bongo contre le Gabon devient, dans ce contexte, insupportable, surtout quand vous vous rendez compte, soudain, que les Bongo se sont aussi copieusement servis dans les 25% qui revenaient au Gabon puisque c’est avec cela qu’ils financent la corruption politique et tous les autres crimes de détournement qui font que l’argent du Gabon soit rentré, puis évaporé des caisses de l’Etat, sans pour autant savoir à quoi il aura servi, les « routes pistes d’éléphant » du Gabon étant quasiment les mêmes que celles laissées par Léon Mba en 1967, les hôpitaux du Gabon étant restés les mêmes vieux mouroirs et les écoles de vraies humiliations nationales où l’on trouve encore des enfants assis à même le sol, ceci dans un pays dit « riche ».

FAIT 4 : Oui, riche, le Gabon l’est. Mais pour mieux comprendre ce que cela veut dire dans le cadre des chiffres avancés par France 2, il faut continuer la mise en perspective.

Nous avons toujours entendu dire que le Gabon, grâce à son pétrole, était l’un des pays les plus riches d’Afrique du fait de sa richesse per capita (Beaucoup d’argent divisé par une petite population = beaucoup d’argent et de richesse par habitant, mais en théorie mathématique seulement puisque, comme nous sommes en train de le voir, personne n’a jamais su où allait tout cet argent dont les Gabonais que l’on disait « riches » n’ont jamais ressenti que les échos). Depuis les années 70, le rang du Gabon comme l’un des pays les plus riches d’Afrique a généralement vacillé de la 5e à la 1ère place pour se stabiliser aujourd’hui au rang de deuxième, derrière une Guinée Equatoriale devenue récemment l’eldorado pétrolier de l’Afrique. Et ce sont ces « petits » 25% qu’on nous disait que la France nous laissait qui ont, quand-même, créé cette renommée, ce qui veut dire que ces 25% étaient largement suffisants pour développer le Gabon. Si , donc, 25% des recettes pétrolières du Gabon sont suffisantes pour propulser notre pays au rang des pays les plus riches de tout un continent, êtes-vous capables, maintenant, de voir ce que 18% représentent, pour une seule famille, un seul clan ? Ces 18% suffiraient pour faire d’un autre pays d’Afrique l’un des dix pays les plus riches du continent !!!

Et êtes-vous, également, capables, maintenant, d’imaginer combien véritablement riche serait le Gabon si, par miracle, les Bongo avaient aimé ce pays ; si, par miracle, les Bongo avaient laissé à l’Etat les 18% qu’ils détournaient ; si, par ce miracle, le Gabon se serait officiellement retrouvé avec tous les 43% de recettes pétrolières qui lui revenaient de droit ? Imaginez un seul instant ce Gabon-là, ce Gabon miraculeux là qui, avec l’entièreté des 43% de ses recettes pétrolières, aurait été dirigé par des Gabonais aimant vraiment leur pays. Imaginez-vous ce Gabon-là.

Ce serait le Pérou !

Vite ! Les sels, s’il vous plaît. Je ne sais si mon cœur tiendra jusqu’à la fin de ce petit papier.

FAIT 5 : Evidemment, il suffit d’extrapoler cette réalité aux autres compagnies pétrolières et non pétrolières établies au Gabon depuis les années 1970 pour comprendre ce qui revenait réellement aux Bongo dans leurs manigances, notamment dans un pays où ils ont explicitement et volontairement éteint la libre entreprise privée et où, curieusement, ce sont toujours les mêmes hommes politiques et leurs familles que l’on retrouve, également, aux commandes des entreprises dites « publiques », « privées » ou « paraétatiques » au Gabon. Au Gabon, l’initiative privée réelle n’existe pas, non pas parce que les Gabonais sont incapables d’initiatives privées, mais plutôt parce que les portes menant à de telles opportunités leur sont systématiquement fermées tant qu’ils n’ont pas fait allégeance à la famille, au clan. Ce sont les Ministres et autres affidés politiques des Bongo qui détiennent, ici, le monopole de l’initiative entrepreneuriale dans un Gabon où l’on ne permet à personne d’autre que les hommes politiques inféodés de s’investir et décoller dans le secteur privé : La pieuvre nommée « Delta-Synergie », cela vous dit quelque chose ? ADDAX? J’en passe.

Et si, d’aventure, vous considériez le fait que non contents de déjà s’être octroyé 18% de la manne pétrolière nationale, les Bongo se soient également copieusement servis sur les « petits » 25% qui revenaient aux autres Gabonais, vous tombez véritablement des nues !! N’est-ce pas, d’ailleurs, avec ces ponctions supplémentaires sur ce qui revenait officiellement à l’Etat qu’ils ont financé la corruption politique qui leur a permis de subsister frauduleusement au pouvoir depuis 1967 ? N’est-ce pas avec cela qu’ils ont toujours, tous les sept ans, creusé des trous budgétaires de 500 milliards de CFA dans les caisses de l’Etat au moment de chaque élection parce que, justement, ils utilisaient le budget national pour financer les « fesses de dindons » qu’ils distribuaient aux populations affamées du Gabon pour acheter leur vote tous les 7 ans (Ceci fut jadis confirmé par le FMI et la Banque Mondiale : je ne l’invente pas). D’ailleurs, le FMI ne vient-il pas de prêter 321 milliards de CFA au Gabon ? Je puis vous parier que ce prêt non coïncidental vient simplement confirmer ce que je dis et, donc, combler le trou budgétaire creusé dans le budget officiel de l’Etat par les élections présidentielles d’août 2016, où il a fallu, comme en 1993, comme en 1998, comme en 2005, et comme en 2009, investir massivement dans la fraude électorale, l’achat des armes et des mercenaires angolais et marocains, et les achats de conscience, pour sauver les Bongo de leur chute prévisible. Autrement dit, le Gabon aurait été dans l’incapacité administrative de payer ses fonctionnaires d’ici la fin de l’année 2017 s’il n’avait pas reçu cette bouée de sauvetage du FMI. Et d’autres bouées de sauvetage arriveront forcément encore car ce n’est pas fini. Les 321 milliards du FMI seront encore largement insuffisants pour combler tout le trou causé par les élections d’août 2016.

Et comme d’habitude, on utilisera les rentrées pétrolières futures pour rembourser cette ponction électoraliste et, comme d’habitude, le tour sera joué. Le Gabon sera toujours qualifié de pays « riche » qui rembourse ses dettes pour justifier les emprunts suivants, à la manière d’une interminable perfusion, et les 500 milliards qui auraient pu, tous les sept ans, construire les routes, les écoles et les hôpitaux au Gabon, se retrouveront toujours dans les caisses du FMI au titre du service d’une dette qui n’aura eu aucune incidence fonctionnelle sur le développement du Gabon.

Mais on vous vendra tout de même les bienfaits d’une « Émergence » à retardement dont, curieusement, on vous promettra les premiers fruits pour l’horizon 2023 !! Entretemps, on vous demandera de crier « Bongo Oyé » ! Et tous les sept ans, de nouvelles générations de Gabonais affamés et désillusionnés par les Bongo s’engouffreront tout de même, nouvelles élections perdues, dans les brèches condescendantes des dialogues inclusifs nationaux « on va encore faire comment » leur offerts par ceux-là mêmes qu’ils qualifiaient, hier encore, depuis la diaspora ou depuis le Gabon, de bourreaux du peuple et de la République.

Et ces dialogues de la « réconciliation nationale » (parce que nous ne sommes pas nombreux) leur feront, à leur tour, radoter, que dis-je, balbutier les « Bongo Oyé » qui leur feront manger, à leur tour, les miettes du bongoïsme et se mettre, à leur tour, double-cabines reçus et quelques millions bongoïsés à la banque, à réciter les « président de la République Ali Bongo » ceci, « chef de l’Etat Ali Bongo » cela, et 28 ans plus tard, l’on s’étonnera de voir Ali Bongo passer le pouvoir à un autre petit « Ben Boko Laden Haram Bongo Ondimba Hastafourlaye » qui, à son tour, trucidera et meurtrira les âmes éperdues de la République ainsi devenue éternellement bananière. Entretemps, probablement, un des enfants de ces nouvelles générations happées par le bongoïsme mourra quelque part au Gabon, comme un animal, de simple paludisme. Mais ils n’en auront probablement que foutre. Ils ont eu leur double-cabine. C’est ce qui compte. Pour le reste, enfant mort de palu ou pas, « Bongo Oyé » et tant pis pour les crimes rituels, les crimes de sang, les balles reçues lors des élections fraudées, les emprisonnements de journalistes, de syndicalistes, d’étudiants et autres citoyens ayant osé dire, « cela suffit comme ça, Bongo doit partir ».

Pauvre Gabon !

A père rigolo, donc, fils rigolo, hélas. En 2005, Laurent Gbagbo avait traité Omar Bongo de « rigolo ». Il ne croyait pas si bien dire, surtout quand on sait qu’Houphouët-Boigny, avant lui, avait déclaré pouvoir diriger et développer le Gabon « les yeux fermés » s’il avait eu à présider aux destinées d’un pays aussi riche avec une population aussi infime. Et alors que la Guinée Equatoriale, avec à peine une dizaine d’années de production pétrolière, est en train de révolutionner son image et son développement, le Gabon des Bongo, lui, recule et se sclérose. Comme quoi, tous les dictateurs ne se valent pas forcément. Il y en a au moins qui ont une certaine fierté, un certain sens de la dignité et de l’honneur. Ces choses –là, les Bongo ne connaissant pas. Chaque année que ces détrousseurs de la République que sont les Bongo Ondimba passent au pouvoir devient, pour notre pays, une insupportable malédiction, une infection, que les Gabonais ne doivent plus, ne peuvent plus accepter de subir.

Mon Dieu !

On sait maintenant un peu plus, même si nous le soupçonnions déjà, ce que les Bongo ont véritablement fait de ce pays nôtre.

Chers compatriotes, rien de bon ne pourra jamais arriver au Gabon tant qu’un Bongo sera au pouvoir. Rien.

Les Bongo doivent partir. Bongo doit partir. Par tous les moyens radicaux imaginables par les Gabonais, individuellement ou collectivement.

Dr. Daniel Mengara
Président, Bongo Doit Partir

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, NJ 07052, USA

Tél. 973-447-9763

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here