Le président du Parti social démocrate (PSD) s’est montré critique à l’égard du dernier classement de l’institut international de sondage, plaçant le Gabon au 7e rang des dix pays les plus dangereux du monde. Il y voit une tentative de déstabilisation menée par l’Occident.

Au PSD, on est loin de partager l’appréciation de Gallup sur le niveau de sécurité au Gabon. A la faveur d’une sortie, jeudi 10 août à Libreville, Pierre-Claver Maganga Moussavou a rejeté le dernier classement de l’institut international de sondage, qui place son pays parmi les dix plus dangereux du monde. Classé au 7e rang, avec un indice à 58, le sentiment d’insécurité des Gabonais est au même niveau que celui des Boliviens, des Sud-Africains et des Libériens. «Faux !», a réagi le président du PSD.

«En comparant notre pays à ces Etats réputés aussi dangereux, infréquentables, c’est non seulement s’attaquer à ses dirigeants mais surtout s’en prendre à son peuple», a prévenu Pierre-Claver Maganga Moussavou, qui n’a pas hésité à mettre ce classement dans le compte du «déferlement de violences qui anime certains (Gabonais)». «Certains compatriotes vivant au Gabon, à l’extérieur et ceux qui ont occupé des postes de responsabilités politiques et administratives s’activent à présenter à l’extérieur une image d’un Gabon instable», a accusé le maire de Mouila.

Mais au PSD, où l’on appelle désormais au «patriotisme» pour tenter de sauvegarder «l’image de notre pays réputé havre de paix et de stabilité», certains croient savoir que l’image néfaste du pays à l’extérieur ne vient pas des seuls Gabonais opposés au régime. La tentative de déstabilisation dont le pays ferait l’objet serait également le fait d’acteurs de la Françafrique, selon Pierre-Claver Maganga Moussavou. «Le paternalisme de l’Occident est dépassé», a-t-il lancé, indiquant que «les Etats, modèles de démocratie, comme la France ou les USA ne sont pas épargnés de troubles intestines». «Insécurité, terrorisme, drames, faits divers alarmants, etc., font aussi partie du quotidien des pays développés.»

L’Indice de la loi et de l’ordre 2016 de Gallup a pris en compte 135 pays. Celui-ci s’est basé sur la confiance déclarée des personnes interrogées dans leur police locale, leurs sentiments de sécurité personnelle, l’incidence du vol au cours de l’année écoulée et l’incidence des agressions au cours de la dernière année. Selon Gallup, ses résultats sont basés sur des entretiens téléphoniques et en face-à-face avec environ 1 000 personnes, âgées de 15 ans et plus, menés tout au long de l’année 2016. Il ressort, entre autres, que 33% des Gabonais interrogés sont moins susceptibles de se sentir en sécurité. Beaucoup avouent craindre leurs propres forces de l’ordre, et peu ont le courage de sortir de chez eux la nuit.

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