Henri Omva, Coordonnateur Plateforme Citoyenne, USA

En cette période de grande confusion politique, où le fanatisme détourne les Gabonais de leur vrai combat, les appels au discernement par rapport à la situation nationale catastrophique sont pris pour trahison à la fois par les pro-Ping et les pro-Ali, ceux-là défendant une aspiration illusoire et ceux-là défendant une position usurpée.

Le premier échec du complot du système Bongo-PDG est dû à la vigilance du peuple qui a décidé en 2016 d’une candidature unique de son opposition. Ceci a eu deux conséquences: Ali Bongo a brillamment perdu l’élection et Jean Ping s’est retrouvé coincé, obligé d’aller jusqu’au bout sous la pression populaire. Autrement dit, par sa pression qui a poussé à une candidature unique inattendue, le peuple semble avoir bouleversé le complot initial entre Ping et Ali, par lequel Ali Bongo devait gagner par le jeu habituel des petits pourcentages concoctés parmi une panoplie de candidats poids lourds et légers devant justifier sa victoire volée comme en 2009. Ping s’est donc retrouvé avec une victoire qui ne faisait pas partie de ses plans avec Ali Bongo, plans qui prévoyaient initialement qu’il devait perdre. Embarrassé de cette victoire inattendue, Ping n’a jamais su quoi en faire. Voilà pourquoi il a laissé passer toutes les occasions de lancer les Gabonais dans l’insurrection, préférant aller s’embourber dans des contentieux avec la CENAP et la Cour constitutionnelle alors même qu’il savait qu’il n’obtiendrait rien là-bas. Après cela, venait le prétexte de la communauté internationale, alors qu’il savait bien qu’il n’obtiendrait rien de là non plus. Il fallait simplement jouer la montre, perdre du temps, pour attendre que les Gabonais se fatiguent. Mais devant l’insistance des Gabonais, surtout ceux de la résistance, Ping est devenu prisonnier de la résistance malgré lui.

A partir de là, tous les membres de la fratrie ont remué terre et ciel pour trouver une porte de sortie à l’imposture de Jean Ping. Cela a permis des sorties musclées de Casimir Oye Mba, appuyé par des gens comme Nzouba et autres demandant un troisième dialogue, que Bilie Bi Nze a rejeté, mais que les partisans de Ping, qui ont pris leur propre champion en otage de la résistance, ont aussi refusé. Tout le monde a donc senti que la médiation internationale est un simple jeu de mots : médiation = dialogue. Le collectif des apparatchiks du PDG de l’opposition ayant tout essayé, sans aucun succès, de trouver une porte de sortie pour leur retour au partage du pouvoir, le tour est donc revenu à Ali Bongo d’agir.

Si l’on en croit la publication du site Alwihda Info qui, ce 15 août 2017, a fait état d’écoutes russes ayant intercepté des djihadistes préparant des attentats sur le Gabon, on est en droit de se demander si Ali Bongo ne se préparerait pas, en complicité avec ces djihadistes, à terroriser les Gabonais et, ainsi, ramener le pays à une dictature de parti unique ? Cette hypothèse devient plausible lorsqu’on sait que, rejeté par l’occident, Ali Bongo a entrepris il y a quelques mois, notamment les 20 et 21 Mai derniers, un voyage à Ryadh en Arabie Saoudite, où se tenait le Sommet réunissant onze chefs d’Etats de pays arabes et islamiques, et un autre déplacement vers le Maroc, où, sous couvert de villégiature, l’on est bien en droit de se demander ce qu’il est allé faire là-bas, sans oublier le voyage fait récemment à Cuba, un autre pays de dictature. Tout ceci semble confirmer les questions posées sur les intentions d’Ali Bongo par le Dr. Daniel Mengara, leader du mouvement « Bongo Doit Partir », qui, en partageant le premier ce même 15 août 2017 sur Facebook la dépêche du site tchadien qui a révélé ces préparatifs d’attentats, constatait la malédiction qu’est, pour le Gabon, le clan des Bongo Ondimba.

Il est donc désormais à craindre que les Bongo soient en train de préparer une grave tragédie pour le Gabon, une tragédie qui risque non seulement d’endeuiller des familles entières, mais aussi de distraire le peuple gabonais assoiffé de libération nationale de son objectif de l’évincer du pouvoir.

Au moment, donc, où Jean Ping est en train de préparer son ralliement à son beau frère par le prétexte d’une médiation internationale qui va lui permettre de « reconstruire » ses rapports avec sa famille bongoïste (comme en fait foi sa vidéo demandant à la diaspora de cesser leurs activités de résistance), les Gabonais se retrouvent perdus dans le flou organisé par les anciens apparatchiks du PDG qui veulent retourner partager le pouvoir dans des gouvernements d’union nationale. Ces attentats terroristes vont-ils leur en offrir le prétexte ? Nous espérons que « non ». Le peuple gabonais ne se laissera pas faire.

Un régime aux abois est forcément un régime dangereux. Il va se passer suffisamment d’événements d’ici là et j’invite les Gabonais à rester vigilants et surtout, à éviter de prendre part aux festivités du 17 août à cause des risques. Il vaut mieux être prudent et éviter de se retrouver dans les attroupements du 17 août organisés par Ali Bongo.

Le peuple ne devrait pas se laisser détourner de son objectif de chasser Ali Bongo ni se laisser saisir par la peur, mais se devrait de se nourrir de plus de courage et chercher à se débarrasser, par tous les moyens, de ce système qui vient de nous manipuler une fois de plus avec son théâtre d’élections perdues d’avance dans lequel les Bongo et l’opposition électoraliste et complice de Jean Ping ont entraîné le pays. Déjouons ce complot en cherchant une troisième voie qui n’est pas la voie des dialogues, mais la voie de la rupture totale.

M. Henri Omva Minko
Coordonnateur Général
Plateforme Citoyenne, USA

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