Jean Ping qui conteste toujours la réélection du président Ali Bongo et tous les leaders de la Coalition pour une nouvelle République sont désormais frappés par une mesure administrative provisoire d’interdiction de quitter le territoire gabonais, a confié samedi à Libreville à Gabonactu.com le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha.

« Il s’agit d’une réponse du berger à la bergère », a expliqué le ministre qui n’a pas communiqué la date de la prise de cette mesure administrative.

M. Matha a expliqué que cette mesure a été prise suite à l’appel à « l’insurrection » lancé le 18 août par Jean Ping dans un message « solennel à la nation« .

L’ancien président de la Commission de l’Union africaine qui se considère aujourd’hui comme le président élu du Gabon avait notamment affirmé « Je ne vous retiens plus » avant de lancer : « je vous enjoins d’organiser, dès aujourd’hui et sans limite, jusqu’au départ des putschistes toute manifestation civique… »

Le ministre de l’Intérieur a soutenu qu’il s’agit « des propos séditieux, des propos d’une extrême gravité ». Il insiste que Jean Ping a appelé ses partisans « au trouble à l’ordre public, à l’insurrection, à la rébellion et à la guerre civile ».

« Cela n’est pas tolérable dans un Etat de droit », a martelé le premier flic gabonais interrogé dans son bureau du gigantesque siège du ministère de l’Intérieur logé dans l’ancien complexe du Delta Postal à Angondjè au nord de Libreville.

Deux personnalités gabonaises ont déjà été victimes de cette interdiction. Le professeur Albert Ondo Ossa, ancien ministre et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2009 a été empêché de monter dans l’avion qui devait l’amener au Cameroun le 27 août dernier.

De son côté, l’ancien Premier ministre, Casimir Oyé Mba et son épouse n’ont pas pu embarquer vendredi soir dans un vol d’Air France à destination de Paris en France.

Lambert Noël Matha a indiqué que cette mesure provisoire « ne pourrait durer dans le temps. Le gouvernement avisera dès que la situation redeviendra normale ».

» C’est une grave violation de la liberté de circuler » a tempêté Casimir Oyé Mba, contacté par Gabonactu.com.

Martin Safou

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