A six mois des législatives auxquelles suivront les locales, le Parti démocratique gabonais (PDG), plus que jamais fragilisé, envisage d’organiser son congrès en novembre prochain. Chaudes empoignades à l’horizon.

Ces dernières semaines au siège de Louis à Libreville, le secrétariat exécutif du PDG s’active. Peu après sa nomination en remplacement de Faustin Boukoubi ayant démissionné en août, Eric Dodo-Bounguendza a initié une série de rencontre avec les responsables provinciaux du parti. L’objectif du SG par intérim : préparer les conseils provinciaux qui devraient se tenir courant octobre. Mais derrière ces conseils, il s’agit de la préparation de la manifestation la plus importante du parti cette année : le congrès national. Celui-ci devrait vraisemblablement se tenir à Libreville, en novembre prochain. Les femmes du PDG en ont été informées, le 25 septembre, à la faveur d’une rencontre avec le SG par intérim.

Si le dernier congrès du PDG, en mars 2016, avait été convivial, d’autant qu’il s’était simplement agi de l’investiture d’Ali Bongo comme candidat du parti à la présidentielle d’août 2016, les prochaines retrouvailles des PDGistes risquent de ne pas se dérouler dans la même ambiance. D’aucuns prévoient de chaudes empoignades. Il faut dire que le parti est sorti plus que jamais fissuré de la dernière élection présidentielle, et même des mois avant celle-ci. Entre démissions et exclusions pour insubordination ou trahison, tentative d’accaparement du «distingué camarade» par certains «novices», le climat ne s’est pas beaucoup amélioré ces derniers mois.

«Tous les rats n’ont pas quitté le navire», soupçonnent certains, quand d’autres accusent des responsables du parti de s’être délibérément affranchi du respect dû au secrétariat exécutif du parti pour parler en leur propre nom, sous prétexte de leur amitié avec le «distingué camarade» qui, lui-même, ne semble plus beaucoup porter le parti dans son cœur. Il faut arriver à se dire des vérités, identifier ce qui coince, et (pourquoi pas ?) écarter les récalcitrants, parmi lesquels les fameux «hommes du président». Pour cela, va-t-il falloir une bonne dose de courage et d’audace à Eric Dodo-Bounguendza. Seulement, on en doute.

N’empêche, à deux mois du congrès à venir, le PDG est appeler à «crever l’abcès», et ses militants à se parler franchement. Son image déjà fortement écornée, son avenir et sa place en tant que premier parti du pays en dépendent. Au sein de cette formation politique au pouvoir depuis cinquante ans, des militants espèrent que le prochain congrès se déroulera sur une nouvelle orientation, avec des «camarades» apaisés et réconciliés. Les législatives annoncées pour avril 2018 risquent d’être difficiles si le parti d’Ali Bongo ne se remet pas en question.

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