La Cour constitutionnelle gabonaise, le 9 juin 2009 à Libreville - afp.com/PATRICK FORT

Au Gabon, la Cour constitutionnelle a pris une décision qui a pris tout le monde de court ce lundi 30 avril. Elle a mis fin aux pouvoirs de l’Assemblée nationale. Elle demande aussi la démission du gouvernement dominé par le parti présidentiel. La raison : les autorités n’ont pas été en mesure d’organiser les élections législatives dans les temps, avant fin avril.

La Cour constitutionnelle considère l’Assemblée nationale comme illégitime. L’Assemblée devait être renouvelée au plus tard le 30 avril par le biais justement des élections législatives. Mais le gouvernement n’a pas été en mesure d’organiser ce scrutin. Un scrutin qui a déjà connu deux reports. Ce qui justifie cette annonce surprise de la Cour constitutionnelle. Pas de retour en arrière possible puisque les décisions de cette institution sont incontestables.

Pour cette raison, les députés vont perdre leurs pouvoirs dès demain, mercredi, et ce, jusqu’au prochain scrutin. En attendant, tous les pouvoirs législatifs vont être transférés à l’autre chambre du Parlement : le Sénat. En ce qui concerne le gouvernement, le Premier ministre a l’obligation de poser sa démission « aujourd’hui ou demain au plus tard ».

Alain-Claude Bilie By Nze, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement : « Bien malin qui pourrait dire aujourd’hui s’il va conserver son poste. A partir du moment où un gouvernement va démissionner, aucun membre du gouvernement ne peut à ce jour être assuré de revenir à son poste ».

Un « coup d’Etat » pour l’opposition proche de Jean Ping

Un nouveau gouvernement va être mis en place assure Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise : « Ce gouvernement a une durée de vie, juste le temps que l’élection des députés à l’Assemblée nationale soit organisée. Dès que l’élection est organisée et les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle, conformément à la Constitution gabonaise, le gouvernement démissionnera et puis un autre gouvernement sera formé en tenant compte, à ce moment-là, du parti majoritaire à l’Assemblée nationale ».

La date des législatives sera annoncée officiellement par la Cour constitutionnelle. Mais avant cela, elle doit être fixée par le Centre gabonais des élections instance qui remplacera la précédente Commission électorale et qui doit prêter serment demain.

Dans le camp de l’opposant Jean Ping, cette décision de la Cour constitutionnelle est perçue comme un « coup d’Etat ». Anaclé Bissielo, membre du cabinet de Jean Ping, craint que le pays ne « s’enfonce un peu plus dans la crise politique ».

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