Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron remportait l’élection présidentielle française. En un an, le chef de l’Etat a imprimé sa marque à l’Elysée. Il joue à la fois sur sa jeunesse et sur sa volonté d’incarner un président dans la plus pure tradition gaullo-mitterrandienne.

Emmanuel Macron essaie d’être Jupiter et en même temps manager. C’est sa façon à lui de présider la France. Une méthode grâce à laquelle il espère réussir à réformer le pays, et en même temps à s’inscrire dans une continuité historique et politique qui a donné son âme à la France.

C’est peut-être ce qui rend sa pensée « complexe », une expression qui a été employée à l’Elysée pour expliquer certaines incompréhensions de la part de la presse notamment.

Dans cette complexité supposée ou réelle, il y a une cohérence. Elle vient de sa détermination absolue à tenir ses promesses de campagne. Emmanuel Macron a tiré les enseignements des erreurs de ses prédécesseurs et surtout celles de François Hollande, dont il a été le collaborateur.

Mécontentements et protestations

Des prédécesseurs qui ont souvent oublié une fois élu sur quels engagements les Français avaient voté pour eux. Alors Emmanuel Macron a mis un point d’honneur à engager toutes les réformes qu’il avait inscrites dans son programme et à les enchaîner à un rythme soutenu, certains diront effréné. Quitte à provoquer des mécontentements et des protestations.

Reste à savoir si l’exercice du pouvoir ne peut être qu’une application sans concession d’un programme de campagne. Ce sera l’enjeu de sa deuxième année de présidence.

L’élection d’un président de moins de 40 ans, jeune, pressé, ouvertement pro européen, une première en France saluée souvent avec intérêt et curiosité dans le monde. En un an, Emmanuel Macron a enchaîné les déplacements internationaux médiatisés, mais il lui reste le plus souvent à concrétiser ses ambitions, notamment pour l’Europe.

Vladimir Poutine, Donald Trump, dès son élection, Emmanuel Macron s’est fait fort de parler avec tous, y compris et surtout les dirigeants souvent critiqués. Pour le président américain, ce sera l honneur du défilé du 14-Juillet, avec le chef de l’Etat russe les ors du château de Versailles.

Le leadership de l’Europe, une épine dans le pied

Une realpolitik assumée, des liens affectifs affichés même avec la Maison Blanche, tout cela au nom de l’efficacité, sauf que les résultats tangibles tardent. Le président a bien évité en novembre dernier une crise au Liban avec l’exfiltration du Premier ministre Saad Hariri de Riyad. Mais sur tous les autres dossiers – accord de Paris sur le climat, nucléaire iranien, Syrie – Emmanuel Macron n’a pas vraiment fait bouger les lignes.

L’effacement de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne était c’est vrai l’occasion, saisie, de prendre le leadership de l’Europe vis-à-vis du monde. Mais c’est aussi une épine dans le pied pour un président qui voulait faire de la refondation de l’UE le cœur de son mandat. Surtout que ses propositions sont loin de soulever l’enthousiasme chez tous ses partenaires.

Emmanuel Macron arrivera-t-il à faire reculer le populisme en Europe ? Il reste quelques semaines pour proposer une feuille de route et quelques mois avant le moment de vérité, les élections européennes de mai 2019.

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