Fermement opposé à la baisse annoncée de la masse salariale dans la fonction publique, le Bloc syndical de la première seconde n’entend pas accepter la mise en œuvre de cette réforme qui, selon le groupe syndical, est «de nature à troubler l’ordre public».

Annoncée en mai dernier parmi les mesures gouvernementales permettant de faire face à la crise économique actuelle, l’effectivité de la réduction de la masse salariale n’est pas assurée. La dizaine de syndicats réunis autour du Bloc syndical de la 1ère seconde entend y faire échec. L’assemblée générale organisée, samedi 9 juin à Libreville, présentée par les leaders syndicaux comme une réunion d’explication sur les mesures en cours d’examen au gouvernement, était en réalité un avertissement à l’endroit des autorités. «Nous ne l’accepterons pas !», a prévenu Pierre Mintsa, chef de file du groupe syndical.

«Si le gouvernement veut réduire la masse salariale, qu’il ne touche pas aux agents civils que nous sommes. Qu’il touche les fonds politiques, le salaire du président de la République, les frais de missions, les salaires des ministres. Mais nous, agents simples, nous n’accepterons jamais que l’on enlève une seule rubrique dans nos salaires composés de la solde indiciaire, des primes de logement, de transport et de suggestion. Nous ne l’accepterons jamais», a-t-il averti.

Représentée par la somme des charges et des rémunérations supportée par l’Etat, la masse salariale au Gabon est estimée à plus de 700 milliards de francs CFA annuels pour environ 124 000 agents publics bénéficiaires.

Pierre Mintsa, par ailleurs président du Syndicat autonome des personnels des Affaires sociales (Sapas), a également appelé ses camarades à «faire bloc» contre d’autres «réformes de nature à troubler l’ordre public», parmi lesquelles celle liée au passage de l’âge de la retraite de 60 à 63 ans. «Cette réforme n’est pas envisageable pour le Bloc», a-t-il déclaré, expliquant que celle-ci aura pour effet de «bloquer l’entrée des jeunes dans la fonction publique».

Au sein du Bloc syndical de la 1ère seconde, l’on dénonce également le refus du gouvernement de payer les indemnités pour service rendu aux agents civils ainsi que la récente hausse du prix de la bouteille de gaz butane. Les syndicalistes y voient «une décision unilatérale» du gouvernement qui, ont-ils estimé, aurait dû les consulter avant. D’autant que les deux parties sont depuis quelques mois en négociation en vue de la signature prochaine d’une trêve sociale. Les réformes annoncées, en plus des récentes initiatives des autorités ne sont pas de nature à rassurer le groupe syndical sur la volonté du gouvernement d’apaiser les tensions. Même si le Bloc s’est juré de «ne plus participer aux grèves par suivisme».

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