Noël Mboumba

Ayant pris part à la 26e édition de l’Africa Oil Week à Cape Town, le ministre des Mines, du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures assure avoir bien vendu le potentiel du bassin sédimentaire gabonais auprès des entreprises pétrolières internationales présentes à cette rencontre. Dans l’interview ci-après accordée à Gabonreview, Noël Mboumba dit être convaincu que les promesses faites par les majors dans la ville sud-africaine se matérialiseront d’ici à janvier 2020. Les 35 blocs mis en vente dans le cadre du 12e appel d’offres international suscitent beaucoup d’intérêt.

Gabonreview : Monsieur le Ministre, vous revenez del’Afrique du Sud où vous avez pris part à Cape Town à la 26e édition de l’Africa Oil Week aux côtés de vos paires africains. Quelle a été concrètement la contribution de notre pays lors de rendez-vous ?

Noël Mboumba : Avant de répondre précisément à votre question, permettez qu’à l’issue du réaménagement technique du gouvernement intervenu le 7 novembre je saisisse l’occasion d’exprimer mon infinie gratitude au chef de l’État, son Excellence Ali Bongo Ondimba, ainsi qu’au Premier ministre, chef du gouvernement M. Julien Nkoghe Bekale, pour la confiance renouvelée à l’égard de ma modeste personne pour le poste de ministre des Mines, du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures. Mes remerciements en mon nom propre et en celui de ma famille.

Concernant la Semaine africaine du pétrole qui a eu lieu à Cape Town du 5 au 8 novembre, la participation du Gabon était justifiée pour deux raisons : la première est que le Gabon est un pays pétrolier. Or, l’Africa Oil Week rassemble les pays producteurs de pétrole et les sociétés pétrolières. La seconde est que nous avons assisté, comme d’autres pays, à cette foire de l’activité pétrolière. Foire parce que dernière l’AOW permet à chaque pays de présenter le potentiel de son bassin sédimentaire, les opportunités en termes de prospectives liées au développement et de mise en vente des blocs. Pour ce qui nous concerne, nous avons rappelé que dans 2 mois nous arriverons au terme de l’appel d’offres sur les 35 blocs en offshore.

C’était donc l’occasion pour nous de vanter notre bassin sédimentaire, sachant qu’il est prolifique au regard des dernières découvertes que nous avons faites. Il faut rappeler que depuis la promulgation par le chef de l’État du Code des hydrocarbures, en juillet 2019, il y a une réelle effervescence sous le bassin sédimentaire gabonais, et les entreprises pétrolières de par le monde continuent d’expriment leur engouement et leur intérêt à notre bassin sédimentaire.

Vous semblez rassuré et rassurant, sans doute à cause de vos échanges avec les responsables de compagnies pétrolières…

Ce serait trahir un secret de polichinelle si je disais qu’il n’y a pas eu de conclusion à proprement parler avec les entreprises au terme de ces échanges. Mais il faut retenir que les majors internationales sont fortement intéressées par le bassin sédimentaire gabonais. Nous n’allons peut-être pas les citer, parce que nous attendons qu’elles concrétisent leurs promesses sur les blocs auxquels elles ont porté leur intérêt, mais Dieu seul sait que le simple fait que notre 12e appel d’offres international concerne des blocs situés entre le onshore, l’ultra-offshore et l’offshore suscite un vif engouement. D’autant plus que nous avons déjà enregistré des découvertes, notamment avec les entreprises telles que Petronas qui a souscrit à 2 blocs après la promulgation du nouveau Code. Il y a également d’autres grandes entreprises qui ont confirmé de manière claire la prise de blocs dans le cadre cet appel d’offres.

Depuis sa promulgation, vous présentez le nouveau Code des hydrocarbures gabonais comme étant un des plus attractifs du continent. En quoi est-ce vrai ?

Il faut rappeler qu’avant l’arrivée du nouveau Code des hydrocarbures, le Gabon avait un code qui datait de 2014. Or, depuis 2014 jusqu’à la promulgation de l’actuel code, nous n’avons signé aucun contrat avec les compagnies, parce que cet ancien code était peu attractif, peu flexible.

Pour prendre un exemple simple. Il y avait dans l’ancien code l’Impôt sur les sociétés (IS) qui, après la détermination de la Redevance minière proportionnelle (RMP), autorisait encore l’État à prélever 35% sur la partie du Profit Oil. Cette disposition légale était malheureusement peu attractive pour les investisseurs. Aujourd’hui, nous avons un code plus attractif, plus flexible. Ce qui fait que, désormais lorsqu’un investisseur arrive au Gabon, le retour sur investissement, notamment sur les coûts pétroliers, se fait autour de 2 à 3 ans. Donc un retour sur investissement très rapide d’une part, mais nous avons aussi agi sur la RMP pour baisser un tout petit peu la quote-part de l’État et gagner en volume. L’objectif du Gabon aujourd’hui est d’avoir plus d’investisseurs, augmenter le niveau de notre portefeuille d’investisseurs, donc de l’élargir à d’autres pays que la France, les États-Unis, etc.

L’un des objectifs que vous vous êtes fixés en allant en Afrique du Sud était de revenir de la 26e AOW avec de nombreux contacts et plusieurs promesses d’offres. Y êtes-vous parvenu ?

Je confirme que nous avons eu des offres fermes de la part d’entreprises qui souhaitent s’installer au Gabon. Nous avons également eu des engagements fermes. Et lorsque des entreprises de cette dimension, des majors pétrolières en l’occurrence, nous donnent leur parole, nous pensons qu’en janvier, à la clôture du 12e appel d’offres, leur engouement se matérialisera.

Notre bassin sédimentaire est parmi les meilleurs. Il ne faut pas se le cacher ou avoir peur de le dire. Pour preuve, les dernières découvertes ont été enregistrées au Gabon, notamment avec Petronas sur le champ Ruche, Vaalco sur Etame, BW et Panoro sur Hibiscus. Ces découvertes représentent entre 60 et 70 millions de barils de pétrole. Ce qui prouve à suffisance le potentiel de cette zone offshore.

Lorsque nous nous sommes rendus en Afrique du Sud, nous avons effectivement observé un certain engouement, notamment à travers les contacts et la tenue de rendez-vous toutes les 30 minutes avec les pétroliers. L’agenda était extrêmement chargé, et notre stand était parmi les plus visités.

En conclusion, doit-on s’attendre à un horizon encore plus dégagé et plus porteur pour le secteur pétrolier gabonais ?

Oui, effectivement ! Comme je le dis toujours, on ne peut pas bouder d’être ministre des hydrocarbures au Gabon, même si je prône en même temps la nécessité de la diversification de l’économie gabonaise, en accord avec le chef de l’État et le Premier ministre. Mais cette diversification se fera avec le pétrole qui constitue encore aujourd’hui la locomotive de nos richesses naturelles. Et dans 20 ans, je peux l’affirmer, le pétrole constituera toujours une richesse importante pour notre économie. Nous devons justement impulser cette diversification, développer d’autres activités par la mise en place de mécanismes tels que la Provision pour investissement diversifié (PID), la Provision pour investissement des hydrocarbures, les Fonds de communautés locales.

Le pétrole doit être la ressource qui permet de développer la diversification et de dégager une économie inclusive, qui touche l’ensemble des secteurs et qui règle l’épineuse question du chômage.

Interview réalisée en collaboration avec d’autres médias.

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