Conseil des ministres - Gabon

Pour la septième fois depuis la nomination de Julien Nkoghe Bekale en tant que Premier ministre, la présidence de la République gabonaise a enregistré une prestation de serment présidée par Ali Bongo. Pour cette énième prestation, même le chef du gouvernement s’est prêté à l’exercice. Ce qui intrigue l’opinion, ce d’autant plus que ce dernier n’a jamais démissionné le 2 décembre.

«Le président de la République, son Excellence Ali Bongo Ondimba, a présidé ce jour au palais présidentiel, la cérémonie de prestation de serment des membres du gouvernement dont le Premier ministre, quatre ministres d’État, dix-neuf ministres et sept ministres délégués», a informé la Communication présidentielle. À travers un communiqué de presse le 4 décembre, elle a également rappelé que cette cérémonie solennelle s’est tenue conformément aux dispositions de l’article 15 de la Constitution gabonaise, et en présence des membres de la Cour constitutionnelle.

«Je jure de respecter la Constitution et l’État de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le strict respect de ses obligations de loyauté à l’égard du Chef de l’État, de garder religieusement, même après cessation de mes fonctions, la confidentialité des dossiers et des informations classées secret d’État et dont j’aurais eu connaissance dans l’exercice de celles-ci. Je le jure», ont déclaré les membres du gouvernement. Au terme de cette cérémonie, indique la Communication présidentielle, le président de la République a instruit les ministres à travailler, chacun dans son domaine respectif afin d’accélérer le développement au bénéfice des populations, sous l’impulsion du Premier ministre, chef du gouvernement.

Si la prestation de serment était attendue à l’issue du remaniement du 2 décembre, l’opinion s’attendait à ne voir défiler devant Ali Bongo que les nouveaux ministres du gouvernement et non toute l’équipe en tête de laquelle, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale. Ceci, d’autant plus que le Premier ministre se plie à cette obligation constitutionnelle, lors de son entrée en fonction. Or, il est en fonction depuis janvier 2019. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle à chaque remaniement ministériel depuis sa prise de fonction, seuls les promus ont souvent prêté serment.

Julien Nkoghe Bekale devait prêter serment s’il y avait eu un nouveau gouvernement et non “remaniement” ministériel. «Le Premier ministre a-t-il démissionné puis été reconduit sans qu’on ne le sache?», s’interroge à juste titre l’opinion qui estime que pour que Julien Nkoghe Bekale prête serment à nouveau, le scénario aurait dû être celui-là. «À défaut, au lieu de parler de remaniement le 2 décembre, il aurait été juste de parler de formation d’un nouveau gouvernement», a exprimé un observateur qui se sent perdu par le fonctionnement des institutions et l’application des textes.

Depuis sa nomination en tant que Premier ministre en janvier 2019 alors qu’Ali Bongo était en convalescence au Maroc, six remaniements se sont succédé sans qu’il ne prête à nouveau serment. Cette prestation en dit long.

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