Le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale
Le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale

S’adressant à sa nouvelle équipe, Julien Nkoghe Bekale a prévenu qu’aucune déviance ne sera tolérée en matière de bonne gouvernance.

La vaste opération anticorruption entamée il y a trois semaines au Gabon se poursuit. Contrairement à l’opération Mamba qui avait épinglé deux ministres (Magloire Ngambia et Étienne Ngoubou), celle-ci en a déjà piqué trois : Noël Mboumba, Brice Laccruche Alihanga, et Tony Ondo Mba.

Le Premier ministre a averti les membres de son cabinet qui ont prêté serment le 4 décembre devant le président de la République. «Vous êtes prévenus, aucune déviance en termes de gouvernance ne sera tolérée», a-t-il avisé lors du Conseil interministériel qu’il a présidé le 4 décembre.

Les hauts fonctionnaires sont souvent taxés de «voleurs» et soupçonnés de détournement de fonds. Beaucoup ont été épinglés par la Cour des comptes ou dans le cadre de l’opération Mamba, sans que cela brise la courbe ascendante de l’enrichissement illicite. Une bonne partie de l’opinion estime que l’application des réformes pour la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance sera difficile. Elle n’a pas tort, car l’avidité de certains hauts cadres incarcérés dans le cadre de l’opération en cours, au regard des sommes révélées par les enquêtes préliminaires, suggère que «la corruption est institutionnalisée» et la «caste des corrompus se battra bec et ongles pour préserver ses acquis», assure un haut fonctionnaire à la retraite.

Le Premier ministre qui semble avoir hissé la lutte contre la corruption au rang de projet gouvernemental dispose-t-il des outils et moyens appropriés pour combattre la corruption ? Le doute est permis sur sa capacité à mener à bien ce projet. Et il est épais !

Avec bonhomie, Julien Nkoghe Bekale a informé son équipe que «la lutte contre la corruption sera une action permanente qui n’épargnera personne». Il a invité ses ministres n’ayant pas encore fait leurs déclarations de biens à se soumettre à cet exercice qui participe à la lutte contre la corruption.

Cette précaution n’est pas de taille à refluer les crues de la corruption. «Le problème au Gabon est celui d’une grande corruption organisée autour de l’utilisation perverse de fonds publics», confesse un ancien magistrat de la Cour des comptes. Il faudrait réellement engager une politique de tolérance zéro, conseille-t-il, pour décourager tous ceux qui espèrent s’enrichir illégalement, sans oublier leurs devanciers qui ont pendant longtemps siphonné les caisses de l’État.

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