Libreville abrite, depuis le 2 avril, le deuxième congrès de la société gabonaise des anesthésistes réanimation du Gabon. Une réunion qui vise à mettre en place une politique de vulgarisation et d’incitation à la pratique de cette discipline médicale mal ou peu connue des populations. Le pays ne compte que 128 médecins anesthésistes-réanimateurs. Un déficit alarmant.
Comme l’a souligné le Pr Dieudonné Ngaka Nsafu à l’ouverture de cette assemblée, dans des propos rapportés par l’AGP, «la formation des anesthésistes-réanimateurs devient de plus en plus importante et exige un personnel hautement formé avec beaucoup d’habilité».
Or, a alerté le Pr Ngaka Nsafu, «la faculté de médecine des sciences et de la santé ne compte aucun étudiant inscrit dans la branche de médecin anesthésiste réanimation», expliquant que «de nombreux étudiants ne semblent pas s’intéresser à cette branche. Le Gabon ne compte que 128 médecins anesthésistes réanimations, ceci expliquerait le véritable déficit en ressources humaines en la matière dans plusieurs centres de santé répartis sur l’ensemble du territoire».
Premier Gabonais dans le domaine de l’anesthésie réanimation, le Pr Dieudonné Ngaka Nsafu, a, par ailleurs, expliqué qu’il y a deux types d’anesthésistes réanimation : les techniciens supérieurs d’anesthésie réanimation et les médecins anesthésistes réanimation. Selon lui, «les anesthésistes réanimation sont des anciens infirmiers d’Etat ayant une expérience de trois ans, qui sont inscrits à la faculté de médecine pour une formation de trois ans et sortent nantis d’un diplôme de technicien supérieur en la matière. Ils exercent au sein des salles d’opération».
L’anesthésiste-réanimateur est un médecin qui intervient avant, pendant et après toute opération chirurgicale qui nécessite une anesthésie générale ou locorégionale. Lors d’une consultation préopératoire, il évalue l’état général du patient, choisit la technique d’anesthésie la plus appropriée et rassure le patient. Son rôle psychologique à cette étape est loin d’être négligeable. En salle d’opération, en cas d’anesthésie générale, l’anesthésiste applique un masque diffusant un gaz à effet instantané ou injecte un antalgique par intraveineuse.
En cours d’une intervention, et en liaison étroite avec le chirurgien, il utilise un matériel ultrasophistiqué (électrodes, moniteur, défibrillateur, appareil de mesure d’oxygène dans le sang, neurostimulateur…) pour surveiller l’état du patient et intervenir si nécessaire. Pendant toute cette phase, l’anesthésiste est lui-même assisté par un infirmier anesthésiste. Après l’intervention, l’anesthésiste contrôle la réanimation de l’opéré en salle de réveil, puis assure le suivi postopératoire.



