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C’est quoi cette opposition ? Le malheur du Gabon, c’est d’avoir eu une opposition inepte

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Dr. Daniel Mengara
Coordonnateur et leader du BDP-Gabon Nouveau
C’est à croire que l’opposition gabonaise n’a jamais voulu prendre le pouvoir dans un Gabon où le régime Bongo n’a plus rien à offrir de viable à la nation. L?élection du 27 novembre 2005 était, pour les pacifistes de tous bords, la seule occasion restante de pouvoir encore en finir avec la dictature bongoïste par des moyens révolutionnaires pacifiques, avec un minimum de dégâts mais avec la promesse d’un changement immédiat. Tout ce que cela demandait, c’était une opposition courageuse sachant véritablement ce qu’elle veut.

L?opposition Mamboundou-Myboto ne semble pas avoir su ce qu’elle voulait.

Et pourtant, qu’est-ce qui manquait à cette opposition’ Tous les ingrédients classiques y étaient:

– Popularité? Mamboundou et Myboto en avaient: quand un candidat sans moyens de corruption de l’électorat comme Mamboundou est capable de réunir plus de 20.000 personnes à un meeting là où Omar Bongo, pour avoir le même nombre, est obligé de corrompre la population à coups de milliards de CFA, de fesses de dindon, etc., l’on ne pouvait à un seul moment douter de l’estime que Mamboundou avait auprès des Gabonais. Il n’y avait, en effet, pas match.

– Un pouvoir aux abois’ Il ne faisait aucun doute que le régime Bongo était au plus faible de son règne. Sans l’argent de l’état pour se fabriquer une popularité de façade, le régime Bongo n’aurait jamais pu survivre car il n’avait plus les pieds sur terre. D’où sa précipitation des élections (annonce précipitée, une semaine avant, de la date limite des déclarations de candidature?pour ne pas permettre aux opposants implantés de bien s’organiser au sein de leurs partis tout en éliminant ceux de la diaspora?,campagne limitée à 12 jours au lieu de 30 au moins’pour ne pas donner assez de temps aux opposants pour faire le tour du pays, etc.). A cela s’ajoutent la monopolisation extrême des médias, les listes électorales fantaisistes non fermées jusqu’au jour du vote, la corruption directe des électeurs, l’importation d’observateurs électoraux à la solde du régime et les brimades diverses visant à réduire la marge de man’uvre de l’opposition. Des signes évidents de fébrilité donc, qui montraient indéniablement un régime affaibli vivant dans la crainte et la hantise de tout perdre. En gros, le degré d’efforts faits par le régime pour survivre à cette élection donne une idée claire de son degré d’affaiblissement : il n’y avait dans ce régime aucune certitude de gagner. D?où la corruption tous azimuts dont le régime ne se cachait même plus, multipliant dons électoraux sur dons électoraux pour corrompre tout ce qui bouge, alors même que la loi électorale gabonaise interdisait ce type de dons aux électeurs. D?où aussi la préparation militaire de ce régime, comme le montre la lettre de réquisition de toutes les forces armées par le Premier ministre Ntoutoume Emane, lettre signée le 14 novembre et intimant l’ordre de tirer sur d’éventuels manifestants. Ainsi, la seule chance de ce régime de gagner ou de perdre allait uniquement dépendre de ce que l’opposition elle-même allait faire. C?était donc un contexte de victoire certain pour l’opposition, si elle avait su ce qu’elle voulait réellement.

Qu’est-ce qui a alors manqué à cette opposition pourtant populaire?

Tout simplement, il lui aura manqué? une stratégie d’opposition.

Autrement dit, ce que le BDP-Gabon Nouveau avait prévu vient d’arriver. Omar Bongo vient d’humilier Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto de la manière la plus douloureuse qui soit: beaucoup plus qu’en 1993 et 1998, il a concocté à ces opposants des résultats sur mesure qui, bien que préfabriqués, sont à la mesure des graves erreurs commises par Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto eux-mêmes. Ce n’est pas Bongo qui a battu Mamboundou et Myboto, Mamboundou et Myboto se sont battus eux-mêmes en se prêtant à une mascarade qu’ils auraient mieux fait d’éviter afin de sauvegarder un peu de leur dignité d’opposants. A cause d’eux, les résultats du 27 novembre apparaissent, hélas, à la communauté internationale comme crédibles alors même qu’ils sont faux, tout simplement parce que Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto se seront prêtés à cette mascarade. Quand on ne contrôle aucun aspect du processus électoral et quand l’état qui contrôle ce processus est au service d’un régime, il est tout simplement politiquement suicidaire de croire que l’on puisse, comme par baguette magique, gagner une telle élection par la seule force des urnes. C’est à croire que l’expérience politique de Pierre Mamboundou et de Zacharie Myboto, une expérience de 16 ans au moins pour l’un, et 38 ans au moins pour l’autre, ne leur a servi à rien au cours de toutes ces années. Le genre d’erreurs commises par ces deux opposants sidère et reste totalement incompréhensible, au vu de la carrure politique que l’on prête aux deux hommes.

Mais quand les émotions des uns et des autres se seront refroidies, et que l’on regardera le passé avec fraîcheur, on remarquera que, logiquement, fraude ou pas, ni Mamboundou, ni Myboto n’avaient aucune chance de gagner. L?un, Mamboundou, est resté trop longtemps cloitré à Ndendé, oubliant d’investir le terrain national à cause de 7 ans d’exil immobiliste et paresseux en terre natale ; l’autre, Myboto, s’est déclaré opposant trop tard, ne se donnant ainsi que quelques mois pour égaler un régime qui avait 38 ans d’avance sur lui (avec son aide d’ailleurs, s’il vous plaît !). La tache pour les deux hommes, sans être impossible, était néanmoins gigantesque : ni l’un ni l’autre ne s’y étaient suffisamment préparés. La seule manière pour eux de gagner, aurait donc été, 1) d’être unis et d’avoir une stratégie commune, 2) de fédérer, comme Bongo l’a fait pour sa putride et mafieuse majorité présidentielle, toutes les possibles composantes de l’opposition restante en vue d’un vaste mouvement de masse de toutes les forces de l’opposition et, 3) d’adopter une stratégie commune de boycott révolutionnaire capable, AVANT le vote, de forcer Omar Bongo à rendre transparent le système électoral afin de garantir à cette opposition impréparée ses meilleures chances de victoire. Or, devant un régime qui avait tout ficelé pour assurer à son dictateur la victoire absolue, Mamboundou et Myboto n’ont présenté qu’une image pathétique de leaders ne sachant trop ce qu’ils faisaient dans cette galère. Et du coup, ils ont perdu, lamentablement.

Nous le disons tout de suite : Omar Bongo n’a pas gagné cette élection et n’en a jamais gagné. Mais c’est l’opposition gabonaise qui, par son manque de stratégie, ses tergiversations, ses hésitations, ses mauvais calculs et son refus de la révolution, a toujours maintenu Omar Bongo au pouvoir. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir manqué d’avertissements ni de conseils.

Le BDP-Gabon Nouveau, dans un article d’analyse (« De la nécessité d’un boycott révolutionnaire au Gabon: Répondre aux actes de guerre du régime terroriste d’Omar Bongo par des actes de légitime défense »), trois articles stratégiques appelant à l’unité de l’opposition (« Appel à l’unité de l’opposition gabonaise : Ne trahissez pas le peuple, il est encore temps de boycotter ? Plan d’urgence et d’unité pour un changement immédiat au Gabon!! », « Le BDP-Gabon Nouveau propose la création urgente du FORAD – Front de l’Opposition Radicale pour l’Alternance Démocratique », et « Dernier appel à l’opposition: Nous pouvons encore sauver le Gabon du dictateur Omar Bongo ») et deux lettres adressées directement à Mamboundou et Myboto (Voir les lettres) publiés avant le vote,  s’était longuement épanché sur ce que l’opposition gabonaise aurait dû adopter comme stratégie pour gagner cette élection. Ni Mamboundou, ni Myboto n’ont daigné approcher le BDP-Gabon Nouveau pour savoir comment, ensemble, une opposition fédérée et unie pouvait se concocter une stratégie gagnante dans le cadre d’un boycott stratégiquement mené, dont la finalité serait, au moins, la mise à mal du régime et le report des élections pour plus de transparence, et au plus, la suppression pure et simple du régime Bongo. Malgré donc, les nombreux appels du BDP, l’opposition Mamboundou-Myboto n’a fait qu’accumuler erreur politique sur erreur politique. L?humiliation qu’Omar Bongo vient de leur faire subir en donne la plus grosse mesure.

Car il faut le reconnaître, trop d’erreurs ont été commises par cette inepte opposition:

ERREUR 1: Participation à une élection perdue d’avance: Ceci fut manifestement une erreur. Le BDP-Gabon Nouveau plus d’un mois avant l’élection avait prédit que toute participation de l’opposition à une élection perdue d’avance serait une erreur monumentale. Et pour donner l’exemple, le BDP-Gabon Nouveau déclara, le 12 octobre 2005, qu’il ne présenterait aucun candidat et qu’il allait tout simplement boycotter le scrutin. Aujourd’hui, Myboto et Mamboundou ont fait cadeau à Omar Bongo de la plus belle « victoire fraudée » de sa vie. Ils ont assuré à Omar Bongo la crédibilité d’un scrutin qui, pourtant, était le scrutin le plus frauduleux de l’histoire du Gabon. Dans toute l’histoire de notre petit pays, jamais la corruption directe des militants et du peuple n’a été aussi évidente: elle a atteint, au cours de cette élection, des proportions étatiques, officielles, sans que la Cour constitutionnelle, elle-même corrompue, ne fasse son travail, qui aurait dû consister, dans ce cas, à invalider, puis reporter cette élection corrompue. Sachant d’avance que ni le régime Bongo, ni la Cour constitutionnelle ne pouvaient garantir une élection transparente, seul un boycott actif, donc révolutionnaire tel que celui recommandé par le BDP-Gabon Nouveau dans les articles mentionnés ci-dessus, aurait pu garantir non seulement le report des élections, mais également le minimum de transparence qui aurait pu assurer la victoire de cette opposition.

ERREUR 2: Manque d’unité et de fédération des forces de l’opposition: Myboto et Mamboundou se sont contentés d’amuser, séparément, la galerie, liquéfiant ainsi le gros potentiel que le pays avait d’avoir une opposition unie parlant d’une seule et même voix. Imaginez un Myboto hautement médiatisé par sa rupture d’avec Bongo faisant équipe, avant le vote, avec un Mamboundou jouissant de sa légendaire popularité d’homme radical, l’opposition aurait vraisemblablement fait le plein des 86% de voix qui se sont affirmées contre Omar Bongo lors de cette élection, non pas pour participer, dans les conditions que l’on a vues, à une élection perdue d’avance, mais pour mieux appuyer l’idée d’un boycott par des stratégies, comme l’a recommandé le BDP, visant ainsi à rendre le pays totalement ingouvernable. Le but de l’ingouvernabilité du pays visait tout simplement à obtenir une réforme constitutionnelle et électorale saine et la prise en main de l’élection par l’ONU, à la manière du Liberia. Mais pour faire aboutir une telle revendication, il fallait à ces deux ténors de l’opposition mettre de côté leur grosse tête (chacun se voyait déjà président) et fédérer tout ce qui restait de l’opposition au Gabon. Il fallait ainsi opposer, au camp de la majorité présidentielle, une majorité de l’opposition qui ferait bloc antithétique et se positionnerait dans une dialectique de combat révolutionnaire. Mais par fierté et croyance suicidaire en leur capacité de gagner seuls, Myboto et Mamboundou se seront perdus eux-mêmes, laissant ainsi le terrain libre à Omar Bongo pour les humilier avec des scores indignes et préfabriqués.

ERREUR 3: Manque de stratégie politique pré-électorale : Cette élection aura, finalement, dévoilé l’état d’impréparation idéologique qui était celui de Mamboundou et de Myboto.

D’abord parce qu’il faut être complètement inepte pour participer à une élection précipitée dont on vous annonce le programme juste une semaine avant la date limite des candidatures. Plutôt que de s’indigner et d’exiger plus de temps, on a vu un vrai branle-bas de combat se produire au sein d’une opposition à laquelle le régime donnait pourtant, par ce manège, l’opportunité inespérée de la première crise politique de cette élection. Il aurait alors fallu à l’opposition demander 30 jours au minimum de délai de candidature, et par le même coup, exiger un temps de campagne de 30 jours au lieu de 12. Et si le régime refusait, ils avaient alors le prétexte dont ils avaient besoin pour commencer un puissant boycott révolutionnaire, AVANT l’élection.
Ensuite parce que l’opposition est allée de renoncements en renoncements face à un régime qui, pourtant ne manquait aucune occasion pour la brimer. Quand il aurait fallu, au cours de la précampagne, poser le débat de la transparence, l’opposition s’est contentée de déclarations tapageuses creuses, sans toutefois faire quoique ce soit pour obtenir ne fût-ce que le minimum de transparence nécessaire, comme par exemple exiger, au minimum, la simple prise en mains et supervision de l’élection par l’ONU. Le prix de ce manque de stratégie politique aura donc coûté plus que cher à cette opposition, et partant, au pays tout entier.
Non, chers amis, ce n’est pas Omar Bongo qui a volé la victoire à l’opposition, mais l’opposition elle-même. Omar Bongo, depuis le départ, se savait perdant. C’est Myboto et Mamboundou qui, en refusant de boycotter, ont sauvé Bongo. Ils ont crédibilisé un scrutin qui, aux yeux des observateurs, était perdu d’avance. Car, finalement, on pourra leur demander : à quoi cela vous a-t-il servi de vous porter candidats’ Au vu de ce que nous savons aujourd’hui, n’aurait-il pas été plus judicieux de boycotter, sauvegardant par la même occasion un minimum de dignité à une opposition qui gardait ainsi toutes les chances de faire tomber ce régime sans se compromettre et sans s’humilier au travers d’une élection aussi prévisible? Si, effectivement, il est vrai comme le disent certains que Bongo aurait pu se fabriquer d’autres opposants pour essayer de crédibiliser le vote, ces opposants, néanmoins, n’auraient pas été Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto ! Mamboundou et Myboto sont les adversaires qui, seuls, avaient le poids politique nécessaire pour, soit crédibiliser le scrutin en participant, soit le décrédibiliser en le boycottant, avec des chances d’obtenir un report et une réforme beaucoup plus propices à une victoire de l’opposition si la stratégie de boycott est bien appliquée.

Ainsi, si Mamboundou et Myboto avaient eu une stratégie politique réelle, ils auraient en effet pu faire semblant de se présenter, puis auraient, trois semaines avant le vote, retiré leur candidature, laissant ainsi Omar Bongo dans l’impossibilité de se créer un adversaire sur mesure (la date de déclaration des candidatures étant passée). Ainsi, Mamboundou et Myboto, après avoir officiellement retiré leur candidature pour que leurs bulletins de vote ne soient pas imprimés, auraient fait une campagne pour le boycott, la transparence et le report des élections, laissant ainsi Bongo dans le plus grand embarras de se faire élire avec comme adversaires Moussavou King et Maroga. Une telle élection n’aurait eu aucune crédibilité et Omar Bongo aurait été forcé de reporter le scrutin tout en acceptant un minimum de transparence. Et s’il ne le faisait pas de lui-même, une opposition radicalisée autour de l’idée du boycott actif aurait empêché la tenue de cette élection, avec la possibilité même de chasser Bongo du pouvoir si les choses empiraient.
Une stratégie de boycott aurait donc, indubitablement, épargné à Mamboundou et Myboto cette incroyable humiliation. Car on se doit de se poser la question : Dans quel Gabon ces messieurs se croyaient-ils’ Croyaient-ils vraiment que dans ce pays appelé Gabon, pays dans lequel Bongo avait ficelé la constitution et limité les libertés citoyennes, il était possible de gagner une élection par le seul pouvoir des urnes ? Croyaient-ils que ce pays était soudain devenu une démocratie alors que la constitution même qui régulait la vie politique de ce pays restait une constitution digne d’une dictature? Quel type de combat politique autre que celui qui vise aux crises politiques et à la révolution l’opposition gabonaise pouvait-elle mener? Ne pas l’avoir compris demeure une erreur grave et jette le doute sur ce que Mamboundou et Myboto sont allés faire dans cette galère électorale. Leur faute, c’est de n’avoir pas compris que contre une dictature, on n’utilise pas des moyens de combat dignes d’une démocratie. Ce fut donc là un très mauvais calcul, mauvais calcul qui aujourd’hui, a été fatal à une opposition dont l’ineptie ne cessera d’étonner les générations futures.

ERREUR 4 : Manque de stratégie politique post-électorale : Ici encore, mêmes méthodes, mêmes erreurs, mêmes résultats. L?opposition gabonaise constituée par Myboto et Mamboundou aura, au lendemain de la proclamation des résultats, démontré qu’elle ne savait pas vraiment ce qu’elle faisait, qu’elle n’avait aucune stratégie et que, finalement, elle n’en valait pas la peine.

Pour une opposition qui se respecte, la proclamation de résultats frauduleux est, généralement, la dernière chance pour des actions révolutionnaires d’envergure. Non pas de manière hasardeuse, mais de manière calculée et stratégique. Il n’y a que Mamboundou et Myboto qui semblent avoir été surpris par la fraude bongoïste. C?est là un comportement bien étrange au vu de l’évidence. Vu que tout le monde s’attendait à ce que Bongo s’autoproclame vainqueur, la question n’était donc pas de savoir s’il fallait préparer la révolution, la question était de savoir si l’opposition, sachant que Bongo allait forcément tricher, AVAIT préparé la révolution, et ceci BIEN AVANT le vote ? Or, encore une fois, Mamboundou et Myboto viennent de rater le coche. Après avoir appris la proclamation de la victoire frauduleuse d’Omar Bongo au soir du 29 novembre, qu’ont fait nos gentils opposants’

ERREUR 5 : Ils se sont déclarés chacun vainqueur de l’élection : l’un, Mamboundou, déclarant avoir remporté le vote à concurrence de 52% et l’autre, Myboto, se déclarant vainqueur à 40%. Un signe évident de manque d’unité et d’envie de parler d’une seule et même voix pour gagner. De quoi donc totalement décrédibiliser toute revendication de victoire par l’opposition dans la mesure où les chiffres contradictoires des deux candidats de l’opposition montraient, en fait, qu’ils ne disposaient d’aucune preuve crédible pour soutenir l’idée de leur victoire. On ne pouvait quand-même pas se retrouver avec trois résultats différents pour la même élection ! Le résultat de Bongo, le résultat de Mamboundou et le résultat de Myboto ! De vrais opposants auraient, depuis le soir du vote et même avant, établi un accord pour parler d’une seule et même voix et auraient établi un quartier général commun pour attirer le plus de militants possibles en prévision d’un soulèvement populaire. Nos grands opposants semblent apparemment ne pas avoir pensé à une telle stratégie !

ERREUR 6 : Ils ont appelé les populations au calme avant, pendant et après le vote : Depuis le début de la campagne électorale jusqu’au soir même du vote, Mamboundou et Myboto n’ont cessé de décourager et de démobiliser leurs propres militants et le reste des populations en les appelant au clame et à la responsabilité. La vérité est donc que ce sont ces appels au calme AVANT, PENDANT et APRES le vote qui ont totalement découragé les populations et rendu impossible l’éventualité d’un soulèvement populaire coordonné ou non coordonné au Gabon. En gros, ce sont Mamboundou et Myboto qui ont rendu la révolution impossible par ces incroyables appels au calme et à la responsabilité qui n’avaient aucun sens devant un régime qui, lui, avait fait preuve d’irresponsabilité tout au long de l’élection. S?ils ne s’en rendent pas encore compte, c’est qu’ils ne savent vraiment pas ce qu’ils font, nos opposants ! De vrais opposants, AVANT le vote et PENDANT la campagne, auraient, non pas appelé au calme et à la responsabilité, mais plutôt à la mobilisation révolutionnaire, pour surchauffer les populations et les préparer au soulèvement. Mamboundou et Myboto ont fait le contraire. Pire, dès l’annonce des résultats préliminaires donnant Omar Bongo gagnant le jour du vote, de vrais opposants auraient déjà dû, au soir même du 27 novembre, appeler au plus gros soulèvement populaire que le Gabon n’ait jamais connu, car les populations en attente étaient encore surchauffées à ce moment. Il aurait alors suffit de convoquer 20.000 militants au QG commun de l’opposition unie pour leur demander de commencer à casser, vu que l’issue ne faisait plus de doute le 27 novembre déjà ! Ne parlons même pas du 29 novembre au moment de la proclamation des résultats définitifs. Mais qu’ont fait Mamboundou ? Ils ont continué à appeler au calme, demandant aux populations d’attendre le résultat définitif du vote. Pire, ils ont repoussé une conférence de presse commune d’abord au vendredi 2 décembre, c’est-à-dire 5 jours après, puis au jeudi 1er décembre, c’est-à-dire 4 jours après un vote où des résultats tronqués arrivaient déjà aux Gabonais depuis dimanche soir, résultats qui montraient clairement que le vote allait être volé ! Mais, plutôt que de prendre leurs responsabilités, ces opposants ont continué à calmer les militants, comme si, en complicité avec Omar Bongo, et comme Mba Abessole il y a quelques années, leur vrai objectif était en fait de tout simplement canaliser les frustrations des Gabonais vers l’immobilisme, de manière à éviter justement la révolte.

Quand, donc, Mamboundou parlait de ne plus se faire voler la victoire, on a du mal à voir où se trouvait la stratégie qui allait lui permettre de tenir à sa parole. Sait-il au moins que c’est quand il est chaud qu’il faut battre le fer? Quatre ou cinq jours après l’élection, un peuple désabusé n’a plus le courage de la révolte et a plutôt tendance à se décourager, à se démobiliser. Pour pouvoir encore gagner cette élection, c’est le 27 novembre au soir, ou au plus tard le 29 novembre au soir, que la révolution aurait dû commencer. Curieusement, au lieu de maintenir 50.000 personnes de manière permanente à leur QG commun dans le cadre de l’unité des deux hommes, afin de s’assurer un soulèvement immédiat de 50.000 militants qui auraient, le jour suivant, été rejoints par 50.000 autres dans un soulèvement jamais vu au Gabon, les deux hommes ont renvoyé leurs militants à la maison. Erreur grave !
A la fin, ce que Mamboundou et Myboto ont fait avec les appels au calme lancés tout au long de la campagne électorale a, en fait, démobilisé au lieu de mobiliser les militants. Face à une dictature s’apprêtant à voler des élections, on n’appelle pas les populations au calme. On les prépare à la révolution.
Et alors, on s’étonne que la population gabonaise soit passive ! Et demain, on accusera encore les Gabonais d’être un peuple passif !

Mon Dieu, quelle naïveté, quelle impréparation!

L?histoire du Gabon vient encore de démontrer que ce n’est pas le peuple gabonais qu’il faut blâmer pour les échecs successifs des opposants gabonais au cours des 15 dernières années. La preuve : Regardez la légèreté avec laquelle Mamboundou et Myboto ont appelé les Gabonais « à se lever » au cours de leur conférence de presse conjointe le jeudi 1er décembre. Mais, bon Dieu, quel amateurisme ! Comment Mamboundou et Myboto, après avoir eux-mêmes, avant et après le vote, contribué à la démobilisation de leurs militants par les appels répétés au calme, peuvent-ils, 4 jours après le vote, venir tout d’un coup appeler les quelques militants parsemés qui restaient « à se lever et à marcher pacifiquement afin de conduire leur destin vers la victoire finale » ? Quelle révolution pouvaient-ils espérer alors que tout le monde était rentré, découragé, à la maison ? Quelle efficacité espéraient-ils pour leur appel si, comme on le voit, ils attendaient que ce soit la population elle-même qui se débrouille pour causer la révolution ? Et que voulait dire concrètement Mamboundou et Myboto par cet indifférent appel aux Gabonais « à se lever et à marcher pacifiquement afin de conduire leur destin vers la victoire finale » ?

Apparemment, ni Mamboundou, ni Myboto ne savent pas ce que c’est qu’un soulèvement populaire. Apparemment, ces deux opposants ne savent pas qu’un soulèvement populaire dit « spontané » n’existe pas en tant que tel. Apparemment, ils ne savent pas qu’un soulèvement populaire « spontané » ne se produit que dans un contexte de crise politique où des opposants auront, au préalable, préparé le terrain pour justement permettre au peuple de se soulever. Quand nos opposants parlent de l’Ukraine, de la Géorgie, de la Russie et d’autres pays du monde où des soulèvements populaires ont réussi, ils croient apparemment très naïvement que ces soulèvements se sont produits par le pur effet du hasard, que les peuples eux-mêmes, un beau matin, se sont décidés à se lever pour chasser eux-mêmes les dictateurs. Apparemment, ils croient aussi qu’il a suffit, comme ils l’ont fait jeudi, pour un leader de venir devant les médias et de dire « soulevez-vous !» sans qu’au préalable tout un travail clandestin de préparation du peuple à la révolution n’ait été fait. Bref, nos opposants ont cru que les peuples ont la possibilité de se soulever tous seuls sans que quelqu’un de manière explicite ou implicite, les aient poussés et préparés à la révolution. Grosse erreur !

Les historiens démontreront facilement à Mamboundou et Myboto que les révolutions « orange » qui ont réussi de par le monde n’ont pas réussi tout simplement parce que les peuples se sont soulevés. Elles ont réussi parce qu’il y avait, dans ces pays, des leaders qui ont accepté de courir le risque de provoquer explicitement et implicitement ces révolutions. Là où les peuples, d’une part, se sont soulevés tous seuls, il y a eu des leaders pour prendre sur eux la responsabilité de récupérer ces soulèvements et donc, de les canaliser vers encore plus de révolte, provoquant ainsi la chute des régimes dictatoriaux. Ce fut le cas de la Russie où, voyant que le peuple s’était soulevé spontanément, Boris Eltsine, simple parlementaire jusque-là inconnu, récupéra la révolution à son profit. C?est ainsi qu’il devint naturellement président de Russie pour avoir eu le flair et le courage de récupérer une révolution qu’il n’avait pas provoquée. Là où les peuples, d’autre part, ne se sont pas soulevés tous seuls, comme en Géorgie, en Ukraine ou même en Côte d’Ivoire, il y a eu des leaders qui, dès le départ, ont fomenté explicitement et implicitement la révolution en profitant du sentiment révolutionnaire qui, comme au Gabon, animait le peuple. Ces leaders, sachant cela, ont tout simplement attisé des braises qui étaient déjà allumées et ont tout simplement canalisé les sentiments révolutionnaires vers une révolte populaire générale en bonne et due forme. Autrement dit, ils ont préparé, du début à la fin, la révolte par le discours et par les actes de défi envers le régime. Et face à des militants attisés, ces régimes pourtant plus militarisés que le Gabon, ont reculé. Au Gabon, les leaders de l’opposition reculent toujours avant même d’avoir avancé, et ils croient que le peuple se mettra en avant pour eux sans qu’ils aient besoin de montrer, au préalable, l’exemple. S?ils ne le savaient pas, Mamboundou et Myboto devront apprendre cette maxime : un dirigeant est fait pour diriger, et pour que le peuple suive, un dirigeant qui se respecte doit montrer la voie. Ceci veut dire que si l’on doit s’exposer aux arrestations, il faut être capable de le faire, sinon on n’en vaut pas la peine. On ne peut pas s’attendre à ce que le peuple meure pour soi alors qu’on ne peut pas soi-même risquer la prison ou la mort pour défendre les droits du peuple.

La raison pour laquelle les révoltes dans d’autres pays ont réussi est que le peuple, si laissé à lui-même, ne peut savoir quoi faire de sa révolte, qu’elle soit spontanée ou pas. On l’a vu en Chine où les soulèvements de Tien an Men ne menèrent nulle part parce que tous les leaders politiques et militaires n’osèrent pas se mettre en avant. Du coup, la belle révolte chinoise échoua.

Les raisons pour lesquelles un peuple se soulève sont si complexes qu’elles peuvent partir d’un simple événement aux apparences anodines comme cela se vit en Indonésie ou même au Gabon lors des émeutes ayant suivi la mort de Rédjembé, ou partir de raisons purement politiques comme dans le cadre de révolutions politiques dues à des contentieux électoraux comme en Côte d’Ivoire. Mais parce que le peuple fonctionne comme un troupeau de moutons et n’a pas, en tant que masse informe, la capacité intellectuelle de savoir quoi faire et dans quelle direction diriger son mécontentement, on ne peut pas attendre d’un peuple qu’il fasse comme Myboto et Mamboundou l’ont demandé, c’est-à-dire demander au peuple de prendre lui-même ses « responsabilités ». Faire cela équivaut à un amateurisme politique qui montre que ni Mamboundou, ni Myboto, ni même les gens qui les conseillent, n’ont pas pris le temps d’étudier l’histoire des révolutions populaires dans le monde. A ce titre, il est totalement faux de croire qu’il y a quelque part, des peuples passifs. Le peuple Gabonais n’est pas plus passif que tout autre. La preuve est que ce peuple, de manière spontanée, s’est toujours livré à de petits soulèvements spontanés, mais qui ont tous été tués dans l’?uf par les appels au calme des opposants eux-mêmes. En 1990, ce sont les opposants gabonais qui ont sauvé Bongo de la révolution en appelant au calme. Et depuis, cette époque, ce sont toujours les opposants qui, tantôt à cause de divisions internes, tantôt à cause de mauvais calculs ou de leur naïveté, et tantôt à cause d’appels au calmes indus, ont cassé l’élan révolutionnaire du peuple gabonais. En novembre 2005, Mamboundou et Myboto ont eux-mêmes tué la possibilité d’une révolution populaire.

Quand donc ces opposants accuseront demain le peuple de passivité, c’est qu’ils n’auront pas réalisé que ce sont eux-mêmes qui sont la cause de ce qu’ils appellent la passivité du peuple. La règle est pourtant simple : quand un peuple a des leaders passifs qui fuient devant leurs responsabilités, ce peuple devient forcément passif car ne trouvant dans ses leaders aucune des qualités de leadership et de détermination qui mènent aux révolutions. Il faut donc que l’opposition gabonaise arrête de cacher sa propre incapacité en se réfugiant derrière la supposée passivité du peuple. Au Gabon, Mamboundou et Myboto ont cru au père Noël en croyant que le peuple fait tout seul la révolution. Ils se sont aussi pris pour des pasteurs ou pour Jésus Christ, en acceptant de tendre la joue droite quand Bongo les giflait sur la joue gauche. Ce type de politique d’opposition ne mène nulle part. Ils paient aujourd’hui le prix politique de leur propre manque de responsabilité.

Ainsi, devant l’incroyable ineptie de l’opposition gabonaise, l’on est aujourd’hui en droit de se demander, quand Mamboundou promettait pendant la campagne que, cette fois-ci, il n’allait pas se laisser voler le vote, s’il avait vraiment mesuré le poids de ses mots.  Que voulait-il dire par là et qu’avait-il prévu de concret pour empêcher le régime de lui voler sa victoire ? Et si le peuple était son arme, comment pouvait-il espérer un soulèvement populaire après avoir lui-même démobilisé le peuple par des appels au calme incompréhensibles avant, pendant et après le vote?  Et quand on regarde les actions proposées par Mamboundou et Myboto pour faire respecter ce qu’ils ont appelé la voix des urnes, on se pose de sérieuses questions sur leurs motivations politiques réelles. Regardez un peu ce qu’ils ont, jusqu’à présent, proposé et posé comme actions politiques pour revendiquer une victoire légitime. Sur le site de l’UPG, par exemple, il est posté un document d’appel au soulèvement qui s’articule comme suit :

– Condamnation des occidentaux, notamment la France : Il est tout de même bizarre que, pour commencer une révolte au Gabon contre Bongo, la première réaction de l’UPG soit de s’en prendre à la France et aux pays qui soutiendraient Omar Bongo. Déjà, ceci est d’une naïveté et d’une banalité surprenante. Pourquoi diriger le combat vers les occidentaux quand on sait que le combat est avant tout entre peuple gabonais et Omar Bongo ? Que les occidentaux viennent chez nous nous exploiter est connu de tous les Africains depuis le 15e siècle. En faire aujourd’hui une proclamation comme si c’était une surprise ne peut qu’étonner, dans la mesure où personne n’est dupe quand au fait que les Français ne sont pas chez nous pour nos beaux yeux ou pour des questions humanitaires. Ils sont chez nous pour tirer profit de nos richesses et pour cela, ils soutiendront la personne qui garantira leurs intérêts. Ceci veut dire que ce n’est pas en s’en prenant à la France qu’on changera de régime au Gabon. Il faut faire l’opposé. Il faut s’en prendre directement au régime Bongo et l’affaiblir tellement que la France n’aura d’autre choix que de le lâcher, pour éviter de perdre ses intérêts au Gabon. Autrement dit, c’est en rendant le Gabon ingouvernable et instable que l’opposition forcera la France et les occidentaux à chasser Bongo. C?est ce que Ravalomanana, le nouveau président de Madagascar, avait fait quand il était dans l’opposition. Avant, pendant et après le vote qui l’avait conduit au pouvoir, il avait organisé l’insurrection et, dès la proclamation frauduleuse des résultats, s’était proclamé Président, contraignant ainsi Ratsiraka, le président sortant, à quitter la capitale pour s’exiler dans sa région natale. La France, après avoir pourtant déclaré Ratsiraka vainqueur comme elle le fait souvent avec Bongo, dût changer d’avis et exiger le départ du dictateur pour éviter que Madagascar ne sombre dans la guerre civile et que les Français n’y perdent leurs intérêts. Condamner ou s’attaquer aux Français et autres occidentaux avant même d’avoir mis Bongo à mal ne sert donc à rien, tellement c’est évident qu’ils soutiendront  tout simplement la personne qui se montre la plus habile et la plus capable. Si Bongo se montre plus habile que l’opposition pour se maintenir au pouvoir, les Français soutiendront Bongo. Si l’opposition se montre plus habile que Bongo en le mettant en difficulté, les Français soutiendront l’opposition. Bref, les occidentaux ne vont jamais avec les perdants et ne mettent jamais les perdants au pouvoir sans que ces perdants n’aient au moins fait leur preuve. Quand les occidentaux regardent l’opposition gabonaise se débattre dans ses incapacités, ils rigolent et sont souvent, malgré eux, obligés de se rabattre sur Bongo à cause de l’ineptie de nos opposants.

Il est donc clair que, n’étant pas dans nos pays pour des raisons humanitaires, les occidentaux privilégieront avant tout leurs intérêts. Et ces intérêts ne sont pas forcément attachés à la personne de Bongo. Leurs intérêts n’y sont attachés qu’en apparence, tout simplement parce que c’est Bongo qui est là, et ils ne vont pas chasser Bongo tant qu’ils ne verront pas que la présence de Bongo nuit à leurs intérêts à cause de l’instabilité qui en découle. Les occidentaux ne respectent et ne soutiennent que ceux qui, par leur détermination, se montrent forts et déterminés. Il suffit de le voir sur le plan international : ni les médias occidentaux, ni les gouvernements occidentaux n’interviennent pour parler des pays africains ou pour changer les gouvernements africains tant que le sang n’est pas versé. Des pays comme le Gabon n’ont donc aucune chance que les occidentaux s’intéressent à leur situation car c’est trop « calme ». Le Gabon ne changera donc pas par la volonté des occidentaux. Il changera de par la volonté des Gabonais eux-mêmes pourvu qu’il y ait des leaders qui sachent vraiment ce que le mot « opposition » veut dire.
– Marches pacifiques devant les ambassades de France: L?UPG a dans le même document, demandé aux Gabonais de faire des marches pacifiques en « assiégeant » les ambassades françaises partout dans le monde. On a presque envie de rigoler devant un tel appel car d’une part, l’UPG ne dit pas qui va organiser pour lui ces sièges et, d’autre part, comment de tels sièges vont permettre de chasser Bongo du pouvoir au Gabon. Encore une fois, une telle action n’a aucune valeur stratégique crédible. Pour qu’une telle action soit crédible, il aurait fallu que l’UPG l’ait préparée d’avance. Il est naïf de croire qu’un peuple peut, de manière spontanée, organiser de telles actions sans être guidé par des réseaux qui auraient, au préalable, préparé le terrain. Pire, même si une telle action avait pu avoir lieu, il est absolument fallacieux de faire croire aux Gabonais que c’est parce qu’on aura fait des marches pacifiques devant les ambassades de France que l’on pourra, comme par miracle, faire basculer le régime Bongo. Et comme nous l’avons dit plus haut, l’UPG se trompe de cible. Pour obtenir que la France chasse Bongo, ce n’est pas par la France qu’il faut passer, mais par Bongo. Autrement dit, pour que la France chasse Bongo, il faut que l’opposition s’organise pour mettre Bongo en difficulté, de manière à mettre la France devant le fait accompli d’une ingouvernabilité du Gabon qui ne lui laisserait d’autre choix que de demander, comme à Madagascar, le départ de Bongo pour sauvegarder ses intérêts au Gabon. Et ceci ne veut pas dire s’attaquer aux Français ou aux intérêts français. Ceci veut tout simplement dire s’organiser pour s’attaquer directement aux intérêts bongoïstes au Gabon, de manière à rendre le pays ingouvernable et instable. Et cela passe, non pas par des actions visant à « assiéger » les ambassades françaises, mais par des actions visant à assiéger le régime Bongo : par exemple, assiéger, dès la nuit du vote, la présidence de la république, le parlement et tous les édifices publics stratégiques par la force de 50.000 ou 100.000 militants déterminés, casser, brûler, etc. Bref, montrer par l’action révolutionnaire concrète que Bongo doit partir. Ainsi, si Bongo ne part pas de lui-même, ce qui est fort probable devant un peuple déchaîné, la France n’aurait d’autre choix que de demander à Bongo de partir pour éviter que le Gabon ne devienne une autre Côte d’Ivoire. C?est donc par le Gabon que la libération du Gabon s’obtiendra, et non par la France.

C?étaient apparemment là les deux seules mesures que l’UPG avait prévu pour faire tomber le régime Bongo et faire respecter la voix des urnes. C?est bien peu et cela prête à rigoler.

– Saisir la Cour constitutionnelle : Pire, comme troisième action, on a par la suite entendu Myboto et Mamboundou parler de saisir la Cour constitutionnelle pour lui montrer les preuves de la fraude. Mais quand-même ! Mamboundou et Myboto ne savent-ils pas que la Cour constitutionnelle elle-même fait partie des outils de fraude qu’Omar Bongo utilise pour se maintenir au pouvoir ? Comme le BDP-Gabon Nouveau l’avait démontré dans un article du 26 novembre 2005 intitulé « Dernier appel à l’opposition: nous pouvons encore sauver le Gabon du dictateur Omar Bongo », Mamboundou et Myboto se sont contentés, bien naïvement, de croire que c’est uniquement au niveau des urnes que l’on détermine la victoire électorale. Ils avaient oublié de voir la relation qui existe entre la transparence du processus électoral et le résultat des urnes. Le BDP-Gabon Nouveau avait ainsi essayé de leur faire comprendre que quand un processus électoral est tronqué et non transparent et frauduleux en amont, on peut s’attendre à des résultats tronqués en aval au niveau des urnes. Un processus frauduleux et manipulé peut en effet faire croire à une victoire légitime d’Omar Bongo sur la simple base du décompte mathématique des votes. Mais se contenter de cela serait oublier qu’il y a tout un système frauduleux derrière qui aurait pu mener à une victoire aux apparences légitimes (Cour constitutionnelle inféodée, non accès de l’opposition aux médias, brimades, corruption des électeurs et achat des consciences, utilisation des moyens de l’état à des fins partisanes, lois taillées sur mesure pour incapaciter l’opposition, etc.).

En omettant donc de tenir compte du processus électoral lui-même, Mamboundou et Myboto auront fait une grave erreur stratégique. Or, c’est une telle analyse qui leur aurait permis de voir que leur seule chance de gagner consistait, en fait, à boycotter le scrutin pour ne pas servir de caution à la fraude et à tout faire pour empêcher la tenue du vote en rendant le pays ingouvernable avant le vote, de manière à obtenir un report du scrutin qui aurait pu faire que les élections se tiennent dans un minimum de transparence. Et si leur stratégie était de profiter du résultat tronqué des élections pour annuler le vote ou faire basculer le régime, c’est avant le vote qu’il fallait préparer le peuple à la révolution, en le menant au soulèvement et en l’incitant à la violence révolutionnaire. Ainsi, au moment du vote et après, l’opposition pouvait alors lancer le vote dans une révolte fatale pour le régime. Or, ni l’un ni l’autre n’a été fait pour préparer le pays au soulèvement. Au contraire, les appels répétés au calme avant, pendant et après le vote ont eu l’effet pervers de totalement démobiliser une population pourtant prête à en découdre avec le régime. On s’étonne alors aujourd’hui de voir Myboto et Mamboundou recourir à la même Cour constitutionnelle qui leur a fait perdre l’élection, comme si cette dernière pouvait invalider un vote qu’elle-même a organisé en faveur de Bongo. C?est insensé !
A la fin, force est de se rendre compte que nos opposants n’ont pas encore compris que le légalisme, la médiatisation ou les marches pacifiques ne servent à rien si elles ne sont pas intégrées dans le contexte d’une stratégie révolutionnaire générale. Or, une stratégie révolutionnaire se prépare. Elle ne s’improvise pas. Si le seul but de l’opposition est d’attirer l’attention des médias et de la communauté internationale pour espérer obtenir gain de cause, alors leur opposition ne sert à rien car elle ne peut mener au changement. Il est important que Mamboundou et Myboto le comprennent une bonne fois pour toutes : La communauté internationale ne fait rien dans les pays où il n’y a pas de conflit ou de crise politique grave. Les nations occidentales, les médias et les organisations humanitaires n’ont que foutre de ce qui se passe en Afrique, encore moins au Gabon. Ils viennent de valider au Gabon une fraude qu’ils seraient incapables de cautionner dans leurs propres pays. Ceci parce qu’ils portent un regard paternaliste sur l’Afrique où les dictatures sont, à leurs yeux « normales » et ou des régimes comme celui de Bongo sont même jugés « démocratiques » et « stables », donc acceptables, malgré le manque évident de respects de droits et libertés humains. Les occidentaux ont ainsi une vision très raciste de l’Afrique et cela veut dire que toute opposition qui veut réellement le changement doit elle-même l’obtenir par la force de sa détermination. Car les rares fois où les occidentaux s’intéressent à nos pays c’est quand la situation a atteint des proportions inquiétantes à leurs yeux, cela veut dire des guerres civiles déclarées ou des situations d’instabilité tellement graves que cela demande leur intervention. C?est ce qui les a amenés, par exemple, à déposer Jean-Bertrand Aristide en Haïti ou à intervenir à Madagascar, en Sierra Léone, au Liberia ou même en Côte d’Ivoire. Autrement dit, on ne change pas une dictature comme celle de Bongo parce qu’on manifeste devant l’ambassade de France. Cela, ça s’appelle de la poudre aux yeux de la part d’une opposition incapable. On gagne face à une dictature en s’attaquant directement à la dictature. Ainsi, si on réussit à affaiblir la dictature tout en rendant le pays ingouvernable, alors les nations occidentales interviennent.

Donc, ni la France, ni les autres pays occidentaux, ni quelqu’autre pays ne chassera Bongo pour les Gabonais si les Gabonais eux-mêmes ne s’activent pas pour le chasser. Pour que la France chasse Bongo, il faut, en fait que les Gabonais eux-mêmes l’aient chassé en le rendant totalement inutile pour la France : c’est-à-dire l’affaiblir au point de pousser la France à trouver sa présence encombrante et dangereuse pour la stabilité du Gabon. Forcer la main de la France ne consiste donc pas à simplement manifester devant ses ambassades. Quoiqu’utile et médiatique, une telle stratégie ne doit pas être suffisante par elle-même. Il faut l’augmenter et la consolider en s’attaquant directement à Bongo au travers d’une insurrection organisée de manière à l’affaiblir tellement que la France et les autres pays occidentaux n’auront d’autre choix que de demander à Bongo de partir. En d’autres termes, sans mettre Bongo en difficulté, les opposants gabonais n’ont aucune chance de changer le Gabon.

La naïveté de l’opposition gabonaise reste donc sidérante. Car on se demande comment une opposition faite de Myboto (au moins 40 ans d’expérience politique) et de Mamboundou (au moins 16 ans d’expérience politique) a pu multiplier autant d’erreurs dans un contexte politique pourtant clair. Elle a participé au vote là où tout le monde savait l’élection cuite d’avance, elle savait qu’il allait y avoir de la fraude, mais pourtant elle a continué à participer. Et maintenant, elle se plaint passivement de la fraude comme si c’était une surprise pour qui que ce soit au Gabon. Soit cette opposition est entièrement naïve et ne sait pas du tout ce qu’elle fait, soit elle a tout simplement, par complicité avec le régime Bongo, fait élire Bongo à dessein au travers d’alliances obscures que seul le temps permettra de décrypter. Il n’y a tout simplement pas de logique ni à leur participation ni à leur méthodologie dans un scrutin comme celui qui vient de se dérouler au Gabon.

Entretemps, Omar Bongo semble déjà bel et bien installé dans son nouveau mandat de sept ans.

Véritablement, le malheur du Gabon, c’est d’avoir eu une opposition inepte.

Et demain, Mamboundou et Myboto viendront nous parler de responsabilité, de leur envie de ne pas verser du sang gabonais ou d’avoir du sang gabonais sur les mains. Lamentable.

Au Gabon, les opposants qui veulent cacher leur incapacité aiment à utiliser le mot « responsable ». Au Gabon, on veut faire de l’opposition « responsable », et dans ce cas, appeler les populations au soulèvement devient, à leurs yeux, un comportement « irresponsable ». Vous voulez d’une opposition conviviale? En voilà une. Que l’on ne nous parle plus demain de Mamboundou, opposant radical. Le radicalisme ce n’est pas que dans les mots, c’est aussi dans les actes que l’on pose. La vérité est que durant ce scrutin, on aura eu le plus grand mal à distinguer Mamboundou de Zacharie Myboto: même discours dur, mêmes méthodes conviviales. Les actes n’ont jamais suivi la parole.

La vérité aussi, il faudra à un moment la regarder en face: ni Mamboundou, ni Myboto n’ont jamais voulu gagner. Ils ont accepté, par naïveté ou par complicité, de jouer les marionnettes d’une mascarade qui se cachait à peine. Alors qu’ils avaient en main les clés de la victoire à un moment de son histoire où le régime Bongo était au plus faible, ils n’ont jamais voulu en faire usage, donnant ainsi à Omar Bongo l’opportunité d’un énième mandat.

Non, chers compatriotes, ce n’est pas Omar Bongo qui a gagné cette élection. C’est Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto qui lui ont donné la victoire. Autrement dit:

1) On ne peut pas accuser Omar Bongo de fraude quand on savait d’avance qu’il allait frauder. Quand on participe en connaissance de cause, ce n’est pas la peine d’aller pleurnicher par la suite en criant à la fraude et à la mascarade. C’est enfantin et c’est indigne.

2) On ne peut pas accuser la Cour constitutionnelle d’avoir manqué à son devoir. Son devoir, on le connaissait déjà : c’est servir le dictateur Omar Bongo. Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto le savaient, pourtant ils ont participé en connaissance de cause. Ou ils sont vraiment les hommes les plus naïfs au monde, ou alors ils cachent tous les deux des intentions machiavéliques qui ne tarderont pas à se révéler aux Gabonais. Il n’y a tout simplement pas de sens ni de logique à leur participation à une élection qui sentait la mascarade depuis 2003, époque où Omar Bongo avait fait changer la constitution pour préparer une victoire sur mesure en 2005.

3) On ne peut pas accuser l’état d’avoir été injuste: tout le monde savait que l’état au Gabon, c’est Bongo, donc pour gagner, on ne pouvait rien attendre de cet état, sauf si on veut juste faire de la figuration au profit de Bongo. Ne pas savoir qu’au Gabon, l’état c’est Bongo, c’est faire preuve soit de naïveté, soit de mensonge. Ne pas savoir qu’au Gabon, la loi c’est Bongo, c’est vraiment insulter l’intelligence du plus paysan des Gabonais qui, lui, le sait déjà.

4) On ne peut pas accuser Bongo d’avoir empêché les opposants de faire campagne dans tout le pays: on savait déjà que ni Bongo, ni ses partisans, ne le permettraient pas. Tout était ficelé, prévu, fomenté, préfabriqué. Que l’opposition vienne aujourd’hui s’en plaindre comme si c’était une surprise est quelque chose de sidérant qui défie toute logique humaine dans un Gabon pourtant entièrement aux mains de Bongo.

Et que par la suite, on nous dise, comme Mamboundou et ses partisans l’affirmaient lors de la campagne, qu’ils allaient gagner par des voies démocratiques la libération du Gabon, on ne peut que s’interroger. Mamboundou sait-il au moins que pour gagner démocratiquement dans un pays, il faut que ce pays soit démocratique ? Si donc, le Gabon pour lui était un pays démocratique dans lequel il pouvait gagner démocratiquement, pourquoi les plaintes et les pleurnichements aujourd’hui ? Il faut accepter démocratiquement la défaite ou alors se battre avec des outils d’opposant si on pense que le Gabon n’est pas une démocratie. Mais si le Gabon n’est pas, comme tous les Gabonais le pensent, une démocratie, on ne peut pas combattre Bongo par des voies démocratiques. Il faut autre chose. Et cette autre chose, c’est la révolution.

Bref, on savait tous que le Gabon n’était pas encore une démocratie et que le changement ne viendrait pas par les urnes. Que diantre est donc allée faire notre opposition dans cette galère?

Il reste par conséquent une seule évidence aujourd’hui: Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto sont allés faire de la figuration dans une élection perdue d’avance. Rien ne peut expliquer leur impréparation, et eux-mêmes ne pourront pas aujourd’hui nous dire qu’ils sont surpris par la gifle qu’Omar Bongo vient encore une fois, 15 ans après le retour du multipartisme au Gabon, de leur infliger. Même le plus inepte des Gabonais savait ce qui allait se passer. La réunion commune que Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto ont planifiée pour le 2 décembre, puis pour le 1er décembre sera restée, encore une fois, une occasion de déception pour le peuple Gabonais. Ils ont appelé avec légèreté les Gabonais à se soulever sans avoir, comme il se devait, préparé ce soulèvement. Ils ont proclamé une révolution qu’ils ont eux-mêmes contribué à faire échouer en appelant le peuple au calme avant, pendant et après le vote. Leur appel n’était donc pas un appel à la révolution pour faire réussir la révolution. Ils ne l’ont jamais préparée, cette révolution. Leur appel était un appel à l’échec, au découragement et au fatalisme.

Ce n’est donc pas par Mamboundou et Myboto que le Gabon changera.

S’il y a une chose que l’histoire retiendra, en fin de compte, c’est qu’Omar Bongo, en novembre 2005, fut sauvé et maintenu au pouvoir, non pas par les Gabonais (ils ne l’ont jamais fait), mais bel et bien par Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto, qui auront, par leur ineptie, condamné le Gabon à 7 ans d’enfer de plus sous Omar Bongo.

Et que l’on ne vienne pas nous dire que la faute est celle du peuple gabonais, un peuple que l’on accuse faussement de passivité. Le peuple gabonais n’est ni plus passif, ni moins passif que tout autre peuple. D’ailleurs, en 1990 et 1993, ce peuple a déjà démontré qu’il était capable de se soulever. Mais dans toute révolution, il y a une règle cardinale. Aucun soulèvement populaire ne réussit quand il n’y a aucun leader pour en porter la responsabilité. En 1990, la révolution spontanée commencée par le peuple avait échoué justement parce qu’aucun des leaders de l’époque n’avait voulu en porter la responsabilité en encourageant ce peuple à continuer la révolte. Pareil en 1993. Nos opposants ont toujours, à chaque fois, fait échouer les révolutions en appelant le peuple au calme, tuant ainsi dans l’?uf les moindres velléités révolutionnaires que le peuple gabonais aura pourtant à maintes fois exprimées depuis 1990.

Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto n’auront donc pas, à cette élection, pris leurs responsabilités d’opposants vis-à-vis du peuple. Ils semblent avoir voulu que ce peuple les porte lui-même au pouvoir comme par baguette magique, sans qu’ils n’aient fait quoique ce soit pour cela. A cause de leur manque de clairvoyance, une nation entière, la nation gabonaise, va encore souffrir. Sept ans de bongoïsme encore, donc sept ans de plus de pillage, de meurtres, d’impunité, de gabegie, de dictature, de mafia et, par conséquent, sept ans de régression pour le peuple gabonais. Alors que le 27 novembre 2005 aurait dû vouloir dire fin des souffrances pour notre peuple et renouveau pour notre pays, cette date va devenir celle du deuil d’une nation trahie à la fois par son gouvernement mafieux et son inepte opposition.

D?aucuns, à la lecture de ce document, nous poserons la question de savoir pourquoi nous n’aurons pas, nous-mêmes, au BDP-Gabon Nouveau, commencé la révolution vu que nous en parlons si bien ? Nous leur dirons que la révolution peut se traduire par deux composantes simples : la révolution pacifique, qui passe par des actions pacifiques ou semi-pacifiques comme des marches, des sit-ins, des actes de défiance et de désobéissance civiles qui, lorsque bien organisés, peuvent en effet mener à la chute d’un régime, comme on l’aura vu en Ukraine et en Géorgie ; il y a aussi la révolution violente qui elle, passe par des actes militaires et paramilitaires comme les assassinats ciblés, le terrorisme, la rébellion armée ou même la guerre civile tout simplement. Tandis que des actes de révolution pacifique trouvent terrain plus propice lors d’événements politiques comme les élections, la révolution violente elle demande un contexte tout autre. Pour le BDP-Gabon Nouveau donc, la question prend une triple connotation :

1) Le BDP-Gabon Nouveau sait qu’il n’est pas officiellement au Gabon vu que ses leaders ont été privés d’accès au pays au cours de cette période électorale. Ceci veut donc dire que le BDP-Gabon Nouveau se retrouvait limité dans sa capacité à efficacement travailler dans le sens d’une révolution pacifique vu que ses leaders n’étaient pas sur le terrain pour diriger efficacement leurs militants et les populations dans le sens révolutionnaire que le BDP a longuement développé dans ses analyses en direction de l’opposition. Etant donc handicapé par la non présence de ses leaders sur le terrain, il ne restait plus au BDP-Gabon Nouveau que de compter sur les opposants qui étaient sur place pour des actions communes qui auraient pu, dans le cadre de l’unité de l’opposition radicalisée, aboutir au résultat escompté. Mais ni les suggestions d’unité, ni les appels du BDP-Gabon Nouveau n’ont été prises en compte par l’opposition Myboto-Mamboundou. Ceci a donc eu pour effet d’isoler le BDP-Gabon Nouveau non seulement vis-à-vis du pouvoir en place, vu que c’est l’ennemi commun, mais aussi vis-à-vis d’une opposition qui semblait vouloir exclure le BDP d’un combat politique pourtant commun. Le BDP a fait des tentatives de rapprochement à leur endroit, mais aucun des groupes de l’opposition n’a essayé de se rapprocher du BDP. Peut-être parce que, eux, font de la politique « responsable » alors que le BDP fait une politique « irresponsable ».

2) Ceci veut donc dire que sans alliance avec les autres groupes de l’opposition, le BDP-Gabon Nouveau, qui n’a jamais testé sa popularité sur le terrain politique gabonais (nous sommes assez réalistes pour le reconnaître), n’avait aucune chance réelle d’arriver à faire changer les choses par une révolution pacifique à partir de son exil sans que cela passe par un accord entre toutes les composantes de l’opposition dite radicale, c’est-à-dire un accord entre au moins le BDP-Gabon Nouveau, l’UPG et l’UGDD. Autrement dit, il y a avait deux questions fondamentales que le BDP-Gabon Nouveau s’est posée : D?une part, quelles étaient les chances pour une action révolutionnaire pacifique d’aboutir si le BDP-Gabon Nouveau activait ses réseaux à distance sans accord avec le reste de l’opposition, surtout si cette opposition s’oppose aux méthodes du BDP en demandant à ses partisans de ne pas suivre les méthodes « irresponsables » du BDP, et d’autre part, à supposer que le BDP-Gabon Nouveau arrive à provoquer le changement rien que par la force de ses réseaux dans ce contexte électoral, un tel changement ne porterait-il pas Mamboundou au pouvoir alors même que ce même Mamboundou ne voulait pas entendre parler du BDP ? Autrement dit, le BDP-Gabon Nouveau devait-il risquer la vie de ses militants et des membres de ses réseaux révolutionnaires pour porter Mamboundou au pouvoir alors même que Mamboundou refusait les propositions d’unité que le BDP n’avait cessé de lui faire parvenir,  et que le BDP ne savait absolument rien des intentions de Mamboundou ? Or, vu que le BDP-Gabon Nouveau visait l’efficacité absolue, les paramètres électoraux actuels (manque d’unité de l’opposition, refus d’actions violentes de la part de Mamboundou et Myboto, discours contradictoires entre eux et le BDP, etc.) pouvaient, en fait compromettre cette efficacité. Le BDP-Gabon Nouveau ne pouvait donc pas risquer de mettre en danger ses réseaux sans qu’il y ait la certitude d’une réussite à 100%. Or la réussite d’une telle stratégie, en contexte favorable comme une élection, n’avait de chance d’aboutir que si toute l’opposition parlait d’une même voix et si cette opposition avait pu, avant le vote, arriver à un accord qui aurait permis à tous de travailler dans le même sens, avec les mêmes méthodes, pour la même finalité. On ne gagne pas une révolution dans un contexte où chacun parlerait de sa propre voix, mènerait ses propres actions et compromettrait, de par ce désordre même, les possibilités d’un changement réel. Une révolution cela se prépare et se coordonne. Et sans coordination stratégique, idéologique et politique entre les membres de l’opposition radicale, aucune des stratégies de révolution pacifique du BDP n’aurait pu aboutir avec les leaders du BDP bloqués à l’étranger et l’opposition du Gabon refusant de s’allier avec le BDP. Il ne fallait donc pas risquer nos réseaux pour une révolution pacifique telle que définie plus haut qui n’avait aucune chance d’aboutir à cause d’une opposition trop divisée.

3) Rejeté, en apparence, par l’opposition Myboto-Mamboundou, ne restait alors au BDP-Gabon Nouveau que l’option de déclencher unilatéralement une révolution violente, c’est-à-dire, comme définie plus haut, une révolution par des actes de guerre en bonne et due forme (actes militaires et paramilitaires comme les assassinats ciblés, le terrorisme, la rébellion armée ou même la guerre civile). En supposant que le BDP-Gabon Nouveau ait aujourd’hui les moyens d’une telle révolution violente (nous ne le confirmerons ni ne l’infirmerons point ici), les mêmes questions posées ci-dessus se poseraient toujours. Etant dans le contexte d’une élection à laquelle le BDP-Gabon Nouveau n’a pas participé et dans laquelle Mamboundou proclame à juste titre la victoire, pourquoi le BDP-Gabon Nouveau devrait-il mettre en ?uvre ses moyens pour libérer le Gabon et ainsi mettre au pouvoir Pierre Mamboundou alors que Pierre Mamboundou, aura, depuis que le BDP-Gabon Nouveau existe, refusé de s’associer à notre mouvement pour des objectifs qui sont pourtant les mêmes ? Il va sans dire qu’aujourd’hui, au vu du contexte électoral actuel, toute action qui ferait basculer le régime Bongo porterait automatiquement Mamboundou au pouvoir. La question consiste donc alors de savoir s’il est du devoir du BDP-Gabon Nouveau, sans accord particulier avec l’UPG et sans coordination stratégique avec ce parti,  de travailler pour Pierre Mamboundou alors même que Pierre Mamboundou, et partant, Zacharie Myboto, ne veulent pas entendre parler du BDP-Gabon Nouveau, du moins jusqu’à présent ? Il est important que les Gabonais comprennent que la politique n’est pas quelque chose qui se passe par hasard. La lutte politique, surtout si elle se veut commune, n’est pas juste quelque chose qui se passe au hasard des humeurs ou des événements. Elle se prépare, elle se construit autour de stratégies qui, dans le cadre du Gabon, auraient demandé une opposition sachant travailler ensemble. Vu que le BDP-Gabon Nouveau ne vise pas la prise de pouvoir pour lui-même, le mouvement aurait pu, en effet, mettre ses moyens dans une lutte commune avec les autres forces de l’opposition, avec l’idée précise que Mamboundou serait le futur président du Gabon si la révolution réussissait. Mais ni Mamboundou, ni Myboto n’ont voulu associer le BDP-Gabon Nouveau à leur entente, rendant ainsi impossible la possibilité pour le BDP-Gabon Nouveau de déployer ses réseaux au profit non seulement de l’union de l’opposition, mais aussi au profit de Pierre Mamboundou. Sans accord au sein de l’opposition, et sans coordination des actions pour une finalité commune, il n’y a pas de combat politique et c’est l’échec assuré.

Le BDP-Gabon Nouveau est donc, encore une fois, obligé de rechercher seul, les voies et les possibilités de changement au Gabon. Ceci veut dire que si le BDP-Gabon Nouveau doit un jour fomenter la révolution violente au Gabon, il devra le faire par ses propres moyens et pour sa propre finalité, qui est celle du peuple gabonais. Du moment que Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto nous aurons exclu de leur entente, il va sans dire que nous ne pouvons travailler pour eux dans un sens qui puisse les mener au pouvoir. D?abord parce que leurs stratégies sont tellement ineptes qu’elles sont vouées à l’échec et au discrédit, ensuite parce que leur opposition conviviale s’accommoderait très mal des méthodes révolutionnaires que le BDP-Gabon Nouveau a préparées tout au long de sa démarche politique. Ceci ne veut pas dire que le BDP-Gabon Nouveau se ferme à la possibilité d’une union stratégique avec l’UPG et l’UGDD. Ce que cela veut dire est que le BDP-Gabon Nouveau ne peut, sans accord préalable, s’inféoder à une autre formation politique sans que cette formation politique ait formellement approché le BDP pour un tel accord. Le BDP-Gabon Nouveau, tout en poursuivant son combat politique solitaire, restera donc toujours ouvert à toute idée visant à la fédération révolutionnaire des forces de l’opposition.

Il n’en demeure pas moins que le Gabon aurait pu changer le 27 novembre 2005 si Mamboundou et Myboto s’étaient, avant le vote, lancés dans une  stratégie de fédération de l’opposition. Mais c’est par leur grosse tête et leurs mauvais calculs que Mamboundou et Myboto ont rendu impossible une révolution pourtant facile à organiser et à réussir. Tout ce que cela demandait, c’était un minimum de détermination et un minimum de bons sens et d’unité.

En fin de compte, l’humiliation de Pierre Mamboundou et de Zacharie Myboto ne devrait plus nous surprendre. Ils font partie d’une vieille génération, contemporaine de celle d’Omar Bongo, avec qui ils partagent la même vision du monde et de la chose politique, c’est-à-dire une vision personnelle, celle-là même qui fait que l’on soit incapable d’unité et de sacrifice de soi, pour le bien de la nation. Cette génération voit le pouvoir comme une affaire individuelle et non comme une affaire d’état et de nation. Mamboundou et Myboto se voyaient déjà présidents avant la lettre, oubliant qu’on ne devient pas président par hasard ou juste parce qu’on est populaire. Devenir président ou réussir face à une dictature demande beaucoup plus que les mots. Il faut parfois être prêt à donner même de sa vie pour la cause commune. Ce n’est donc pas de cette vieille génération que viendra la libération du peuple gabonais. Ils ont fait ce qu’ils ont pu, en leur temps et avec les manières de leur époque. On ne peut donc pas forcément leur en vouloir, même si on peut leur exprimer sa déception. Chaque génération doit pouvoir faire sa part. Ils ont fait la leur, permettant ainsi, non pas le changement, mais l’espoir du changement. Aux nouvelles générations donc de prendre la relève et d’assumer, pour eux-mêmes et leurs enfants, l’obligation et le devoir de la relève.

La vraie question des temps à venir sera donc : Y a-t-il encore, dans la génération de jeunes gabonais d’aujourd’hui, c’est-à-dire celle des moins de 40 ans, des jeunes non bongoïsés par le CFA ou l’appât du CFA bongoïste, des jeunes aux valeurs patriotiques, capables de prendre valablement la relève et de tout faire pour que cet énième mandat d’Omar Bongo n’arrive pas à son terme?

Car si l’élection aura été une opportunité en or pour obtenir, immédiatement, la libération du pays, l’échec actuel doit requinquer les Gabonais patriotes et les motiver pour tout faire pour obtenir plus que jamais le changement, par tous les moyens possibles. Il n’y a pas de raison qu’Omar Bongo profite des 7 années qui viennent ou termine paisiblement ce mandat si les Gabonais s’organisent dans la résistance pour faire de ces 7 années un enfer sur terre pour lui et pour son régime. Nous pouvons encore rendre le Gabon ingouvernable et forcer le changement cette année, l’année prochaine, dans deux, trois, quatre ans. La lutte politique est rude est n’est pas facile. Mais elle demande des combattants et des compatriotes motivés capables de revendiquer leurs droits par tous les moyens possibles. Le vote ne valant plus rien au Gabon, c’est donc à cela que les Gabonais doivent désormais se préparer.

Nous disons donc,

Vive le Gabon !
Vive la nouvelle République !

Dr. Daniel Mengara
Coordonnateur
BDP-Gabon Nouveau
P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey 07052, USA
Tel: 973-447-9766 / 973-655-5143
Fax: 973-447-9766 / 973-655-7909
Site: https://www.bdpgabon.org

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