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Gabon: Cinq personnes sont incarcérées pour avoir détenu un document anti-Bongo

Huit jours après leur arrestation à Libreville, trois responsables d’organisations gabonaises militant contre l’utilisation opaque des revenus du pétrole, un journaliste d’une radio catholique ainsi qu’un gendarme ont été finalement informés de la nature de l’infraction qui leur est reprochée, mercredi 7 janvier, et écroués. Les autorités leur reprochent d’avoir détenu « un document en vue de sa diffusion dans un but de propagande » et d’avoir ainsi « incité à la révolte contre les autorités », délits passibles d’une peine maximum de cinq années de prison.

Gregory Ngbwa, qui s’est associé à la plainte déposée à Paris contre les « biens mal acquis » visant notamment le président gabonais Omar Bongo, Georges Mpaga, président du « Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon » et Marc Ona Essangui, correspondant du réseau international « Publiez ce que vous payez » ont été incarcérés à Libreville. Tout comme Gaston Asséko, journaliste à Radio Sainte-Marie, média appartenant à l’Eglise catholique associée à ces campagnes, ainsi que l’adjudant de gendarmerie Jean Poaty, dont le rôle reste à préciser. Dieudonné Koungou, journaliste au bimensuel Tendance Gabon qui avait relayé l’enquête sur les « biens mal acquis », a été inculpé des mêmes chefs mais laissé en liberté, indique Me Ruphin Nkoulou Ondo, avocat des six inculpés.

Le document dont la détention leur est reprochée est une « lettre ouverte » adressée au chef de l’Etat gabonais par un journaliste franco-gabonais vivant en France, Bruno Ben Moubamba, porte-parole de l’association « Acteurs libres de la société civile gabonaise ». Publié sur Internet à la fin décembre 2008, ce texte virulent s’interroge sur l’utilisation faite par le président Omar Bongo Ondimba, des richesses pétrolières et forestières du Gabon. Qualifiant d' »immense gâchis » les « quarante années » de pouvoir de M. Bongo, la diatribe accuse ce dernier d’agir « comme si le Gabon était (sa) propriété » et de vouloir « imposer » aux Gabonais son fils comme successeur. L’affaire intervient à un moment où le Gabon traverse une période de tension sociale et politique marquée par des grèves.

Philippe Bernard

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