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Gabon: Le prix Renaudot 2008, Tierno Monénembo hôte de l’Université Omar Bongo (UOB)

Tierno Monénembo, prix Renaudot 2008 a été le hôte de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville où il a participé mercredi dernier à un échange avec les étudiants et les enseignants des Départements de Lettres modernes et de Littératures africaines sur son œuvre et sur la consécration de son texte, « Le roi de Kahel ».L’écrivain guinéen Tierno Monénembo s’est entretenu dans une première phase avec les enseignants et chercheurs de l’Université Omar Bongo (UOB) au sujet de son œuvre et ses considérations sur l’Afrique.

Introduisant cet échange, le poéticien Steeve Renombo, chef du Département de Lettres modernes de l’UOB a interpellé l’écrivain sur la question de la mémoire et de l’identité très présente dans son œuvre.

Pour le prix Renaudot 2008, « l’exil nous penche vers l’abîme. Car le pays d’origine devient virtuel et donc c’est la mémoire qui absorbe l’écrivain de la Migritude que je suis ».

« L’identité n’est pas solitaire. Je suis peul à cause de la présence d’autres ethnies comme le soussou, le malinké, le mandingue, le sérère. Je ne tiens pas trop à être Africain, je vis l’Afrique. Car je suis Africain en dehors de l’Afrique depuis 1973. »

L’interrogeant sur l’acte d’écriture influencé par l’exil, le germaniste comparatiste Silvère Mbondobari a quant à lui fait remarquer à l’écrivain guinéen que l’exil n’est pas toujours le lieu de la création en prenant l’exemple de l’écrivain allemand Thomas Mann, lauréat du prix Nobel de littérature en 1929 qui a écrit à son retour d’exil.

Les étudiants dans leurs questionnements ont mis l’accent sur l’écriture de l’instable, de la modernité que laisse lire Tierno Monénembo à travers ses œuvres.

En effet, que ce soit dans « Pelourinho », « Un rêve utile » « L’Aîné des orphelins », « Crapauds-brousse », « Les écailles du ciel », les étudiants, à travers leurs lectures ont pu décrypter les diverses allusions à un univers à la fois carnavalesque et apocalyptique.

Répondant aux diverses préoccupations estudiantines, Tierno Monénembo a affirmé que « la dérive africaine peut être le salut pour une éventuelle sortie de crise. J’ai vécu les travers de la dictature de Sékou Touré. La preuve j’ai regagné en 1969 le Sénégal voisin à pied ».

« Je ne peux donc qu’avoir une écriture conforme à l’histoire. Car je sais maintenant le monde dans lequel je vis. J’arrive à comprendre le monde par l’exil et je le traduis par l’écriture. J’utilise la langue française pour traduire mon indignation, d’où je la tord », a-t-il expliqué.

Tierno Monénembo de son patronyme Tierno Saidou Diallo séjourne dans la capitale gabonaise depuis le 27 mars invité par le Centre culturel français (CCF) Saint-Exupéry à l’occasion de la semaine de la Francophonie.

L’écrivain Tierno Monénembo, 62 ans, originaire de Porédaka (Guinée Conakry), « Prix Renaudot » 2008 a animé le 28 mars dernier au Centre culturel français (CCF) de Libreville un café littéraire.

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