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DIRIGEANTS AFRICAINS Eva Joly accuse Rachida Dati d'"imposture"

L’ex-magistrate dénonce une « imposture » de la Garde des Sceaux, estimant qu’elle agit « pour faire plaisir au président » au lieu d’avoir recours aux services « compétents » de la Chancellerie concernant les « biens mal-acquis » de responsables africains. Rachida Dati dans le colimateur d’Eva Joly. L’ex-magistrate anti-corruption, co-listière de Daniel Cohn-Bendit pour les européennes pour Europe-Ecologie en Ile-de-France, a dénoncé lundi 25 mai comme une « imposture » l’action de la ministre de la Justice concernant les « biens mal-acquis » de responsables africains.
Au cours d’un point-presse devant un immeuble parisien de l’avenue Rapp où selon elle le président du Congo, Denis Sassou N’Guesso, possède un appartement, Eva Joly a déclaré qu’elle n’avait « pas à juger de sa valeur comme candidate, par contre je peux avoir une opinion sur son action comme Garde des Sceaux. (…) C’est une imposture ».

Plainte contre X

Concernant les « biens mal-acquis » de la Françafrique, Rachida Dati « ne se sert pas des services de la Chancellerie techniquement compétents, elle décide pour faire plaisir au président de la République », a poursuivi Eva Joly, au côté de Me William Bourdon, président de l’Association Sherpa.
Sherpa a déposé début décembre avec l’ONG Transparency international (TI) une plainte contre X sur « les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France », visant trois chefs d’Etat africains: Omar Bongo (Gabon), Sassou N’Guesso (Congo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale).

Une convention anti-corruption

A deux reprises, le parquet de Paris a classé sans suite, en novembre 2007 et septembre 2008, des plaintes simples visant ces trois chefs d’Etat africains et a fait appel de la décision d’une juge d’instruction d’ouvrir une enquête suite à la plainte avec constitution de partie civile de Sherpa et TI.
« Nous aimerions bien savoir comment (ces biens) ont été financés, cela doit faire l’objet d’une enquête ici en France pour remplir nos obligations internationales », car « la France a ratifié la convention anti-corruption qui nous oblige à coopérer pour restituer les biens détournés », selon l’ancienne juge d’instruction de l’affaire Elf.

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