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La présidence gabonaise, une entreprise familiale ?

Omar Bongo, président du Gabon depuis 1967 et doyen des chefs d’État africains, est mort, à Barcelone, le 6 juin 2009. Figure incontestée de la Françafrique, par les liens noués avec les présidents de la Ve République, de De Gaulle à Sarkozy, pas un seul n’a échappé à ce « parrain ». Rose Francine Rogombé, présidente du Sénat, assure l’intérim et organisera l’élection du nouveau président dans un délai de quarante-cinq jours.

Au Gabon, nombre d’habitants pensaient qu’Omar Bongo serait éternellement président. Sa disparition laisse le pays dans l’incertitude, face à une armada de prétendants issus, pour la plupart, de sa propre famille. Son fils, Ali Bongo, cinquante ans, actuellement ministre de la Défense du pays, est pressenti comme successeur. Sa soeur aînée Pascaline Bongo, cinquante-trois ans, directrice du cabinet présidentiel, ancienne élève de l’ENA, tenait le rôle de chargée de communication auprès du « boss », ainsi qu’il était surnommé à Libreville. Sur les rangs, également, son époux, Paul Toungui, soixante ans, universitaire, ministre de l’Économie et des Finances.

Le choix sera difficile pour les Gabonais. Si des membres internes au gouvernement s’unissent pour accéder au trône, le Gabon devra faire face à une succession dynastique. Selon James Ngumbu, secrétaire général de l’Association panafricaine de la presse, « Pascaline aurait plus de chances d’accéder au pouvoir, puisqu’elle a l’appui de la population et d’anciens amis de son père. Elle pourrait aussi désigner son époux à sa place. » Mais les Gabonais sont-ils prêts à voir une femme à la tête de l’État ?

Autre hypothèse : les opposants au pouvoir. En première ligne, Marc Ona Essangui, quarante-six ans, président de l’ONG Brainforest, emprisonné en décembre pour s’être opposé au gouvernement : « Je suis pour le respect des règles constitutionnelles, nous sommes dans une république, pas dans une dynastie. Une clarté absolue doit régner sur cette élection. » Second opposant et pas des moindres, Zacharie Myboto, soixante et onze ans. Membre du gouvernement Bongo durant vingt-trois ans, il se retire en 2001 et crée son propre parti : l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD). Il fustige la dérive personnelle du gouvernement et ne demande à la France « qu’une seule chose, qu’elle reste neutre ». Il inaugurerait donc la rupture avec une Françafrique si ancrée dans l’histoire du Gabon.

Rupture ou continuité, l’issue des prochaines élections sera déterminante pour la population gabonaise qui a déjà tant souffert.

     source: humanité

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