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Gabon : Casimir Oyé Mba, «le jeu est grand ouvert»

Dans la course au fauteuil présidentiel, tous les regards se tournent vers le Parti démocratique gabonais (PDG, parti au pouvoir) pour savoir quel candidat il proposera pour la succession au défunt président Bongo. Alors que les candidats se dévoilent encore timidement au sein du parti, le ministre des Mines et du Pétrole, Casimir Oyé Mba, n’exclut pas d’en être. Dans une interview accordée à Radio France internationale (RFI) ce 24 juin, que nous publions in extenso, l’ancien premier ministre du Gabon se veut confiant sur les défis auxquels devra faire face le PDG pour gérer, sans éclater le parti, les nombreux prétendants à la succession.

Le ministre gabonais des Mines et du Pétrole, Casimir Oyé Mba

D’ici combien de temps pourra t on voter à votre avis ?

«Étant donné l’étroitesse des délais constitutionnels de base, 45 jours maximum, étant donné la complexité des problèmes, il me semble que très probablement, comme la Constitution le prévoit, la Cour constitutionnelle estimera que nous sommes dans une situation de force majeure qui exige donc un délai supplémentaire. Maintenant de quelle durée sera ce délai supplémentaire ce n’est pas à moi de le dire.

Parmi les problèmes que vous évoquez, n’y a t il pas celui des doublons sur les listes électorales ? Ne faut il pas réviser ces listes ?

La perfection n’est pas de ce monde. Nous ne pouvons pas aller aux élections avec une liste électorale manifestement inappropriée, donc il faut trouver une solution médiane.

Quand vous dites «solution médiane», c’est une solution concertée avec l’opposition ?

Oui je pense qu’il faut une solution concertée avec tous les acteurs politiques

Le premier ministre craint que le parti au pouvoir (PDG) ne se déchire comme l’a fait le mouvement gaulliste après la mort de Pompidou en France. Qu’en pensez vous ?

Je pense que le risque que le PDG tombe dans des luttes intestines n’est pas à écarter. Mais le PDG auquel j’appartiens, il a des organes, il a des procédures, il a des statuts, je dirais même que cette fois ci plus que par le passé, nous devons suivre nos procédures habituelles. Parce qu’hier le président Bongo était notre candidat naturel, c’était le président fondateur, c’était le chef de l’Etat en exercice. Nous avons perdu notre candidat naturel, il faut donc trouver un candidat.

Certains disent que le fils du défunt, Ali Bongo, doit être le candidat naturel du parti. Qu’en pensez vous ?

Je pense qu’en dehors du défunt président Bongo, il n’y a plus de candidat naturel du PDG».

Voulez vous dire que si Ali Bongo était désigné le Gabon ressemblerait à une monarchie ?

Non. Ali Bongo est un citoyen gabonais comme moi, comme des milliers d’autres. Le fait qu’il soit le fils du président, je ne pense pas que dans une république comme la nôtre, cela lui donne plus de droits, moins de droits.

Certains disent qu’il manque de charisme et de popularité ?

Je n’en sais rien. Ce n’est pas à mois d’apprécier, c’est à tous les gabonais d’apprécier.

Le premier ministre, Jean Eyeghe Ndong, n’exclut pas d’être candidat. Le vice président de l’Assemblée non plus, Daniel Ona Ondo non plus, et vous Casimir Oyé Mba ?

Casimir Oyé Mba est un authentique citoyen gabonais. Il jouit de ses droits civils et politiques, il est en possession de ses facultés mentales, à peu près (rires), donc Casimir Oyé Mba, comme des tas d’autres compatriotes, peut être candidat.

Est ce que votre longue expérience gouvernementale, notamment le fait que vous ayez été premier ministre, vous met plus en situation que d’autres ?

Il n’y a que des anciens premier ministre qui puissent demain diriger valablement le Gabon. Oui je pense que moi, comme d’autres, je bénéficie d’une petite expérience dans la gestion des affaires de l’Etat. Voilà, je n’en dis pas plus.

Vous avez été gouverneur de la BEAC, vous avez été le candidat du Gabon à la présidence de la BAD, est ce que votre carnet d’adresse vous donne un petit avantage sur d’autres ?

Je ne dis pas cela. Je dis simplement qu’au fil des ans, j’ai accumulé une petite expérience. Je ne dis pas que je suis plus ceci ou plus cela. Il ne s’agit pas de cela a ce stade ci. Ce sont des propos que l’on peut tenir dans une campagne présidentielle parce que la température monte, il faut remporter l’adhésion des gens, mais nous n’en sommes pas encore là.

Casimir Oyé Mba, à la différence d’autres candidats virtuels à la présidence, vous appartenez à la première communauté du pays, les fang, est ce un atout ?

Moi je ne regarde pas les choses de cette manière là. Le Gabon doit être uni. Donc celui qui sera candidat en se fondant sur son ethnie, comme ce fut le cas par le passé, il sera rejetté.

Casimir Oyé Mba, imaginons un instant que le premier ministre soit candidat, qu’Ali Bongo soit candidat, que vous même soyez candidat, est ce que le parti ne risque pas d’exploser ?

Je n’ai pas de raisons de penser qu’un parti aussi expérimenté, n’arrive pas à procéder à une sorte d’arbitrage entre ses prétendants.

Franchement, si Ali Bongo n’est pas désigné par le parti, vous pensez que ses partisans et lui même s’inclineront devant cette décision ?

Si ce sont de vrais militants du PDG ils devront s’incliner. De même que si les partisans d’un autre prétendant à la candidature qui lui ne serait pas retenu, eux aussi devront s’incliner.

Cela veut dire que si votre candidature n’est pas retenue vous soutiendrez le candidat désigné ?

Moi je ne suis pas candidat pour l’instant. A l’heure où nous parlons, je n’ai pas encore pris de décision dans un sens ou dans l’autre. Je n’ai pas encore décidé d’être candidat à la candidature au sein du PDG, je n’ai pas non plus décidé de ne pas être candidat à la candidature au sein du PDG. J’en suis là aujourd’hui. Et puis si les militants du PDG pensent que le militant Casimir Oyé Mba peut être d’un certain apport pour eux et pour le pays, ils le feront savoir. Je n’aurais pas besoin forcément de bomber le torse, de dire que moi ceci cela. Le jeu est ouvert, je dirais même grand ouvert».

Exprimez-vous!

  1. le dernier paragraphe de article 13 de la constitution gabonaise dit ceci:

    « En cas de vacance ou lorsque l’empêchement est déclaré définitif par la Cour constitutionnelle, le scrutin pour l’élection du nouveau Président a lieu, sauf cas de force majeure
    constatée par la Cour constitutionnelle, trente jours au moins et quarante cinq jours au plus après l’ouverture de la vacance ou de la déclaration du caractère définitif de l’empêchement. »

    Pour le moment,la cour constitutionnelle n’a pas déclaré le cas de force majeure qui entrainerait la rallonge de la transition et cela est très inquietant car les jours avancent et rien n’est prevu par cette constitution au cas où la cour n’ayant pas prolongé la transition et que dans les 45 jours qu’il n’y ait pas d’élection.ce sera alors un vide.Je pense que les pdgiste ont déjà vu ce vide et jai bien peur qu’ils en profitent pour faire leur coup.
    Je pense qu’il est grand temps de demander à Mbourantsuo madeilene de constater le cas de force Majeure et un concensus doit se degager très rapidement.
    Epuis je trouve que cet article n’est pas assez complet car nul part il est écrit que le president qui assure l’interim ne doit quitter cet interim qu’après une election qu’il aura organisé,peu importe la durée.d’où ma question qu’est se passera t il s’il ny a pas prolongation avant les 45j?La loi prevoit QUOI?
    Nous sommes dans un cas de vacance où l’empechement est definitif,la constitution dit que meme dans ce cas,le delai c’est 45j.ce qui revient à dire que le deces de omar ne constitue en aucun cas un cas de force majeure pour cet article de la constitution donc on peut appliquer la constitution à la lettre .
    je m’attends à un debat juridique intense dans la classe politique.
    Hoo pauvre gabon

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