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Gabon: Désaccord entre le gouvernement et l’opposition

On pourrait dire aujourd’hui que le ciel des relations entre les partis politiques de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition radicale, est pratiquement nuageux. En effet, depuis le mardi 23 juin 2009, la présidente par intérim du Gabon, madame Rose Francine Rogombe a entrepris une série de concertation avec la classe politique gabonaise en vue de la préparation de la future élection présidentielle qui devra permettre la désignation par le peuple Gabonais, du future Président de la République. Ce mardi là, la présidente R F Rogombe, était face aux partis politique alliés au Parti Démocratique Gabonais au pouvoir. Il s’est agit pour cette formation politique et ses alliés de réfléchir sur les voies et moyens adéquats pour l’organisation de cette importante échéance électorale à caractère historique. Les responsables du PDG ont pour leur part souhaité que le délai soit prolongé de 60 jours. Il faut d’ailleurs rappeler selon la constitution Gabonaise, l’élection présidentielle devrait se tenir 45 jours après le décès du Président Omar Bongo Ondimba survenue le 8 juin 2009, à Barcelone en Espagne. Madame Rose Francine Rogombe ayant constaté que ce délai ne pouvait pas être respecté, au regard de l’ambiance qui règne dans le Pays-à cause du deuil de 30 jours décrété par les nouvelles autorités de Libreville- avait annoncé samedi 20 juin 2009, l’organisation d’une large concertation avec les différentes forces vives de Nation.

Une concertation à caractère démocratique qui s’inscrit sous le triple sceau de la constitution, la concertation, et du consensus. Si dans le camp de la Majorité présidentielle, l’accord semble parfait, tel n’est cependant pas le cas avec l’opposition Gabonaise. L’opposition juge que ce délai est très court. Puisqu’il faut parachever le processus de révision des listes électorale, l’inscription des électeurs sur les listes électorales, et surtout avoir le temps nécessaire pour battre la campagne électorale. Selon l’opposant Zacharie Myboto leader de l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement(UGDD) et candidat malheureux à la présidentielle de 2005, un groupe de travail sera créé avec le pouvoir en place pour aller plus au fond dans les détails. Au terme de la réunion avec la présidente par intérim, cet opposant a fait entendre la voix et la position de sa formation politique : Nous estimons qu’avec cinq mois au minimum et six mois au maximum, on doit pouvoir organiser une élection libre transparente et crédible.

Quant au leader de l’Union du Peuple Gabonais(UPG), Pierre Mamboundou, la loi électorale donne déjà un certain nombre de délais qu’il faut respecter. Rappelons que Zachari Myboto est un ancien dignitaire du régime qui a rallié l’opposition alors que Pierre Mamboundou, s’était lui, rapproché du pouvoir. C’est donc une situation confuse qui règne actuellement au Gabon. Chaque leader voudrait donc avoir du temps pour se préparer à cette échéance. Même si les candidatures ne sont pas encore officialisées, certaines intentions commencent à se faire ressentir. C’est le cas du premier ministre Eyeghe Ndong qui ne cache pas la possibilité d’une candidature à ce scrutin. Certains observateurs évoquent aussi le nom de père Mba Abessole, ou encore celui du ministre d’état en charge des mines du pétrole et hydro carbures, Casimir Oyé Mba. Mais il faudrait aussi compter sur le ministre de la défense, Ali Ben Bongo membre influent du parti au pouvoir, et fils du défunt président.

Source: Ericien Pascal NGUIAMBA, Journal du Cameroun

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  1. AccueilAnnoncesAnnuaireContactEvènementsLienGabon : Ce sera une succession à la togolaise , il n y aura pas d’élections libres au Gabon » “Tous ceux que Bongo a arrosé de sa générosité de corrupteur vont tout faire pour maintenir ce système“. Entretien avec Eyoum Ngangué, journaliste camerounais, fondateur de la JAFE, Journalistes Africains en Exil.

    (…) « Je ne pense pas qu’il y aura des élections libres. Ce sera une succession à la togolaise, dans la famille, et ce sera très grave pour le pays. Cela va endormir le Gabon, ils ont déjà perdu 42 ans, l’enjeu est trop grand. Mais tous ceux que Bongo a arrosé de sa générosité de corrupteur, au Gabon et à l’extérieur, vont tout faire pour maintenir ce système Bongo… Ali Ben Bongo a été préparé pour la succession. Il est Ministre de la Défense depuis 10 ans, député–maire de Bongoville et président de la Communauté islamique du Gabon. C’est une situation très monarchique qui semble arranger les puissances occidentales. »

    Quel bilan tirez-vous des 41 ans de présidence d’Omar Bongo ?

    C’est un bilan globalement négatif. Un règne comme celui-ci qui dure trop longtemps ne peut pas apporter grand-chose. C’était un pouvoir personnel, autocratique. Il ne pouvait pas résoudre les problèmes d’un peuple. C’était une démocratie de façade, une démocratie cosmétique. Il a créé un système avec une classe de privilégiés qui vivait grâce à lui, qui lui devait tout. Il a notamment transformé son village natal en Bongoville. C’était une vraie dictature bananière. Il y avait beaucoup de paraître. On a brassé beaucoup d’air pendant 41 ans mais sans résultat.

    On a aussi dit de Bongo que c’était un homme de paix. C’est faux. On se souvient par exemple que Bongo a aide à ravitaillé les sécéssionnistes du Biafra au début des années 60.

    Comment se porte le Gabon aujourd’hui, économiquement, socialement ?

    Le Gabon est un pays très peu peuplé et très riche. On aurait pu s’attendre à mieux. Mais le pays s’est appauvri, n’a pas ou très peu d’infrastructures, à part celles financées par les étrangers. La réalité n’est pas brillante.

    A l’époque de Bongo, chaque gabonais aurait pu avoir un baril de pétrole si les richesses avaient été distribuées correctement. Aujourd’hui il ne reste presque plus de pétrole au Gabon. Mais il y a encore des matières premières, comme le bois, la manganèse, le fer, mais qui ne sont pas encore exploitées. S’il y avait eu sous Bongo un débat sur la gestion des richesses ça aurait été différent. La population a délaissé des secteurs essentiels comme la pêche et l’agriculture pour l’appât du pétrole. Résultat, les gabonais se sont appauvris en 41 ans. Aujourd’hui ils consomment des produits venant du Cameroun et de France, vendus très cher. Libreville est d’ailleurs dans le top 3 des villes les plus chères d’Afrique, alors qu’il y a aussi des bidonvilles infects.

    Qui sont les candidats à la succession de Bongo ? Son fils Ali Ben Bongo est-il le favori ? Enfin, à votre avis, cette succession se fera-t-elle de manière légale ?

    Je ne pense pas qu’il y aura des élections libres. Ce sera une succession à la togolaise, dans la famille, et ce sera très grave pour le pays. Cela va endormir le Gabon, ils ont déjà perdu 42 ans, l’enjeu est trop grand. Mais tous ceux que Bongo a arrosé de sa générosité de corrupteur, au Gabon et à l’extérieur, vont tout faire pour maintenir ce système Bongo.

    Ali Ben Bongo a été préparé pour la succession. Il est Ministre de la Défense depuis 10 ans, député–maire de Bongoville et président de la Communauté islamique du Gabon. C’est une situation très monarchique qui semble arranger les puissances occidentales

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