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Afrique : La nouvelle stratégie de défense française s’organise

La France s’apprête à fermer sa base militaire au Sénégal, base qui constituait une de ses trois installations permanentes en Afrique avec 1.200 militaires français (terre, air, mer). « Les bases militaires françaises vont quitter Dakar pour être remplacées par une «plate-forme régionale de coopération» aux effectifs très réduits en vertu d’un accord qui sera signé avant le 4 avril (date de l’indépendance du Sénégal) par les deux parties» a déclaré le porte-parole du président sénégalais Abdoulaye Wade.

Paris va se défaire de sa base militaire de Dakar, cette annonce surprise de la part des autorités sénégalaises intervient juste après la visite du ministre français de la Défense Hervé Morin, consacrée notamment à la renégociation des accords de défense entre la France et le Sénégal. Le président sénégalais, Abdoulaye Wade a en effet lui-même présenté le départ des militaires français, non comme un choix de Paris, mais comme une décision de souveraineté prise par Dakar, en lui donnant une connotation anticolonialiste liée au cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal. En vérité, la décision a été prise d’un commun accord et s’inscrit dans la nouvelle stratégie de défense de la France en Afrique.
La France et le Sénégal, sont liés par un accord de défense depuis 1974, et quelque 1.200 militaires français (terre, air, mer) sont « pré-positionnés » à Dakar dans le cadre des « Forces françaises du Cap Vert » (péninsule de la région dakaroise).
Or, d’après l’entourage du ministre de la Défense français, « le concept de base a vécu et on va vers autre chose, la mise en place d’un pôle de coopération régionale ». Sarkozy avait affirmé dans son discours du Cap en 2008 que « la France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique ». Il souhaite donc faire de la fermeture de la base militaire française de Dakar un symbole de la «relation nouvelle » avec l’Afrique qu’il entend promouvoir.
Le Livre blanc sur la Défense adopté en 2008 prévoyait d’ailleurs explicitement de ne conserver que l’une des deux bases Libreville et Dakar qu’entretient la France en Afrique. Ce livre fixe le cadre général de cette politique à savoir : les renégociations des accords de défense signés par la France avec ses ex-colonies, la transparence, la prise en charge par l’Afrique de sa sécurité collective et l’européanisation des relations avec le continent en matière de sécurité.
Il s’agit également pour la France de répondre à des préoccupations budgétaires, tout comme le Sénégal qui récupère ainsi les 40 hectares du cantonnement français de Bel-Air qui surplombe la baie de Hann et qui font l’objet de nombreuses convoitises foncières.
La base française devrait au final être remplacée par une «plate-forme régionale de coopération» aux effectifs très réduits. Le 23e bataillon d’infanterie de marine (600 hommes) devrait quitter les lieux. Seule une unité de marine et la base aérienne devraient subsister. Le ministère de la Défense souhaite conserver avant tout « la possibilité pour ses bateaux et ses avions de faire escale à Dakar » et d’opérer depuis le Sénégal.
Un nouvel accord de partenariat de défense devrait être signé avec le Sénégal dans les semaines à venir.

Publié le 23-02-2010 Source : Affaires-stratégiques.info Auteur : Gaboneco

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