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Sarkozy rend un hommage controversé aux liens entre la France et l’Afrique

Lors d’un déjeuner controversé à l’Élysée réunissant 12 dirigeants d’ex-colonies africaines de la France, Sarkozy a annoncé l’alignement des pensions de tous les anciens combattants résidant à l’étranger. Quelle que soit leur nationalité.

Par FRANCE 24 avec dépêches (texte)

Comme une « réunion de famille ». Ce mardi, Nicolas Sarkozy a reçu à sa table les dirigeants de 12 des 14 anciennes colonies africaines de la France qui célèbrent cette année le 50e anniversaire de leur indépendance*. Mercredi 14 juillet, leurs soldats défileront sur les Champs-Élysées pour célébrer, dixit le chef de l’État français, « le lien du sang […] né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France ».

Lors du déjeuner, le président français, qui s’est défendu de toute « nostalgie coloniale », a ainsi annoncé l’alignement des pensions de quelque 30 000 anciens combattants résidant à l’étranger, quelle que soit leur nationalité.  » Dans un arrêté du 28 mai dernier, le Conseil constitutionnel avait validé le principe selon lequel le montant des pensions versées aux anciens combattants français et étrangers résidant hors de l’Hexagone devait être égal.

Une « décision historique » qui peine toutefois à couvrir les voix s’insurgeant de la tenue d’un déjeuner symbolisant la continuité des réseaux hérités de l’ère coloniale.

« Rien n’a changé »

Six semaines après le 25e sommet Afrique-France, à Nice, placé sous le signe du renouveau, l’invitation faite à ces 14 pays d’Afrique subsaharienne surprend. Sur la Côte d’Azur, Nicolas Sarkozy s’était employé à choyer l’ensemble des dirigeants du continent. Sans exception. Signe des temps nouveaux, le traditionnel « dîner des amis », d’ordinaire réservé aux dirigeants des pays francophones, rassemblait, cette année, la totalité des chefs d’État et de gouvernement invités au sommet.

L’association Survie, qui milite pour une remise à plat des liens franco-africains, s’étonne donc de ce déjeuner qui rappelle fort le « pré carré » des anciennes colonies. « Rien n’a changé, déplore son secrétaire général Olivier Thimonier. La France ne veille qu’à préserver ses intérêts, sans aucune exigence démocratique. »

De son côté, l’opposition fustige une résurgence de la Françafrique. « On est retombé dans la politique des réseaux, dans l’affichage des connivences, s’est insurgé François Hollande, député socialiste de Corrèze. Ce qui est grave, c’est que la politique africaine est prise en main totalement par l’entourage du président ». Après la démission du secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet, « c’est Claude Guéant [secrétaire général de l’Élysée, ndlr] qui devient le ministre de l’Afrique », a-t-il ironisé.

* Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo.

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