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L’Union nationale à la peine

A quelques mois de sa création, les balbutiements de l’Union Nationale (UN) n’étonnent personne. Mais si l’on peut comprendre que, loin de son âge de raison, cette formation politique aime à se contorsionner dans des rêveries qui peuvent bercer sa naïveté politique, on ne peut guère comprendre que ses responsables soient à l’origine de ces balbutiements. Tous, en effet, du président au dernier secrétaire, ont une riche expérience politique et une riche expérience de la gestion des affaires publiques. Et pourtant, malgré leur expérience, les dirigeants de l’UN donnent la mauvaise impression de chercher querelles stériles et divertissements de l’opinion publique nationale et internationale.
A la naissance de ce parti, nous nous sommes tous mis à projeter une opposition responsable qui mettrait en relief les limites de l’action gouvernementale, cela autant pour éclairer l’opinion publique que pour montrer à l’Exécutif qu’il n’a pas le monopole du sentiment national. Or, à ce jour, l’opinion publique n’est pas éclairée par les déclarations des responsables de l’UN, et le sentiment national est dans le camp de l’Exécutif et les dignes citoyens qui sont au service de la République.
On ne peut rester silencieux devant les sorties médiatiques de l’UN qui font espérer un vrai discours de l’opposition, mais à chaque fois, c’est un flop ! On ne doit rester sans réaction face à ses tourmentes politiques et discursives ; si l’UN n’est pas en mesure d’aiguillonner l’opinion publique, celle-ci peut l’aiguillonner. C’est donc à cet exercice que nous nous soumettons pour sortir de l’amnésie collective les responsables de l’UN et l’aider à marcher sur ses deux jambes pour atteindre son âge de raison. Cet exercice est nécessaire.
Pour les responsables de l’UN, « l’illégitimité est le péché originel de ce pouvoir », c’est-à-dire du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Permettons-nous de rappeler que tout est légitime qui est au moins conforme à la loi. Ali Bongo Ondimba a été élu président de la République selon les règles démocratiques et en respect de la légalité constitutionnelle.

Il n’est pas utile de ramener maladroitement dans l’antique querelle, sinon, dans le débat stérile qu’affectionnent les opposants battus au cours d’une consultation politique et tentant de semer la confusion dans les esprits en ergotant sur la légalité et la légitimé. Reste que, si par légitimité, l’opposition voudrait entendre « reconnaissance populaire », c’est là une chose qui ne manque pas à Ali Bongo Ondimba. Inutile de rappeler également les liesses populaires que suscitaient ses déplacements et ses meetings lors des élections anticipées du 30 Août 2010.

Aujourd’hui, même un borgne verrait qu’Ali Bongo Ondimba est adulé par le peuple gabonais. Un peuple qui à l’intérieur comme l’extérieur du pays, est fortement séduit par son agir politique, sa détermination et son ambition pour le pays. Il y a bien un effet, un effet Ali qui n’échappe à personne. Le chef de l’Etat suscite l’espoir, il draine autour de sa personne une forte attente. Il aime son pays comme l’a d’ailleurs si bien reconnu André Mba Obame sur les ondes d’une radio internationale.
Ce qu’il faut dire aux responsables de l’Union nationale, c’est que le débat n’est plus à ce niveau, et qu’il faut sortir de leur traumatisme électoral. Un pays ne vit pas que pour des élections. Il y a un moment pour arrêter la propagande et se rendre au travail. La hantise électorale amortit les efforts de pensée dont on sait que l’UN est pourvue. Rabâcher cela, c’est simplement rendre indigeste le discours, c’est causer l’ennui auprès de ceux qui peuvent encore leur prêter oreille. Le président de la République est président de la République (il faut s’autoriser cette redondance) pour sept ans, conformément à la loi fondamentale de notre pays. Enfin, si par légitimité, l’opposition voudrait contester l’élection à un tour, il est juste de leur rappeler que le gros des responsables de ce parti politique, André Mba Obame, Casimir Oyé Mba, Paulette Missambo, feu Zeng Ebome, étaient tous, à un niveau ou à un autre dans l’exercice de leurs fonctions respectives, à l’hémicycle et qu’ils ont soutenu ou voté cette loi permettant une élection présidentielle à un tour que seul Zacharie Myboto avait contesté sans grande conviction. De toutes les manières, là encore, la légitimité est évidente d’autant que tout se fait à l’aune de la loi. Maintenant, si l’on veut remettre en cause l’élection présidentielle à un tour, il faut le dire de manière explicite. Nous sommes en démocratie ; tout peut se dire dans le respect d’autrui.
Sur le sous-développement auquel le Gabon fait face, Omar Bongo Ondimba lui-même en avait fait le triste bilan. La bataille des responsables de cette formation politique se réduit en une logique d’accusation dans laquelle ils ne sortent même pas gagnants. Et il est pathétique de voir des hommes responsables se démener à fabriquer et à falsifier l’histoire alors qu’elle est vraiment proche de nous. Léon Mébiame a déclaré, il y a quelques années, qu’il n’avait jamais gouverné.

Non seulement c’est une auto injure qui ne le grandissait pas mais, en plus, tous les collaborateurs d’Omar Bongo Ondimba renieraient, avec cette logique, leur amitié et leur solidarité dans le régime. Ce qui ne serait pas loyal, alors qu’Omar Bongo Ondimba a tiré sa révérence. Bien, à supposer que depuis toujours le président de la République concentre tous les pouvoirs. Cela tient non seulement à la vision de chaque leader de leur manière de gérer le pouvoir, mais aussi des attributs que lui confère la Constitution.
A ce propos, on est surpris de constater que tous les dinosaures de l’UN ont subitement une méconnaissance de la caractéristique du régime présidentiel ayant alimenté les nombreuses chroniques du politologue Alain Duhamel, analysant les pouvoirs étendus du président de la République sous la Vème République. Et Myboto ! Le régime d’Omar Bongo Ondimba n’existe pas sans certains noms comme celui de Zacharie Myboto qui a courageusement assumé sa partition au PDG et sa démission de celui-ci. Que dire de ses autres compagnons de fortune ?
Non, il n’est pas utile de ressasser cette histoire si l’on veut y trouver une virginité politique. Personne n’en sortira indemne, et nous serions tous « privés de la gloire de Dieu ». De toutes les manières, quoi qu’ils fassent, les pseudo opposants et néo-opposants qui ont mangé à la table du roi ne parviendront jamais à effacer ces pages de leur histoire et de l’histoire du pays. S’ils n’étaient pas d’accord avec la façon de gouverner, ils auraient pu démissionner pour montrer leur désaccord. En 1990, c’était une option crédible et possible. Ogoulinguéndé l’a fait. Les autres, aujourd’hui, très critiques, avaient choisi de se taire, ils n’avaient que cure tant qu’ils étaient bien collés dans leurs fauteuils cossus.
On ne voit pas en quoi tout cela fait avancer le débat politique. Nous sommes devant des débats et polémiques stériles. L’opposition ne doit pas enfermer l’opinion dans son traumatisme électoral. Et en parvenant à se guérir de ce mal, il aura franchi un pas vers le lieu où la République l’attend.
A ce jeu d’ailleurs, l’UPG de Mamboundou semble avoir pris la bonne option. Non seulement elle perçoit la supercherie des néo-opposants, qui étaient hier à la table du roi, mais elle comprend l’importance de mener un débat politique porteur en montrant les forces et les faiblesses de l’action gouvernementale. Loin des enfantillages de l’UN et de sa hantise électorale, l’UPG prouve que c’est un parti républicain. Qu’attend-on, en définitive, du chef de l’Etat ? Dans la vie politique, il y a des moments opportuns pour se taire et d’autres pour parler. En l’occurrence, l’opposition ne peut pas rater l’occasion de se taire lorsque le chef de l’Etat lance ici et là des travaux de grande envergure, lorsqu’il fait des voyages aux fins de chercher des investisseurs. Veut-on d’un chef d’Etat confiné dans ses bureaux passant ses journées à accorder des audiences ? Certainement pas, et d’ailleurs ce n’est pas dans le style d’Ali Bongo Ondimba.

L’opposition voudrait trop vite faire un bilan d’une action gouvernementale en cours d’exécution. Il est dans ses attributs d’attirer l’attention de l’Exécutif sur tel ou tel projet, mais il est mal aisé de crier haro sur un pouvoir qui prend seulement ses marques. A mi-mandat, l’opposition sera servie : elle aura toute la latitude de critiquer les résultats des projets initiés deux ou trois ans plus tôt. Mais la détermination d’Ali Bongo Ondimba est telle qu’on verra déjà son projet de société sortir des croquis et autres schémas conceptuels plus tôt. On connaît la rengaine consistant à faire croire au peuple que rien ne se fait, même si des actions.

Lin Joël NDEMBET

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  1. Vraiment ce Lin Joël NDEMBET est le parangon du lèche-botte par excellente, je trouve ! Je crois que ce type devrait tout simplement lui, arrêter de divertir le peuple gabonais.

    Je note amèrement hélas, qu’il confond ses fourberies personnelles avec un quelconque amour du peuple gabonais pour un usurpateur qui une fois de plus, vient de montrer à la face du monde que nos concitoyens ne sont bons qu’à recevoir des dons de sa part.

    On attendrait d’un journaliste (?) comme Ndembet un peu de probité intellectuelle qu’on y obtiendrait que dalle ! Alors, laissons-le divaguez, mais pas au nom du peuple gabonais de plus en plus paupérisé que les prises de position des gens de son accabit desservent grandement. Et que l’opprobre soit sur lui et ses semblables !

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