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50 ANS d’Indépendance (17 août 1960-17 août 2010): Où en est la République Gabonaise ?

Par Dr. Jean Aimé MOUKETOU, Paris France 

En décembre 1959, le général Charles de Gaulle déclare que: « L’indépendance réelle, totale, n’appartient en réalité à personne. Il n’y a pas de politique possible sans coopération. Il n’y a pas, si grand et si puissant qu’il soit, qui puisse se passer des autres ». C’est dans ce contexte qu’il consentit à octroyer l’Indépendance aux Etats d’Afrique noire d’expression française, particulièrement le Gabon, le 17 août 1960. Celle-ci avait pour projet d’assurer la continuité de sa politique, son complice d’intérêt, Léon Mba, programmé pour être le président de la République Gabonaise.

À cheval sur l’équateur, avec une population d’environ 1 million d’habitants, le Gabon est un État d’Afrique centrale de 267.667 km², couvert à  85 % par la forêt équatoriale et qui dispose également de nombreuses richesses du sous-sol, à l’instar du pétrole, du manganèse, de l’or, du nickel, du phosphate, de l’uranium. Ce pays pratique une économie de rente, très marquée par les paradigmes de la politique de la mondialisation des marchés, et qui, cependant, laisse peu de place à l’entrepreneuriat national. Cette situation empêche l’émergence d’un véritable secteur privé ou parapublic national dynamique capable d’assurer une compétitivité sous-régionale, continentale ou mondiale.  Globalement, entre le 17 août 1960 et jusqu’à ce jour, le Gabon a connu plusieurs crises sans pouvoir toujours relever les différents défis. Autrement dit, nous assistons aujourd’hui à une faillite quasi généralisée.

Malgré cette Indépendance, version général de Gaulle, le Gabon est-il parvenu à entretenir des rapports de coopération d’égal à égal avec la France? En d’autres termes, quel bilan peut-on faire après cinquante ans d’Indépendance du Gabon ? Ce temps a-t-il permis aux Gabonais d’amorcer un début de développement probant ou celui-ci est-il bridé par des intérêts politiques, économiques, industriels ou stratégiques de l’ex- puissance coloniale, la France ? Pour vérifier nos interrogations nous allons analyser, la politique d’aménagement du territoire à travers le niveau d’équipement des infrastructures de base, le poids de la colonisation française sur la vie politique du Gabon, la dictature du PDG et ses alliés dans l’organisation des consultations électorales, les politiques prioritaires initiés par l’Etat. Nous terminerons notre analyse par les perspectives  de développement de l’administration publique et l’éducation nationale.

  • La politique d’aménagement du territoire

En matière de politique d’aménagement territorial, on n’observe pas une meilleure répartition des hommes et des activités sur le territoire gabonais. Le pays manque d’une véritable politique de planification qui permette de développer une urbanisation rationnelle en matière, par exemple, de logement, de circulation urbaine afin de satisfaire les besoins essentiels des populations. Il en est de même du désenclavement des agglomérations humaines. Si l’accès à certaines d’entre elles est rendu possible grâce aux tracés laissés par l’administration coloniale, leur entretien reste hypothétique, de même que la mise en  œuvre de nouveaux projets telle que la connexion de la ville de Port-Gentil avec le réseau routier national. Les causes de ce retard sont légion et les plus évoquées font allusion à la désaffection du régime au pouvoir, depuis  plus d’une quarantaine d’années. Et que dirait-on alors de la route Lébamba-Mbigou, qui traverse, sans conteste, des régions fortement peuplées.

Aujourd’hui, aménager  le territoire gabonais ne se résume qu’à une simple organisation du territoire tel que le préconise l’Etat gabonais. La politique d’aménagement élaborée à l’heure actuelle n’a pas connu une véritable exécution.  Elle n’est pas le fait d’acteurs sérieux intervenant à des échelles différentes de l’espace du pays, et dont les intérêts peuvent se trouver en concurrence. L’espace gabonais souffre des déséquilibres. Certaines disparités sont anciennes, tandis que de nouvelles apparaissent. Les provinces de l’Estuaire et de l’Ogooué-Maritime concentrent une grande partie des activités, des équipements  et de la population nationale, tandis que le reste du pays est  peu peuplé et peu actif. L’absence de voies de circulation à grande vitesse carrossables montre que les provinces du Gabon ne sont pas reliées entre elles. Il y a donc des  territoires abandonnés au Gabon.

Les vrais besoins des populations gabonaises ne sont pas pris en compte. En effet, le contexte général du réseau routier gabonais est ridicule. En cinquante ans d’Indépendance, ce réseau routier compte 9170 km de routes classées et non classées, dont moins de 940 km seulement sont bitumées, 7600 km de routes latéritiques, 630 km de pistes ordinaires et, 156 ouvrages d’art définitifs et semi-définitifs, 650 ponts en bois (cf. photo 1 p. 2) et une dizaine de bacs encore en service. Avec 41 km de routes par 1000 km² et 10% de routes bitumées (cf. doc. 1 p. 2), le Gabon figure parmi les Etats de l’Afrique subsaharienne qui a le plus faible taux de routes bitumées.

Document 1 : Pont en bois dangereux.


Document 2 : Vues partielles d’une route bitumée du Gabon.


 Ces faibles valeurs s’expliquent essentiellement par des lourds investissements que le pays a consentis pour le développement d’autres modes de transports notamment la construction aventureuse du chemin de fer d’une seule voie reliant Libreville et Franceville sur 670 km, la construction de plusieurs aérodromes très mal entretenus. L’insuffisance des moyens de communication s’accompagne des difficultés de déplacement des producteurs paysans, du lieu de ramassage des produits (cacao, café, banane, manioc…) au centre d’achat ou au marché. Les producteurs gabonais résident dans les villages de fortunes aux voies de communication peu carrossable surtout pendant les saisons de pluies. Dans l’ensemble du pays peu de routes sont praticables entre les villages et les villes (cf. doc. 3 p. 3).

Document 3 : Vues partielle du réseau routier gabonais.


Le rôle de l’Etat n’est pas présent: en cinquante ans d’Indépendance, les différentes politiques d’aménagement du territoire  n’atténuent pas les déséquilibres du territoire en favorisant par exemple les implantations industrielles dans les provinces, en créant des zones industrialo-portuaires. Le réseau de  transport ne joue pas un rôle important dans la géographie économique du pays: il ne détermine pas largement l’implantation des autres activités économiques sur le territoire national.  

Le pays ne connaît pas de grandes mutations dans les domaines de l’économie, l’agriculture, la société, la culture et l’art. Depuis le 17 août 1960, malgré l’abondance de ses ressources naturelles, le Gabon  n’est pas l’une des grandes puissances économiques d’Afrique.  Comme les autres pays de l’Afrique francophone, le Gabon n’a aucune politique fondée sur le développement des industries de haute technologie et des services. 

Activité majeure du secteur tertiaire, le tourisme concerne des domaines variés, transports, hôtellerie, restauration, la culture, l’environnement. Ce n’est pas  une activité économique essentielle du Gabon.  Le tourisme représente  moins de 1% du PIB et génère moins 500 d’emplois permanents. Le Gabon accueille moins de 1% des touristes européens, américains (Etats-Unis et Canada), asiatiques (Chine, Japon) et 98% des Gabonais passent leurs vacances dans leur propre pays, mais ils ne participent pas au développement de cette activité. La situation géographie (800 km de côte), la diversité des paysages naturels (plages, côtes rocheuses, massifs montagneux), son patrimoine culturel et historique exceptionnel ne rendent pas malheureusement naturellement  le Gabon attrayant. Les activités touristiques ne sont pas développées. Le tourisme « vert » ne concerne pas les zones rurales  qui ne sont plus fréquentées par les citadins. Le tourisme culturel ne se dirige dans aucune  ville du pays. Le palais du bord de mer  où résidait le président Albert Bernard Bongo-Ondimba  peut offrir un patrimoine architectural et monumental au pays.

Par ailleurs, en matière d’équipements, on compte très peu de réalisation, au prorata des importants passifs et très nombreux budgets de l’Etat, très souvent chiffrés en des milliers de milliards de francs CFA, bien avant et après la dévaluation intervenue en janvier 1994. Aussi, bien qu’on ait noté quelques rares réalisations significatives, il demeure que celles-ci, faute d’une maintenance conséquente, ont fini par tomber en ruine. La liste n’est pas exhaustive : l’hôpital Jeanne EBORI de Libreville, le stade Omnisport président Omar Bongo-Ondimba, l’université gabonaise, etc. L’université gabonaise, par exemple (cf. doc. 4 p. 4), garde dans les mêmes infrastructures anciennes qu’à sa création en 1971, excepté les trois amphithéâtres construits après les grèves récurrentes des années 1990.

Document 4 : Une vue partielle de l’université de Libreville qui date depuis les années 1970

Cependant, ses effectifs sont devenus pléthoriques à la fois dans les salles que dans les campus où, par exemple, deux étudiants au moins sont logés par chambre. A cela, il faut ajouter le manque de bureaux et de salles de laboratoires des enseignants et lieux de réception des étudiants.

Certains villages, cantons, et villes du pays manquent d’équipements sociaux, culturels, sportifs, technologiques et sanitaires. Les conditions de vie des jeunes écoliers ont des effets sur leurs conditions d’études. La transmission des connaissances sans outils pédagogiques adaptés, le travail systématique bâclé en classe et des effectifs pléthoriques dans les salles de classe ne sont de nature à faire entrer les jeunes gabonais dans les apprentissages scolaires et prévenir en amont les difficultés. Le travail personnel à la maison des élèves ne cesse de s’alourdir et le recours aux cours particuliers non maîtrisés se développe. Ce travail scolaire à la maison contribue ainsi à accroître les inégalités lorsqu’il met en jeu des savoirs et des savoir-faire qui n’ont pas été travaillés en classe. Les réponses du ministère de l’éducation nationale ne sont pas appropriées pour résoudre ce problème.

Après cinquante ans d’Indépendance, les achats du cacao et café par exemple se font parfois à l’aide d’une pirogue à moteur de capacité très moyenne (environ 4 sacs de cacao et de café). Les populations se plaignent du manque de moyen de transport. Les planteurs gabonais n’en disposent malheureusement pas pour acheminer leur production vers les marchés. Pour y être, ils sont parfois obligés de parcourir plusieurs kilomètres à pieds (cf. doc. 5 p. 5). Cette situation entraîne comme conséquence, l’abandon des villages et de l’agriculture destinée à l’autoconsommation, la baisse de la production des cultures commerciales.

Document 5 : Deux paysannes gabonaises en train de marcher pour rejoindre leurs champs.

Le pays n’a pas de politiques suffisantes de succursales des crédits ruraux. La majorité des planteurs gabonais ont difficilement, si non jamais accès au crédit agricole malgré la présence d’une banque nationale rurale. Les planteurs sont obligés de venir à Libreville pour la recherche d’un crédit éventuel.  Alors qu’on parle d’une « stratégie offensive », de la mise en place de politiques favorables à la mondialisation dans l’ensemble des pays industrialisés, on peut se demander si dans le contexte de la mondialisation, qui concerne l’ensemble des sociétés et des territoires, la réforme de l’Etat au Gabon s’accompagne d’une bonne gouvernance.

Administration publique

Sur le plan administratif, le Gabon serait caractérisé par une « fonction publique pléthorique » qui se traduirait par l’importance de la masse salariale. Néanmoins ce n’est pas tant les effectifs de la fonction publique (moins de 35000 fonctionnaires) qui greffent le budget de fonctionnement de l’Etat mais les inégalités salariales entre agents du fait d’une politique de copinage et de passe-droits. Il y a des secteurs d’activités non pourvus à l’instar, de la santé, de l’enseignement et du cadastre (le manque de géomètres a pour conséquence l’occupation anarchique des terrains à Libreville.). A travers la répartition des fonctionnaires sur le territoire national, il y a une très mauvaise politique des ressources humaines. Les pouvoirs publics valorisent les activités pétrolières et minières au détriment de la fonction publique.

En plus, en  matière d’administration publique, depuis 1997, le gouvernement gabonais à initié un projet de réforme et de modernisation de l’Etat. Celui-ci visait à impulser une meilleure politique de professionnalisation et de responsabilisation des agents de l’Etat. Cela  ambitionnait de qualifier les postes de compétence requis et déterminait les conditions de recrutement à la Fonction publique (sans oublier le recensement des fonctionnaires et leur accompagnement dans la carrière.) Or, ce projet n’a guère abouti et les journées de l’administration ainsi que les opérations de recensement desdits agents de l’Etat ne cessent de se multiplier et surtout de se transformer en de véritables kermesses dont le dessein, en vérité, ne sont que des clins d’œil aux institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, Union Européenne) en vue de solliciter des financements qui seront détournés par la suite. Ainsi, les effectifs de l’administration gabonaise ne sont pas connus, aujourd’hui, et les textes administratifs, pourtant mimés sur le legs institutionnel colonial, à l’instar du statut des personnels et de la structure administrative ne sont pas en adéquation avec les standards actuels de la gestion administrative dans les pays occidentaux notamment. Nous avons toujours une concentration de la majorité des fonctionnaires à Libreville.

Le poids de la colonisation dans la vie politique du Gabon.

Dans cette partie, nous analyserons à la fois la mainmise de certains hommes politiques, affairistes français et de la dictature du Parti démocratique gabonais (PDG) et de ses alliés.

S’agissant de la politique coloniale, à l’Etat colonial ne se succède pas le 17 août 1960 un Gabon indépendant. A cet effet, de 1886 jusqu’à nos jours, le Gabon reste la « vache laitière » de la France. Le poids de la colonisation française, la dictature du PDG et ses sbires reflètent dans l’organisation de la vie sociopolitique et économique du pays. Depuis 1960, les différentes institutions de la République Gabonaise vivent toujours dans la logique de l’assimilation.  Sur le plan politique, tous les dirigeants du pays sont restés assujettis de l’ancienne puissance coloniale, la France. Le pays même « Indépendant » demeure encore sous l’influence de quelques colons français,  hommes d’affaires et politiques, universalistes, affectifs et ambigus qui ne veulent pas laisser les Gabonais prendre leur destin politique, économique, culturel et entrer dans la mondialisation. Le Gabon est ainsi un pays conquis, exploité par ces colons.

La négation de cette politique coloniale au Gabon est renforcée par la dictature du PDG et ses sbires. C’est à croire que les Gabonais ont pris unanimement le parti de s’auto flageller dans un élan de masochisme au stade préconscient. La dérive autoritaire que le Gabon connaît aujourd’hui, commence avec le premier régime au pouvoir de feu président Léon Mba de 1960 à 1967. Elle se poursuit entre 1968 et 1990 avec un autre  régime politique dictatorial qui a permis au parti unique, le PDG institutionnalisé par le feu président Omar Bongo-Ondimba de concentrer entre ses mains tous les pouvoirs. Le PDG fait de son Grand timonier Albert Bernard Bongo (feu président Omar Bongo-Ondimba), l’objet d’un culte de personnalité: les grands rassemblements collectifs, les parades du 12 mars restent des moments d’intenses propagandes et de communions collectives autour de l’idéologie « destructrice » du pays. Le président Bongo-Ondimba, l’homme que le tout Libreville a en juin 2009  déploré la disparition, au nom d’étonnantes traditions bantoues qui assènent de pleurer même son meilleur ennemi, ne ressassait-il pas fièrement cet apophtegme désormais bien connu des Gabonais qu’il s’est astreint à brimer, à avilir et à humilier : « Le chien aboie, la caravane passe »! Tout un programme d’achat des consciences bien huilé, qui a formidablement bien fonctionné pendant quarante deux ans de règne absolu. La population est surveillée par une police politique le « B2 » qui s’immisce dans la vie privée des Gabonais, les opposants ainsi que de nombreux autres compatriotes ont été assassinés. De nombreux  assassinats contre des opposants gênants au système d’Etat-PDG (Ndouna Dépenaud, Germain Mba, Joseph Rejambet…) n’ont jamais été élucidés. La presse reste censurée et est aux ordres du régime d’Etat-PDG. La vie culturelle et tous les domaines de la pensée restent guider par l’art du PDG chargé de faire la promotion du « style réaliste » en organisant des émissions télévisées telle que « La minute du parti ». Le réalisme destructif-PDG devient ainsi la doctrine officielle du pays. L’école se charge de la formation de la jeunesse pdégiste et de l’encadrer dans des associations du parti qui lui inculque les valeurs du « livre blanc » du PDG et le culte de son Grand timonier.

L’organisation de la Conférence nationale en mars-avril 1990 qui a eu pour conséquence majeure la réouverture du multipartisme, n’a guère changé la situation politique.  Les différents processus électoraux, de 1990 à 2009, voire celles organisées de 1960 à 1967 n’ont pas permis non seulement de valider des élections libres, honnêtes et crédibles mais encore de laisser présager une issue politique heureuse pour le Gabon. Ces processus électoraux ont tous abouti à des contestations et à des contentieux non résolus. Le PDG et ses sbires restent maîtres du jeu des élections truquées.

Il importe d’analyser les stratégies de conservation du pouvoir  par les héritiers politiques, garant des institutions, chargées d’organiser des élections présidentielles anticipées et d’apprécier, par ailleurs, le rôle des médias et la réaction ou le comportement de certains acteurs politiques de l’opposition issus du parti Etat-PDG. En ce qui concerne les stratégies de conservation du pouvoir par les héritiers politiques, garant des institutions et chargées d’organiser des élections présidentielles anticipées, il y a la présidente du Sénat assurant la Présidence de la République par intérim, la Présidente de la Cour constitutionnelle, le Président de l’Assemblée nationale et les membres du parti Etat-PDG.  Pour la présidente de la République par intérim, de nombreux Gabonais ont rêvé d’une transition responsable, en phase avec les dispositions de la loi fondamentale; autrement dit, la présidente par intérim a été perçue comme une valeur symbolique. Mais Madame Rose Rogombé s’est heurtée par le cœur et l’esprit aux centripètes ou du moins à la conscience de sa nomination, en tant que candidat au Sénat de la commune de Lambaréné. On ne pouvait pas donc s’attendre à une lucidité des prises de position de Madame Rose Rogombe, naturellement portée à une indéfectible reconnaissance vis-à-vis du système PDG.  

Quant à la Cour Constitutionnelle,  on ne saurait douter de la forte implication à plus d’un titre de sa présidente  dans l’orientation de l’issue de la transition institutionnelle de la Présidence de la République depuis la réouverture démocratique. D’abord, elle est redevable d’un système qui l’a maintenu à la présidence de la Cour Constitutionnelle, alors que les textes prévoient que son mandat, fixé à sept ans ne soit renouvelable qu’une fois. On observe qu’elle a dû rempiler trois fois, au risque d’avoir également une présidence à vie. Ensuite, on ne saurait se tromper en avançant que le rôle de gardienne de la Constitution et de garant des règles du jeu électoral, que devrait assurer Madame la Présidente de la Cour constitutionnelle ne se soit transformé en protecteur des acquis et de la continuité du système Etat-PDG.  

Cette volonté de conservation du pouvoir fut découverte, dès lors que le débat sur les primaires devant désigner le candidat du PDG soit biaisé par des partisans irréductibles du système. En effet, nous avons assisté à la formation de deux camps en dépit du respect des statuts fondateurs du parti: le premier camp, celui dit du changement, conduit par Jean Eyeghé Ndong et Oyé-Mba, et le deuxième camp, celui du conservatisme dynastique soutenu par le président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba-Ndama et le Secrétaire général du PDG Faustin Boukoubi. Le second camp l’emporta de façon frauduleuse et stalinienne utilisant l’argument de la succession au sein de la dynastie Bongo ou la famille présidentielle pour espérer continuer à conserver ses privilèges par la prédation des deniers publics et l’utilisation abusive des institutions républicaines.

La Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) par sa composition et ses effets ne paraissait pas devoir rompre avec ses habitudes d’antan. A cet effet, dès l’annonce de sa première composition, tout observateur aurait pensé que le Ministère de l’intérieur désirait  véritablement jouer le jeu. Cependant, cela n’a duré que le temps d’une rose. D’abord parce que les membres de la CENAP étaient les mêmes qui avaient toujours participé au biseautage des résultats au temps du défunt président Omar Bongo Ondimba. Ensuite, il n’était pas question qu’ils renoncent à leurs avantages. Aussi, fait rarissime, on ne comprendra jamais pourquoi, à-brule-pourpoint, le président de la CENAP, a changé la quasi totalité de ses membres, chargés de superviser les élections tant à l’intérieur du pays qu’à  l’étranger. Sans oublier son positionnement pour soutenir la candidature du fils du président défunt Ali Ben Bongo Ondimba.

Si la campagne présidentielle de 2009 a été digne dans l’opposition, celle-ci n’a pas a eu accès aux médias et à la province du Haut-Ogooué où s’est organisée le gros de la fraude (une avance d’environ 50000 voix dans une province peu peuplée). A l’étranger par contre,  la mobilisation s’est faite tous azimuts, mais en ordre dispersé. Les 41% d’Ali Ben Bongo Ondimba sont en réalité divisés par plus 2,5. La perversion politique des leaders de l’opposition facilite la tâche au PDG.  De plus, les institutions ne sont pas favorables à un multipartisme politique permettant aux Gabonais de mettre en débat l’ensemble de leurs aspirations. Après quarante deux ans de règne d’Etat-PDG, les Gabonais allaient derechef aux urnes le 30 août 2009, en espérant que la transition institutionnelle née des conditions la disparition du Président Omar Bongo-Ondimba le 9 juin 2009, allaient déboucher sur une alternance politique véritable aux sommets de l’Etat. Mais les forces rétrogrades animées par les  réminiscences d’une gestion patrimoniale et clanique en ont décidé autrement.

Quant aux pseudos opposants secrétés par le « bongoïsme » primaire et désopilant (cf. doc. 5 p. 9) avancent jusqu’à présent cagoule au front, faisant croire toujours de leur « action politique » dans le pays, à une véritable possibilité de mettre à mal le système Etat-PDG qui continue à piller le Gabon. Ce sont les sempiternels chantres patentés d’un convivialisme participatif aux instances de pouvoir dans un régime qu’ils ont forgé, sont incapables de combattre et de honnir publiquement ((le cas patent d’André Mba-Obame, ancien ministre de l’intérieur que beaucoup de Gabonais considèrent aujourd’hui comme messie de l’opposition. Quelle mémoire courte !). Comment s’étonner dès lors, fort d’un tel constat qui laisse effroyablement bée, qu’il n’y ait pas eu, en plus de quarante trois ans d’exercice de pouvoir absolu, aucune stratégie sérieuse d’alternance politique ? La politique au Gabon se résume depuis 1960, en peu de mots, à un business très lucratif. C’est celui qui fera le plus de tapage médiatique contre les lieux communs et les pratiques de pouvoir à dénoncer,  qui sera ensuite en position d’aller réclamer sa part de pitance. 

Document. 5 : Les pseudos opposants désopilants du Gabon.

Pour ce qui concerne les missions diplomatiques occidentales, présentes au Gabon, ainsi que la Communauté internationale, elles sont bien informées que les élections du feu président Omar Bongo-Ondimba en 1993, 1998 et en 2005 et tout récemment, de son fils, Ali Ben Bongo-Ondimba, le 30 août 2009, ont été entachées  de nombreuses et flagrantes irrégularités, à l’origine de la contestation par la société civile gabonaise, les partis politiques de l’opposition du Gabon,  l’ONG les « Anges Gardiens de la transparence », l’Observatoire National de la Démocratie, la Diaspora Gabonaise de France, et de biens d’autres situés aux Etats-Unis, au Canada.et au Sénégal.

L’avenir sera des plus difficiles pour notre pays. Il faudra colmater les brèches pour gouverner. La France politique, ne saurait ignorer cette mascarade démocratique et, a une grande part de responsabilité dans le manque d’enracinement de la démocratie au Gabon.  En effet, le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, et l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP) ont fait fi de cette mascarade en encourageant l’installation d’une monarchie absolue au Gabon. Toutes choses qui, paradoxalement, remettent en cause les principes démocratiques que la France tient de son histoire, comme patrie des Droits de l’Homme. Les intérêts économiques et égoïstes de certains hommes politiques français ne sauraient renier cet idéal partagé universellement par toute la planète, pour que M. Nicolas Sarkozy, comme c’est devenu une coutume et en dépit de leur politique « de rupture » autrefois préconisée. L’ancienne puissance coloniale, la France  pratique-t-elle une diplomatie à deux vitesses en comparant la Guinée du Capitaine Dadys  Moussa Camara au Gabon d’Ali Bongo-Ondimba, tous pourtant auteurs de tueries importantes perpétuées respectivement le 28 septembre 2009 à Conakry et  le 3 septembre 2009 à Port-Gentil ? Malgré les contestations de la société civile gabonaise, l’ONG les  Guardian Angels for Transparency, l’Observatoire National de la Démocratie, la Diaspora gabonaise  de France et des Etats-Unis, les autorités françaises n’ont toujours pas  condamné jusqu’à ce jour le coup d’Etat électoral et toutes les exactions, dont les tueries, commises par les forces de l’ordre. Le voyage officiel du président Sarkozy le 24 février 2010  au Gabon et, la participation de Monsieur Ali Bongo-Ondimba au défilé du 14 juillet 2010 sur les champs Elysées ont pour  but essentiel  de consacrer un pouvoir putschiste, impopulaire , mafieux, et, de renforcer des liens paternalistes avec les membres de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP)  qui ont toujours participé au biseautage des résultats.

Les perspectives

Fort de ce qui précède nous devons tous déclarer : « plus jamais ça ! ». Les Gabonais doivent cesser de voir dans l’élection présidentielle l’aboutissement de l’affirmation du leadership d’une communauté culturelle, d’une nationalité, d’une province, d’un clan et ses affidés sur les autres, pour justifier sa monopolisation du pouvoir et, par conséquent, le refus de l’alternance politique. Ce sont ces mêmes causes qui ont produit les guerres civiles que nous déplorons aujourd’hui dans certains pays africains. C’est pourquoi il faut sortir de ces considérations ethniques qui ne sont pas porteuses de développement politique, donc d’expression démocratique, seul gage de l’épanouissement socioéconomique d’un pays. A moins qu’on veuille que les mêmes familles, les mêmes partisans, les mêmes lobbies continuent à organiser la prédation des ressources du pays.

Aussi, proposons-nous deux choses le rassemblement des forces vives d’une part et, l’éducation de la population pour qu’il y ait une conscience politique sur les enjeux du moment (bien être des populations à l’intérieur du territoire, l’intégration régionale et sous-régionale, la mondialisation c’est-à-dire quelle est la place du Gabon en Afrique et  dans le monde ?).  La société civile gabonaise est constituée des associations et des organisations non-gouvernementales (ONG). Citons parmi l’Observatoire National de la Démocratie, l’ONG les  Guardian Angels for Transparency, la Diaspora Gabonaise d’Europe, d’Amérique, d’Afrique et d’Asie. Tout n’est que stratégie ! Il ne reste plus qu’a travailler. Le réalisme cri et austère ne fait pas élire un Chef d’Etat en Afrique. Nous devons être pour la raison et non pour la passion des règlements de comptes et la terreur comme le pratique actuellement le pouvoir dit « émergent » du pays. L’opposition gabonaise a besoin de se restructurer avec des leaders jeunes, sérieux, très déterminés, prêts par rapport aux élections et à la prise véritable  de pouvoir. Le peuple gabonais doit imposer un esprit sérieux d’alliance politique non « alimentaire » et tribaliste. L’opposition gabonaise actuelle manque de tactique, de lucidité et d’espérance.   Peut-on construire l’avenir d’un pays avec des stratégies politiques égoïstes et d’opposants loosers de la trempe d’André Mba-Obame? La seule voie qui va connecter le Gabon dans le processus de développement passe par la mise en place des institutions fortes et par le respect total et strict de ces dernières..

Cinquante ans d’Indépendance après, le Gabon peut encore s’organiser et entrer pendant les prochains 50 ans dans la mondialisation sans infraction. Le pays doit maintenant arriver à s’approprier son destin politique, sa modernité en construisant un Etat-nation. Pour y aboutir, le peuple gabonais doit maintenant organiser une Résistance, une lutte non armée contre la monarchie absolue constitutionnelle qui s’enracine doucement dans le pays depuis 1968, cette classe politique française « corrompue à 64% » (cf. Sondage ViaVoice pour le journal Libération du 5 juillet 2010), ces affairistes français « durs, aventuriers qui n’aiment guère les entraves », pensent à faire juste de l’argent et s’opposent à une indépendance politique, économique du pays.

Le Gabon a besoin de véritables changements générationnels, de finir avec l’hypercentralisation présidentielle, la dictature du PDG et ses opposants rouges, idéologues, agitateurs d’idées, de tourner la page avec la Françafrique. Nous devons dire sans passion à toute la classe politique française qu’elle arrête maintenant de nous imposer des dirigeants corrompus. Nous devons comprendre que nous ne sommes plus ce peuple que certains Européens qualifient encore d’enfantin et de sauvage,  « peuple agité et sauvage, à peine dompté, impatient, mi-démon, mi-enfant, bête, plein de sang et bien racée, apparenté aux félins, allure vive, élégante, un peu dansante, très léger, donnant l’impression de l’envol, primitif, de cerveau de petite taille ».

Le Gabon ne doit plus être considéré comme un territoire de prédation de matières premières pour la France. Pour arriver à un haut niveau de développement technique, scientifique, bref dans la voie du progrès, le peuple gabonais doit démocratiquement, se débarrasser de candidat préféré de l’Elysée et d’un président de la République vivant dans la conception d’assimilation. Cette volonté d’assimilation est un véritable frein pour le Gabon car elle correspond à une détermination d’affirmer la supériorité de la France et de nier la personnalité du peuple gabonais. Depuis 1960, l’arrivée au pouvoir des « bras droits de la France » n’améliore pas la situation politique, économique et morale du Gabon. Nous demandons à la France politique le respect nécessaire de la personnalité du peuple gabonais c’est-à-dire le respect de nos traditions et la volonté d’établissement des relations égales entre la France et le Gabon dans les domaines politique, économique et culturel. Le président de la République doit être élu par le peuple gabonais et il ne doit plus considérer son homologue français comme un demi-dieu. Autrement dit, l’Etat français doit arrêter de soutenir les rapports complaisants avec les pires dirigeants infréquentables du Gabon.

Il y a une forte contradiction entre les valeurs prônées par la France politique (civilisation et le progrès) et sa politique affective au Gabon qui relève, de l’oppression faisant que le peuple gabonais soit réduit à un « état de servitude incompatible avec toute dignité humaine ». Nous dénonçons les abus de la France politique au Gabon: une armée française protectrice surtout des partisans qui bafouent les règles de la démocratie et des droits de l’homme, la spoliation des richesses naturelles. Nous sommes dans le cas de figure d’un procédé de contestation résolument pacifique contre la Françafrique qui encourage l’enracinement d’une monarchie absolue au Gabon, avec une première campagne  de conscientisation des cadres du PDG-Alliés et, dans une deuxième campagne s’il n’y a pas de prise de conscience de ces derniers, une défiance totale du politique. Ainsi, la marche vers une Indépendance non « verrouillée » ou d’ingérence passe par la défense des libertés du peuple gabonais et des générations futures. Le Gabon a besoin également des politiques prioritaires comme perspective. Il s’agit essentiellement de mieux éduquer, produire et distribuer. Seul le peuple gabonais doit rétablir l’ordre politique en disant « stop » à la spéculation politique, et l’organisation récurrente des élections politiques truquées.

Sur le plan éducatif, maintenant, disons que le bilan est négatif. Cinquante ans d’Indépendance après, le Gabon a une politique éducative psychanalysée dans ses angoisses. L’actuel politique  éducatif « d’émergence »  est une pure utopie abyssale. Il s’agit là encore d’un projet éducatif qui milite et pérennise une politique d’incapacités de laisser aux jeunes gabonais d’assurer leur avenir. Les différents projets gouvernementaux n’ont jamais donné la capacité aux jeunes de réussir leur avenir. En effet, au Gabon, la jeunesse n’est pas le levier sur lequel l’Etat  organise ses projets. Pour 2010, le budget de l’éducation nationale s’élève seulement à 60,85 milliards d’euros, 16000 postes d’enseignants sont supprimés. L’éducation nationale et la recherche scientifique traversent depuis le 17 août 1960, une crise profonde.  Les autorités gabonaises ne veulent pas valoriser par exemple les enseignants universitaires qu’ils soient au Gabon ou à l’extérieur, en France notamment, les enseignants gabonais souffrent d’un manque de reconnaissance: ils bénéficient des statuts d’élève/étudiant alors qu’ils sont dans les laboratoires de recherche. C’est une véritable dérive dans le milieu éducatif. Les  conditions de travail dénaturent leur métier. Où sont passés les conventions universitaires? L’école ne fait plus sens et ne rechigne pas au respect des règles. Dans les écoles primaires la réussite n’est pas au centre des esprits: le quotidien des classes se détériore avec des effectifs qui avoisinent parfois 100 élèves par classe voire plus. De nombreux jeunes sortants des universités et des grandes écoles gabonaises et étrangères choisissent de nos jours le métier d’éducateur ou tout simplement d’enseignant comme une zone sécuritaire avec une immoralité « émergente » accrue qui consacre une politique éducative du canapé.

Lycées, collèges, universités et grandes écoles du Gabon « émergent » sont devenus des tribunes où se tiennent au mépris de la loi les exhibitions physiques, le chantage et le harcèlement sexuel. Ces aspects ont été formalisés comme étant les premiers niveaux d’une évolution scolaire où la réussite aux examens est soumise aux fourches caudines d’un système éducatif « d’émergence » gagné par une asthénie générale. Certains enseignants gabonais et surtout ressortissants enseignants l’Afrique de l’Ouest exerçant dans les lycées et collèges participent à la dégradation des mœurs. En effet, ces derniers n’hésitent pas à avoir des relations suivies  avec leurs propres élèves le plus souvent mineures aux yeux et au vue des autorités étatiques. Ces jeunes filles sont livrées à des « criminels sexuels » qui polluent à 85%% le système éducatif du Gabon. Là encore, la République de l’impunité ne sanctionne pas toutes ces pratiques sexuelles qui gangrènent le système éducatif du pays.  Pour arrêter ces pratiques d’un autre âge, nous exigeons l’application stricte de la loi sur la délinquance sexuelle du code civile. Ces pratiques sont apparues avec les recrutements massifs d’enseignants ouest-africains aux références et aux aptitudes pédagogiques incertaines et sur lesquelles le gouvernement émergent ferme les yeux.

L’émulation scolaire et universitaire reste figée sur des analyses mesquines. Les différents projets s’orientent sur des dispositifs bricolés, la multiplication des réunions ministérielles, des Etats généraux aux discours redondants à l’instar d’un « système éducatif gabonais […] de vision d’émergence […] le Gabon des services ». L’émergence éducative et professionnelle  est une pure utopie politique. Les pratiques pédagogiques ne tiennent aucunement à l’avenir des jeunes gabonais. Exemple, les programmes d’histoire et de géographie ne sont pas en phase avec les réalités locales.  Les élèves de terminales devraient réagir aux réalités actuelles: mondialisation et interdépendance, des mondes en quête de développement, les dynamiques territoriales. La transmission des connaissances devraient être validées sur des compétences telles que la culture humaniste, les sciences sociales et civiques, l’autonomie et l’initiative. Le jeune gabonais doit arrêter de vivre dans une dyslexie politique et maçonnique. Refusons l’absolutisme, le paternalisme aveugle ! Refusons toutes ces loges maçonniques équatoriales qui ont pris le dessus sur toutes nos valeurs traditionnelles ! Combattons la devise devenue courante au sein de cette jeunesse « vaut mieux mourir à l’âge de 50 ans riche que mourir à 90 ans et pauvre » !

La jeunesse gabonaise face à son devenir, ne doit plus rester permissive sur tous les fronts. Son immaturité ne doit plus s’observer essentiellement au premier poste de la question citoyenne. Elle ne doit plus être happée par le pouvoir ; en persistant, elle sera prise par le pouvoir. N’en déplaise à ceux qui nous contrediront, ils doivent savoir comme l’a dit Pierre Birnbaum : « Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde et les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques ».

Le Gabon a besoin d’une politique éducative plus juste, valorisante. En effet, la politique éducative actuelle n’assigne aucun jeune gabonais à un destin serein. Les concours de recrutement sont de véritables tricheries intellectuelles et scientifiques. Ce ne sont pas des meilleurs jeunes diplômés qui y accèdent.  Le Gabon n’arrive pas à concilier la formation et la qualité qui visent à faire de tous les jeunes gabonais des individus libres et éclairés et les préparer à poursuivre des études débouchant sur une réelle qualification. En 2010, les collèges gabonais ne scolarisent pas la quasi-totalité des jeunes âgés de 16 ans. Selon nos études, 20,56% des jeunes de moins de 17 ans ne sont pas scolarisés au Gabon. Le nombre  des élèves sortants sans qualification ne cesse d’augmenter. Le système scolaire évolue en dents de scie depuis le 17 août 1960. Plus de 25% des élèves en fin de la classe de troisième sont en grande difficulté. La profession assure qu’une infime réussite scolaire. Des difficultés scolaires ne cessent de pérenniser dans les collèges et lycées: plus de 10 % des élèves entrent en 6e à l’âge de 14 ans, plus de 25% avec de faibles compétences notamment en lecture. Le ministère de l’éducation nationale ne s’interroge pas suffisamment sur ce qui génère l’échec scolaire et n’agit pas pour mettre en place des leviers pour les prévenir.

Ainsi, l’éducation est dynamisée et inégale dans la société. Il n’existe aucune égalité des chances et aucun plan d’espoir éducatif pour tous les élèves gabonais. C’est la médiocrité qui prime au détriment des intelligences. Une minorité d’élèves bénéficie d’une éducation d’espoir et la majorité fait les frais d’une politique éducation au rabais.  Les conditions d’études ne cessent de dégrader. De nombreux collégiens, lycéens et étudiants n’ont pas le même rapport au savoir. Beaucoup d’entre-eux sont très éloignés de la culture scolaire et universitaire. Ils se méprennent sur le sens de l’école, du collège, du lycée et de l’université, sur les attentes de leurs enseignants. Ils manquent même de concentration sur des micro-tâches qui peuvent leur permettre de s’approprier les savoirs visés.

Le gouvernement de « l’émergence » devrait privilégier une politique sérieuse de programme personnalité de réussite éducative (c’est-à-dire l’aide égalitaire suivie et régulière en lien avec la classe des élèves en difficultés), une stratégie gouvernementale d’accompagnement éducatif efficace (bien entendu sans renforcement d’inégalités, sans suppression de postes enseignants) pour tous les élèves en difficultés offrant un lieu d’accueil après la classe avec une aide par exemple aux devoirs, aux leçons, à la lecture, aux recherches documentaires, à la pratique des langues vivantes, des activités culturelles, artistiques et sportives. Nous pensons que l’échec scolaire et universitaire au Gabon, se nourrit de ces malentendus cognitifs qu’entretiennent les implicites éducatifs qui ne sont pas levés, faute d’une sérieuse politique d’éducation. 

Les enseignants gabonais devraient disposer de marge d’autonomie pour inventer des dispositifs variés d’aide aux élèves. L’Etat doit faire un effort considérable de valorisation de leurs salaires très faibles jusqu’à ce jour: environ 350,76 euros par mois pour un enseignant du collège et lycée,  646,15 euros par mois pour un enseignant assistant dans une université gabonaise.

In fine, cinquante Ans après son Indépendance, le Gabon n’est pas parvenu à entretenir des rapports de coopération d’égal à égal avec l’ancienne puissance coloniale, la France à cause des relations qui sont tissées entre les « bras droit de la France » et la Françafrique et non entre Etats. Sur le plan économique et culturel, l’emprise coloniale reste intacte depuis 1886.

Malgré quelques effets d’annonces des pouvoirs publics, le pays n’arrive pas à amorcer  un début de développement probant car bridé par des industriels stratégiques et des valets politiques gabonais de la Françafrique.

Pour gouverner, développer avec sérénité le pays, nous devons colmater les brèches, sortir des considérations ethniques et régionales, se débarrasser de cette élite politique corrompue à 91% qui ne cesse de mettre la main dans les poches de l’Etat et distraire le peuple gabonais avec une opposition trompe-œil. Le Gabon  a besoin d’une véritable politique de planification, de réalisations concrètes en matière d’équipements, d’une administration moderne et professionnelle. Nous devons combattre la conviction établie au Gabon c’est-à-dire le président de la République et son gouvernement peuvent tout faire. La dictature perd la capacité de l’Etat à assurer la sécurité, l’avenir des populations et a toujours une fin dramatique. Il est temps que la démocratie devienne le pouvoir du peuple gabonais et non le pouvoir d’une bande de dirigeants staliniens corrompus et d’opposants sybarites. L’organisation des élections truquées entraîne le Gabon sur le mauvais chemin. L’éducation doit être au centre des priorités du pays.


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  1. Il viendra un jour où le Gabon sera indépendant , mais pas encore ce siècle et pas pendant la période que les Bongos le gérent . Et il en est de même pour tout le reste de l`Afrique noir , car les africains ne sont pas encore capable de se gérer eux-mêmes !!!!!!!! … Triste constat , n`est-ce-pas ??? …
    COURAGE ET PATIENCE A NOUS AFRICAINS !!!!!

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